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Publié par Elbiar

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L' absurdité sanglante de la guerre infinie en Afghanistan ou tout ça pour ça
L' absurdité sanglante de la guerre infinie en Afghanistan ou tout ça pour ça

 

Il s' agit avec l' exemple de l' intervention militaire occidentale en Afghanistan de démontrer l' inanité de la "politique de la canonnière" qui consiste au nom du droit d' ingérence humanitaire à vouloir imposer à des peuples éloignés de notre culture, notre paix, comme le prouvent aussi les exemples d' intervention militaire en Libye, en Irak, en Syrie plongés dans le chaos.
It is with the example of the Western military intervention in Afghanistan to demonstrate the inanity of the "policy of the gunboat" which consists in the name of the right of humanitarian interference to want to impose to people distant from our culture, Our peace, as evidenced by the examples of military intervention in Libya, Iraq and Syria plunged into chaos.

 

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La santé n’ a pas de prix mais elle a un coût.

la paix n’a pas de prix mais elle a un coût, celui qu’il faut pour entretenir une armée suffisamment forte pour dissuader un éventuel pays ennemi de nous attaquer et donc éviter une guerre possible sinon probable.

La guerre chaude, une fois déclarée, même juste pour autant qu’une guerre puisse être juste, par exemple, dans le cas où elle est défensive et a pour but de préserver notre liberté et nos droits, est un effrayant gaspillage, même si elle aboutit à la paix et au maintien de la démocratie et donc de nos droits et que l’on peut proclamer alors que le jeu en valait la chandelle.

Remarquez que nous ne savons pas ce qu’en pensent tous ceux qui sont tombés comme l’ on dit «au champs d’ honneur» dans cette guerre « juste ». S’ils pouvaient donner leur avis, sans doute nous affirmeraient-ils que ce fameux champ d’honneur , n’était qu’un champ d’horreur.

Ecoutez le discours d’ Hector dans la pièce de Jean Giraudoux " La guerre de Troie n' aura pas lieu" dans la scène V de l’ acte II :

« Ô vous qui ne nous entendez pas, qui ne nous voyez pas, écoutez ces paroles, voyez ce cortège. Nous sommes les vainqueurs. Cela vous est bien égal, n’est-ce pas ? Vous aussi vous l’êtes. Mais, nous, nous sommes les vainqueurs vivants. C’est ici que commence la différence. C’est ici que j’ai honte. Je ne sais si dans la foule des morts on distingue les morts vainqueurs par une cocarde. Les vivants, vainqueurs ou non, ont la vraie cocarde, la double cocarde. Ce sont leurs yeux. Nous, nous avons deux yeux, mes pauvres amis. Nous voyons le soleil. Nous faisons tout ce qui se fait dans le soleil. Nous mangeons. Nous buvons... Et dans le clair de lune !... Nous couchons avec nos femmes... Avec les vôtres aussi... ...

Ô vous qui ne sentez pas, qui ne touchez pas, respirez cet encens, touchez ces offrandes. Puisqu’enfin c’est un général sincère qui vous parle, apprenez que je n’ai pas une tendresse égale, un respect égal pour vous tous. Tout morts que vous êtes, il y a chez vous la même proportion de braves et de peureux que chez nous qui avons survécu et vous ne me ferez pas confondre, à la faveur d’une cérémonie, les morts que j’admire avec les morts que je n’admire pas. Mais ce que j’ai à vous dire aujourd’hui, c’est que la guerre me semble la recette la plus sordide et la plus hypocrite pour égaliser les humains et que je n’admets pas plus la mort comme châtiment ou comme expiation au lâche que comme récompense aux vivants. Aussi qui que vous soyez, vous absents, vous inexistants, vous oubliés, vous sans occupation, sans repos, sans être, je comprends en effet qu’il faille en fermant ces portes excuser près de vous ces déserteurs que sont les survivants, et ressentir comme un privilège et un vol ces deux biens qui s’appellent, de deux noms dont j’espère que la résonance ne vous atteint jamais, la chaleur et le ciel. »

 

https://beq.ebooksgratuits.com/classiques/Giraudoux_La_guerre_de_Troie_naura_pas_lieu.pdf

 

Si comme c’est la cas aujourd’hui en Afghanistan, cette guerre semble devenir une nouvelle guerre de cent ans pour ne pas dire une guerre sans fin, ce gaspillage n’ a plus aucune justification même à nos yeux de « déserteurs » pour vous les morts de cette guerre interminable, puisque nous continuons de voir le soleil, et dans le clair de lune de coucher avec vos femmes.

