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Le théâtre c'est la vie autrement : "Les fausses confidences" dix ans après

Je termine avec cet article mon hommage à Marivaux entamé dans mon précédent article à l' occasion de la vision sur Arte du film réalisé par Luc Bondy dans les décors pour l' essentiel du théâtre de l' odéon

http://www.autruchement-dit.com/2017/03/hommage-a-luc-bondy-isabelle-huppert-et-marivaux.html

avec 

Isabelle Huppert (Araminte)
Louis Garrel (Dorante)
Bernard Verley (Monsieur Rémy)
Bulle Ogier (Madame Argante)
Fred Ulysse (Arlequin)
Yves Jacques (Dubois)
Manon Combes (Marton)
Jean-Pierre Malo (Comte Dorimont)

 

http://www.arte.tv/guide/fr/059595-000-A/les-fausses-confidences

***

Dix ans après
 


 

Une autre fin est possible

Pour Dorante Araminte Marton

Puisque ce monde est un théâtre

Où l'amour doit toujours triompher


 

Dorante a épousé Araminte

Marton n'est pas morte

Retenue par son amour pour Dorante

Et son amitié pour Araminte


 

Elle n'a pas entaillé sa chair

Elle ne s'est pas jetée par la fenêtre

Retenue par son amour pour Dorante

Et une espérance que dix années passées n'ont pas altérée

*

Dorante aime toujours Araminte

Marton n'est pas partie

Il sait maintenant que Marton l'aime

Elle le lui a avoué sous la tonnelle de glycines dans la nuit descendue

*

Marton a balbutié dans un grand flot

De mots trop longtemps tus

Je vous aime vous Dorante

Je n'ai jamais cessé de vous aimer


 

Vous alors

Vous après alors

Vous maintenant

Vous toujours

 

Vous ne me croyez pas

Il répond

Je ne crois pas

Quoi

 

Que Vous existez

Que vous aimez

Que vous m'aimez

Que vous m'avouez que vous m'aimez

 

 

Vous

Vous en moquez

Vous

Vous moquez de moi

 

 

Quoi

Je

Me moque de

Quoi


 

Que vos parents vous aient mise à l'encan

Toute déballée en vrac et toute ré-enfournée en fouillis

Le coeur à la place du coeur

Seul à sa place

 

Le reste tout mélangé tout chamboulé tout meurtri

Le coeur surtout

Même si à sa place

Pour continuer d'aimer dans la douleur d'aimer


 

Vous

Vous ne vous en préoccupez pas

Vous

Vous ne vous préoccupez pas de moi


 

Quoi

Je

Ne me préoccupe pas de

Quoi


 

Que d'autres aient continué

À vous piétiner à vous tordre le coeur

À vous empêcher de vivre

À vous empêcher d'exister


 

Qu'ils vous aient utilisée comme un corps

Pantin sans âme

Que vous soyez restée seule avec votre douleur d'aimer

Seule dans la nuit


 

D'avoir été aveuglé par l'évidence de votre amour

De n'avoir pas fait et de ne pouvoir faire plus pour vous

De m'être réfugié dans trop d'implicite

D'avoir employé avec vous trop de mots tus


 

Je ne suis pas seul

Araminte me serre le coeur

Je m'en préoccupe

Je l'aime encore


 

Si autrement qu'alors

Et vous

Vous êtes toujours

Seule


 

Je n'y peux rien

Je crois que je n'y peux rien

Je ne me moque pas de vous

Je crois que je ne me moque pas de vous


 

Je m'en préoccupe

Je crois que je m'en préoccupe

Araminte me serre le coeur

Je crois que je m'en inquiète même si je vous sais seule


 

Parce que je sens qu'elle s'inquiète

Des années qui défilent et l'éloignent de

Sa jeunesse

De notre jeunesse à vous Marton et à moi


 

Vous ne me croyez pas

Vous vous moquez de moi

Vous vous moquez de tout cet amour

Que je ne peux plus contenir


 

Je vous aime

Vous Dorante

Je n'ai jamais cessé

de vous aimer


 

Vous alors

Vous après alors

Vous maintenant

Vous toujours


 

Je

Vous crois Marton

Je

Ne me moque pas de vous Marton

*

Vous

Ne me croyez pas

Vous

Ne me croyez pas

*

Quoi

Je

Ne crois pas

Quoi


 

Que vous existez

Que vous m'aimez

Que vous êtes l'amie d'Araminte

Que vous ne vous aimez pas


 

