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En plus du choix du chômage de masse, le choix de la pauvreté au pays enchanté du tout ça pour ça

 

 

L' Institut européen Eurostat vient de donner son classement de la richesse par habitant en Europe, Voir le tableau ci-dessous :

La première donnée concerne AIC (Actual Individual Consumption) (Consommation individuelle réelle). Elle évalue le pouvoir d’achat moyen dans chaque pays européen.
 

La deuxième donnée évalue la GDB (Gross domestic product) ( Production intérieure brute) per capita in PPS (purchasing power standard) en parité de pouvoir d' achat
 

 

En plus du choix du chômage de masse, le choix de la pauvreté au pays enchanté du tout ça pour ça

En ce qui concerne la première donnée, pour une moyenne européenne de 100, la France se situe 11% au-dessus (111) mais seulement 5% au-dessus de la moyenne de l’UE qui est de 105, soit la huitième performance, à 13 points de l’Allemagne.

En 2014, la situation ne sait pas améliorée puisque nous sommes descendus à 105 pour le pouvoir d' achat

Chiffre qui souligne la relative faiblesse du pouvoir d' achat en France par rapport à l' Allemagne,

ce qui n' a rien d' étonnant dans un pays où la semaine de travail a été ramenée à 35 heures.

Malgré tout notre « génie »et notre « bon sens », travailler moins ne peut que se traduire par une moindre production de richesses à répartir.

Mais les 35 heures sont devenues une vache sacrée. Malheur au gouvernement qui s' aviserait d'y toucher. Les Français ne veulent pas le savoir mais ils ont choisi d' avoir un pouvoir d' achat moindre. C'est leur choix. Ils ne doivent pas s' étonner si leur pays « s'appauvrit » relativement à d' autres et notamment à l' Allemagne.

La deuxième donnée, le PIB par habitant, confirme ce choix des français fait en faveur du chômage de masse et d' un pouvoir d' achat en baisse à cause d' une création de richesses moindre :

La France est classée 11e en Europe, avec un score de 106 pour une moyenne dans l’Union Européenne de 106, soit 19 points de moins que l' Allemagne qui est à 125. Et ce toujours pour la même raison : Croire que l' on peut créer plus de richesses en travaillant moins. Notre situation se dégrade puisque :

En 2003 notre PIB était de 111, il est descendu à 106, celui de l' Allemagne était de 116, seulement 5 points au-dessus de la France, il est monté à 125, lois Harz oblige ( assouplissement du marché du travail allemand avec les lois Harz avec Schröeder).

Une réforme (douloureuse pour qui ? Pas pour les millions de chômeurs) du marché du travail s'impose donc, comme le préconisait la loi El Khomri I avec la priorité donnée aux accords d' entreprise sur les accords de branche, en faisant sauter le verrou des 35 heures et du temps de travail minimum.

La loi el Khomri III, moins satisfaisante mais qui a le mérite d' avoir été négociée avec les syndicats réformistes, démocratie sociale oblige et démocratie tout court, reste un petit pas dans la bonne direction.

Nous connaissons le tohu-bohu qu' elle a créé avec l' opposition de la nomenklatura de la CGT et de FO qui plus que défendre les droits des salariés, ce qui se comprendrait si la France était en plein emploi, défend leur intérêt de nomenklatura comme du temps de la belle URSS, appliquant la loi de Rogers, plus on s' élève dans la hiérarchie d' une technocrature, moins ses représentants sont soucieux du bien commun de leur mandants, ce que confirme le fait que dans les entreprises, les représentants de la CGT signent des accords qui sont rejetés au niveau des branches et à fortiori au niveau confédéral.

Bien entendu les préconisations de notre prix Nobel d' économie Jean Tirole sont jugées à l' aune de la détestation du libéralisme, grande idée du parc d' abstractions de la gauche, alors que nous avons

un marché du travail caractérisé

1) par un chômage élevé et de longue durée qui concerne en priorité les 15-24 ans et les 55-64 ans ainsi que les peu qualifiés,

2) par une division entre outsiders, salariés livrés à tous les vents de la mondialisation et les insiders, salariés protégés de ces vents difficiles qui forment les gros bataillons de la CGT et de FO

3) une souffrance au travail plus grande que dans les autres pays

4) une politique de l’emploi et de formation coûteuse pour des résultats insuffisants.