Malgré 15 années de guerre, la sécurité du pays est toujours plus que précaire. Le grand journal italien «La Republica » a présenté en octobre une double page sur cette guerre sans fin, malgré l’ engagement tour à tour de deux des plus grandes puissances militaires du monde, d’ abord l’URSS dans les années 70/80 et même bien avant, puis les USA après le départ des troupes soviétiques sous Gorbatchev.

Pour son malheur, géographiquement, l’ Afghanistan a été et est au centre des intérêts géostratégiques de

1) de la Russie et de l' Angleterre au XIXème siècle

2) de la Russie et donc avec la guerre froide des USA au XXème siècle

3) du Pakistan et donc de l’ Iran

4) de l’ Inde et donc de la Chine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour son deuxième malheur l’ Afghanistan est un pays multiethniques. Vous n’ ignorez pas les difficultés qui peuvent en découler du fait d’ une coexistence pacifique difficile entre les ethnies surtout si celles-ci cas des pashtouns et des tadjiks débordent largement sur les pays limitrophes.

 

 

En effet l’ Afghanistan est une véritable mosaïque d’ ethnies. les Pashtouns y représentent 38 % de la population, les Tadjiks (25 %), les Hazaras (19 %), les Ouzbeks (6 %). Sans compter quelques ethnies moins importantes comme les Aïmaks (3,7 %), les Farsiwans (2,8 %), les Turkmènes (1,4 %), les Brahouis (1 %), les Baloutches (0,5 %) et les Nouristanis (0,5 %).

 

 

http://www.autruchement-dit.com/article-impossible-cohabitation-81176219.html

 

 

Pour son troisième malheur l’ Afghanistan est constitué d’ une immense classe rurale, ancrée sur ses racines, ses traditions, la religion musulmane, donc rétive à toute réforme à toute modernisation, à toute « occidentalisation » et de quelques villes qui forment des sortes d’ îles plus tournées vers la modernité. Il y a juxtaposition d’ une immense paysannerie et d’ une petite « bourgeoisie » citadine.

 

longtemps objet de dispute entre Russes et Anglais, le royaume accède à l'indépendance en 1920.

Pour les soviétiques la stabilité du pays est crucial pour leurs frontières d’ Asie centrale, ainsi que le contrôle sur la religion musulmane. Ils y combattaient les rebelles musulmans dans les zones limitrophes de ses républiques d’Asie centrale.

C’est pourquoi elle a soutenu le roi Amanullah Khan, qui avait expulsé les Britanniques en 1919 et qui mena une politique de modernisation d’inspiration kémaliste : Il avait imposé une réforme agraire minimale, donné le droit de vote aux femmes et commencé à éduquer les filles.

Mais sa tentative de modernisation échoua du fait du soulèvement des tribus intégristes. C’est le premier échec d’une tentative de modernisation du pays.

 

A partir du début des années 1950, l’Afghanistan est un des quatre plus gros bénéficiaires de l’aide de l’URSS, qui envoie des ingénieurs et reçoit des milliers d’étudiants, de techniciens et de militaires pour les former afin de moderniser le pays sous le règne du roi Muhammad Zaher Shah qui a remplacé en 1933 Mohammed Nadir Shah qui avait lui-même remplacé Amanullah Khan qui avait abdiqué en 1929.

En 1953 le cousin du roi Mohammed Daoud devient premier ministre et met en place un programme de modernisation avec l’ aide de l’ URSS. Il est obligé de démissionner en 1963 et une monarchie constitutionnelle est instaurée. Le Parti Démocratique du Peuple Afghan est fondé ( PDPA) pro-soviétique.

Comme le montrent les images ci-dessous, dans ces années 50 et 60, l'Afghanistan semble progresser sur la voie kémaliste de la modernisation :

 

L' absurdité sanglante de la guerre infinie en Afghanistan ou tout ça pour ça
L' absurdité sanglante de la guerre infinie en Afghanistan ou tout ça pour ça
L' absurdité sanglante de la guerre infinie en Afghanistan ou tout ça pour ça

 

En 1973 Mohammed Daoud avec l’ appui des soviétiques par un coup d’ état renverse Zaher. La république est proclamée, Daoud élu président.

En 1978 coup d’état du PDPA. Daoud est assassiné. Muhammad Taraki leader de la faction la plus radicale du PDPA ( communiste) devient président de la nouvelle république démocratique d’Afghanistan.

De nouveau mise en place d’ un programme « Kémaliste » de modernisation du pays.