Vous

Vous en moquez

Vous

Vous moquez de moi


 

Quoi

Je

Me moque de

quoi


 

Que vos parents vous aient mise à l'encan

Toute déballée en vrac

Toute ré-enfournée

En fouillis


 

Le coeur

à la place du coeur

seul

à sa place


 

Le reste tout mélangé

tout chamboulé tout meurtri

le coeur surtout

Même si à sa place


 

Vous

Vous en moquez

Vous

Vous moquez de moi


 

Quoi

Je

Me moque de

Quoi


 

Que d'autres aient continué

À vous piétiner à vous tordre le coeur

À vous empêcher de vivre

À vous empêcher d'exister


 

Qu'ils vous aient utilisée

Comme un corps

Poupée

Sans âme


 

Que par désespoir

Vous avez livré

Ce corps vide à tous ces autres

Sans vraiment espérer qu'ils fassent autre chose que de le creuser encore plus


 

C'est pour vous que j'ai livré ce corps

Aux autres

Pour vous provoquer

Pour que vous me regardiez


 

Mais vous êtes resté

Indifférent

Comme si vous ne me voyiez pas

Comme si j'étais transparente


 

Pourquoi

Pourquoi transparente

Je vous voyez

Je désespérais de vous voir vous détruire


 

De ne pouvoir faire plus pour vous

De me réfugier dans trop d'implicite

D'employer avec vous

Trop de mots tus


 

Marton vous me serriez vous me serrez le coeur

Je ne m'en moque pas

Mais

Je ne suis pas seul il y a Araminte


 

Je n'y peux rien

Je crois que je n'y peux rien

Je ne me moque pas de vous

Je crois que je ne me moque pas de vous


 

Je ne m'en moque pas

Je crois que je ne m'en moque pas

Marton vous me serriez le coeur vous me serrez le coeur

Je crois que je ne m'en moque pas


 

Vous

Vous ne me croyez pas

Vous vous moquez de moi

Vous vous en moquez


 

Je vous aime

Vous

Dorante

Je n'ai jamais cessé de vous aimer


 

Vous alors

Vous après alors

Vous maintenant

Vous toujours


 

Je ne crois pas

Quoi

Je me moque de

Quoi


 

Vous jouez avec moi

Vous êtes cruel avec moi

Vous me faites du mal

Vous aviez promis que vous ne me feriez jamais du mal


 

Je ne joue pas avec vous

Je ne suis pas cruel avec vous

Je crois que je vous fais du mal

Mais je ne sais quoi faire d'autre que de me taire


 

Je ne suis pas seul

Je ne suis pas le seul homme

Une autre vie est possible

Vous devez y croire


 

Vous devez vous détournez de moi

Je ne suis pas seul

D'autres hommes le marquis de Labre

Non


 

J'ai essayé

J'ai essayé

Il n'y a que

Vous


 

Vous maintenant

Vous alors

Vous

Toujours


 

Il n'y a pas d'autre vie

Possible

Sans

Vous


 

Je crois que je vous fais du mal

Quoi faire d'autre

Vous entretenir dans vos rêves

Pour que la réalité


 

Vous tombe dessus

De tout son poids

Et vous écrase

Toute


 

Faire d'autre

Quoi

Je n'ai trouvé que çà  Marton

Il faut que vous partiez


 

Quoi

Ne plus vous voir

Ne vous entendre

Autant mourir


 

Marton

Je n'ai trouvé que cette solution

Que vous vous éloigniez

Le marquis de Labre


 

Jamais

Je hais ce marquis de Labre

Je le hais comme l'enfer

Je le hais comme l'enfer


 

Pourtant il manifeste pour vous

Plus que de l'intérêt

Demandez à Dubois

À Arlequin


 

Que valent leurs dires

Leurs ruses

Leurs prétendues vérités

Toutes leurs vraies fausses confidences


 

À coté de mon amour pour vous

Que vous dédaignez

Que vous traitez

Comme un poids


 

Allez monsieur je sais ce qu'il me reste à faire

Vous me l'avez dit partir

Mais cette fois-ci

À jamais


 

Dans la nuit noire

Près de l'étang noir

Derrière les saules noirs

Sous l'eau noire Marton a cessé de pleurer


 


 

Le théâtre c'est la vie autrement : "Les fausses confidences" dix ans après
Tag(s) : #Poésie, #Théâtre

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