 

L’idée, souvent entendue parmi les économistes atterrés et les opposants à la loi El Khomri, que notre problème de chômage de masse serait avant tout lié à ce fameux carnet de commandes des entreprises qui ne se remplit pas par manque de pouvoir d' achat des consommateurs dû à une politique erronée de compression sur les salaires est à vouer aux gémonies pour 3 raisons :

1) Parce que la situation budgétaire de la France correspond déjà à une relance keynésienne, puisque notre déficit budgétaire est au-delà des 3 %

2) parce la situation macroéconomique n' a jamais été aussi favorable à l' activité économique caractérisée qu'elle est par un euro faible, des taux d' intérêt réduits dus à la politique d'assouplissement quantitatif de la banque européenne, un prix du baril de pétrole bas ( ce qui donne de ce fameux pouvoir d' achat en plus aux Français qui en manqueraient)

3) parce que notre balance commerciale est très déficitaire et que donner du pouvoir d' achat en plus aux Français ne conduirait qu' à permettre aux entreprises étrangères de prospérer encore plus au détriment de nos entreprises vu le différentiel de charges et à notre déficit commercial de se creuser encore plus.

C'est pourquoi devant cette situation peu satisfaisante, Jean Tirole préconise :

1) un système de protection du salarié et non de l’emploi 

2) de permettre à l’entreprise de retrouver de la liberté dans ses embauches et ses licenciements,

3) d'assurer au travailleur un haut niveau de protection contre les aléas du chômage, ce qui passe par l’instauration d’un contrat unique avec droits progressifs et la fin de la distinction entre CDD et CDI.

4) La responsabilisation de l’entreprise dans sa gestion des ressources humaines par la mise en place d’un système de bonus-malus sur les licenciements, les entreprises ayant le plus recours aux licenciements supportant une plus grosse part du financement de l’assurance chômage.

A ces conditions, le chômage pourrait reculer et la souffrance des chômeurs de longue durée qui retrouveraient un emploi ou celles des jeunes qui pourraient plus facilement rentrer sur ce marché du travail, diminuer, comme celle des salariés au travail qui grâce à cette flexibilité, mécontents de leur emploi et qui sont aujourd’hui prisonniers de leur CDI par peur de ne pas en retrouver un en cas de départ, seraient incités à ne plus rester dans cet emploi qui ne les satisfait plus.

De plus, cette plus grande flexibilité permettrait un gain de productivité parce qu'elle aboutirait à une meilleure adéquation entre les salariés et les emplois.

Bien entendu cette réforme devrait s' accompagner :

1) de celle de la formation professionnelle aujourd'hui coûteuse et peu efficace,

2) de l' apprentissage

3) et du choix d' un SMIC moins proche du salaire médian, c'est-à-dire moins élevé.

4) d'une plus grande ouverture des professions réglementées.

Pour finir avec les grandes idées du par d' abstractions de la gauche bien pensante, Jean Tirole enterre la réduction du temps du travail, puisque le travail n'est pas un gâteau que l' on partage mais un ensemble caractérisé par des flux d' entrées et de sorties de l' emploi :

« Entendons-nous bien : les économistes ne prennent jamais parti sur la question de savoir si l’on devrait travailler 35, 18 ou 45 heures par semaine. Il s’agit là d’un choix de société… et des personnes concernées. Sur ce dernier point, il n’y a aucune raison pour que, laissées libres de déterminer leur temps de travail, des personnes différentes fassent le même choix (…). En revanche la thèse selon laquelle réduire la durée du travail, avancer l’âge de la retraite, bloquer l’immigration (…) créera des emplois pour les autres n’a aucun fondement, ni théorique ni empirique. ».

En plus du choix du chômage de masse, le choix de la pauvreté au pays enchanté du tout ça pour ça
Tag(s) : #Chomage, #Code du travail

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