Mais comme dans les années 20 ou les années 50 cette modernisation entreprise par le PDPA souffre de la division de la société afghane entre villes et campagnes : Les jeunes citadins communistes et éduqués qui ne comprennent pas le monde rural souhaitent le remodeler par des réformes économiques et sociales progressistes de type soviétique, tandis que les mollahs, les maliks (chefs de village) et les grands propriétaire s’opposent à cette volonté qui menace leurs privilèges comme la paysannerie ancrée dans ses traditions et la religion musulmane.

D’où une instabilité politique qui se traduit en 1979 par un nouveau coup d’ état et l’ assassinat de Muhammad Taraki, remplacé par Hafizullah Amin.

Les troupes soviétiques combattent la rébellion anti-communiste

Au fond, le PDPA affronte le même type de résistance religieuse que ses prédécesseurs royaux ou non. Pour tenter de l’éteindre, les responsables communistes n’hésitent pas à manifester une soudaine piété, en priant et en se rendant à la mosquée, ce qui n’empêche pas en mars 1979, les officiers islamistes de Herat de se rebeller. Un mois plus tôt, le chah avait quitté l’Iran et l’imam Khomeiny faisait son retour à Téhéran.

En janvier 1980 les troupes soviétiques entrent en Afghanistan

Avec l’ appui soviétique Hafizullah Amin est assassiné et remplacé par Babrak Karmal.

Malgré l’envoi par les Soviétiques de techniciens et de conseillers civils idéalistes, Karmal ne parvient pas à gagner l’adhésion des paysans musulmans.

Pour aggraver la situation, les Etats-Unis arment les sept partis des moudjahidins, farouchement opposés au PDPA à l’initiative de la CIA. Cette aide militaire est administrée par les services de renseignement pakistanais et financée par le gouvernement saoudien. C’est ce qui explique que les troupes soviétiques s’enlisent dans une guerre qui durera neuf ans.

 

En Afghanistan, Najibullah, qui vient d’être nommé président de la République, s’éloigne de plus en plus du marxisme-léninisme au profit d’un nationalisme pragmatique. En 1988, il rebaptise le PDPA du nom de Watan (« Patrie »). A la fin de son mandat, il envisage même de confier le poste de ministre de la défense au commandant Massoud.

 

Ces inflexions, sensibles depuis le départ de Karmal et l’ascension de Najibullah, participent d’une politique officielle appelée « réconciliation nationale ». Dans son ouvrage A Long Goodbye, l’historien Artemy Kalinovsky offre un bon aperçu de ses aspects diplomatiques. « De 1985 à 1987, écrit-il, la politique afghane de Moscou était guidée par la volonté de mettre un terme à la guerre sans essuyer de défaite. Gorbatchev s’inquiétait presque autant que ses prédécesseurs des dégâts qu’un retrait hâtif pourrait causer au prestige soviétique, particulièrement auprès de ses partenaires du tiers-monde. Pourtant, il s’était également engagé à terminer la guerre, et son Politburo le soutenait dans ce sens. Cela impliquait de chercher de nouvelles approches pour mettre en place à Kaboul un régime viable, qui puisse perdurer après le départ des troupes soviétiques.»

Pour réussir, la politique de « réconciliation nationale » nécessitait la coopération des Etats-Unis, qui soutenaient les moudjahidins et de l’ URSS de Gorbatchev. Malheureusement pour l’Afghanistan et pour les Soviétiques, l’administration Reagan était alors divisée entre deux politiques, l’une défendue par le secrétaire d’Etat George Shultz, favorable à un compromis avec l’URSS : l’Armée rouge se retirant d’Afghanistan, les Etats-Unis devaient cesser d’aider les moudjahidins,

l’autre défendue par la CIA et le Congrès américain, exigeait l’arrêt pur et simple de tout soutien soviétique au gouvernement de Najibullah avant la fin de tout soutien aux intégristes musulmans qui l’emporta avec comme conséquence en 1992 la démission de Mohammad Najibullah et la du régime communiste et le début de la guerre civile entre factions moudjahidines divisées selon des critères ethniques, religieux et régionaux.

C’est cette politique dure qui prévalut et qui explique qu’ aujourd’hui comme hier, la guerre oppose non seulement les envahisseurs et les Afghans, mais aussi les Afghans eux-mêmes : les populations des villes, favorables à la modernisation et celles des campagnes, opposées au changement.

 

 

Si cette guerre s’éternise c’est que chaque camp peut compter sur des alliés étrangers.

