Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Elbiar

Avenue Malausséna à l' angle de la rue Clément Roassal paume ouverte  vers le vide de l'indifférence du monde

 

 

 

Avenue Malausséna

Dans la matinée qui s’envole

Je marche dans mes pensées

 

            A l’ angle de l' avenue Malausséna

            Et de la rue Clément Roassal

 

Au coin

Une femme à peine avancée sur le trottoir

Grande

Silhouette élégante

Dans la lumière de ce soleil

Qui efface la profondeur du monde

Grande

Une femme

A peine avancée

Cheveux gris

Courts

En chignon

Je ne sais plus

Elle a commencé à quitter ma mémoire

Silhouette élancée

Au bord de la pente du monde

Qui vacille

Qui me voit venir

Pour passer devant elle

Surtout

Surtout

Sans la voir

 

            Elle esquisse un geste

            Au bord du précipice du monde

 

Ses yeux

Je ne sais plus leur couleur

 

Elle a commencé à quitter ma mémoire

 

         Elle tend sa main

         Paume ouverte vers le

         Son regard immensément triste

 

Dans mon souvenir

 

          Mis entre parenthèses par de petites rides au coin des yeux

           Dont je ne sais plus la couleur

 

Avenue Malausséna

A l’ angle de la rue Clément Roassal qui

 

          Silhouette élégante

          Avec ses longues jambes

           Dans la matinée qui

           Palpite

           Dans cette lumière qui aplatit le monde

 

Visage lointain en deça de sa peau lisse

De sa peau parcourue de veines violines qui courent

Avec cette couleur de brique caractéristique

            De quoi

            De quoi

 

Elégante

Au bord du précipice du monde

Un peu avancée

Sa main à demi tendue

Paume ouverte

Avenue Malausséna

A l’ angle de la rue Clément Roassal qui disparaît derrière elle

Elle qui s’ efface devant les passants

Qui s’ efface de ma mémoire

       

         Je ne me souviens plus exactement

 

         Cheveux courts

         En chignon

 

Au bord de mon regard perdu au milieu de mes pensées

Moi dans une sollicitude à peine esquissée

Qui pose dans sa paume ce qui en tient lieu

Qui reçoit un merci

 

          Elle qui se recule

          Avenue Malausséna

          A l’ angle de la rue Clément Roassal

          Qui disparaît

          Silhouette élancée

          Abandonnée

          Offerte

           Perdue

          Qui palpite à peine

 

Qui s’offre à peine

A la bienveillance des passants

Dans cette matinée qui s’ enroule

Dans le vacarme de l’ indifférence de tous

Qu’elle connait

Qu’elle n'ose pas troubler

Sauf par un pas en avant

 

          Excepté par une paume ouverte

          Au bout d’ un bras à demi tendu

          Qui tremble

 

Les autres jours avenue Malausséna

A l’ angle de la rue Clément Roassal

          

           Qui tremble

           Dans la lumière qui aplatit tout

           Elle n’est plus là

           Elle n’est plus que dans mon souvenir

           Silhouette svelte

           Qui s’ efface

           La main a demi tendue

           Qui tremble

 

La paume ouverte vers le vide

De l’ indifférence du monde

 

 

 

 

Avenue Malausséna à l' angle de la rue Clément Roassal paume ouverte  vers le vide de l'indifférence du monde
Avenue Malausséna à l' angle de la rue Clément Roassal paume ouverte  vers le vide de l'indifférence du monde

Commenter cet article