Durant la guerre froide, les Soviétiques soutenaient Kaboul, tandis que les Etats-Unis et le Pakistan appuyaient les rebelles. Aujourd’hui, après leur intervention armée pour réduire l’ influence des intégristes qu’ils ont favorisé pendant la guerre froide, les Etats-Unis tentent de défendre les modernisateurs de Kaboul (dont la plupart sont ceux-là mêmes qui travaillaient pour Najibullah), tandis que le Pakistan, allié théorique de l’Amérique, continue de soutenir les rebelles religieux et traditionalistes.

En 1995, les Talibans, "étudiants en religion" provenant des régions pashtounes du sud contrôlent un tiers du pays et progressent vers Kaboul, soutenus par le Pakistan. En septembre 1996 ils s'emparent de Kaboul et imposent une version rigoriste de la Charia. Ils retirent aux filles le droit à l’école. En 1997,Les chers alliés des USA, le Pakistan, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis reconnaissent le gouvernement des Talibans.
les forces de Ahmed Shah Massoud, chef rebelle tadjik, qui s’opposent aux pashtouns prennent le contrôle de zones au nord de Kaboul ce qui n’ empêchent pas les talibans de contrôler 80% du territoire afghan.

En 2001, le mollah Mohammad Omar, chef des talibans ordonne la destruction de toutes les statues pré-islamiques, dont un Bouddha debout, le plus grand du monde, à Bamiyan.
En septembre de la même année,
Ahmed Shah Massoud est victime d'un attentat suicide perpétré par des membres d'Al Qaida  

En décembre, les factions afghanes concluent à Bonn un accord sur la création d'un gouvernement intérimaire dirigé par le leader pachtoune Hamid Karzaï.
Toujours en décembre un accord est conclu à Kaboul sur le déploiement d'une force internationale (Force internationale d'assistance pour la sécurité en Afghanistan (ISAF) qui comptera 4500 hommes de 17 pays, sous commandement britannique. 

En 2004 Hamid Karzaï est élu président et nomme un gouvernement dont la plupart des chefs de guerre sont exclus au profit de ses proches appartenant à la tendance réformiste.

La suite n’est qu’une litanie d’attentats sanglants des talibans malgré le renforcement des troupes américaines à la poursuite de Ben laden, jusqu’ à la décision prise en 2012 de retrait des forces occidentales et des forces françaises qui achèvent leur départ en décembre 2012.

 

Il existe une classe de citadins afghans pour laquelle la question politique centrale a toujours été  celle de la modernisation de l’ Aghanistan. C’ est pourquoi, elle cherche à étendre la mainmise de Kaboul sur les campagnes, et qu’ elle a été sans cesse depuis les années 1920, systématiquement confrontée à une opposition violente fondée sur l’ Islam. Cette classe a soutenu d’abord la monarchie constitutionnelle, comme en France en 1789 la bourgeoisie française, puis la république présidentielle, le socialisme à la soviétique, enfin le nationalisme de Najibullah.

De nos jours cette classe expérimente la démocratie libérale voulue par les américains et l’OTAN. Sans surprise, les anciens communistes sont toujours modernisateurs, et on les retrouve aux postes les plus élevés de ce qui porte le nom de gouvernement afghan. Et sans surprise les talibans soutenus par le Pakistan cherchent par la violence à reprendre le pouvoir a Kaboul.

Les plus grands perdants de cette lutte sont les enfants et les femmes dont le statut a terriblement régressé notamment à cause de la cynique intervention des USA qui ont préféré s’ allier avec le diable tandis que l’ URSS puis la Russie ont toujours soutenus les partisans d’ une modernisation de l’ Afghanistan.

 

Une fois de plus le cynisme de la politique étrangère américaine pour laquelle la fin justifie les moyens est confirmé comme pendant toute la période où cette démocratie de plus en plus imparfaite parce que le fric prend une place prépondérante dans les élections, - pour lutter contre l’ URSS n’ hésitait pas à s’allier avec les pires dictatures pourvu qu’ elles se proclamassent anti-communistes

 

Une fois de plus est révélée l’ absurdité de cette politique de la canonnière qui consiste à vouloir régler les problèmes insolubles à court terme de pays à la culture éloignée de la notre, tandis qu’ en France par exemple certains de nos quartiers sont devenus des enclaves au choix : salafistes, wahhabites, saoudiennes, en tous cas anti-françaises qui rejettent notre culture, notre civilisation donc des terrains favorables ô combien au terrorisme islamique.

 

 

http://www.autruchement-dit.com/2016/02/il-y-a-deja-en-france-de-veritables-mini-etats-islamiques-ou-regnent-la-sharia.html

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2012/08/PARENTI/48065

L' absurdité sanglante de la guerre infinie en Afghanistan ou tout ça pour ça

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