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Défense de la loi El Khomri : Un peu de dialogue social fiction en ces temps de tout ça pour ça. Le test de la fable du patron, des syndicats, des salariés et du fonds d' investissement.
Défense de la loi El Khomri : Un peu de dialogue social fiction en ces temps de tout ça pour ça. Le test de la fable du patron, des syndicats, des salariés et du fonds d' investissement.

La CGT, syndicat devenu très minoritaire parmi les salariés se donne pour but de paralyser l' activité economique de tout le pays pour des raisons dont on voit que la loi travail n' est qu'un prétexte. Pour le moment elle ne semble pas susciter un rejet massif de son action pro domo, loin des intérêts réels des salariés du fait :

1) de la détestation du libéralisme économique en France, attisée par des médias peu soucieux de faire comprendre aux citoyens la complexité de l' économie mondialisée, ce qui les incline à « comprendre » et donc à "accepter" son jusqu'au-boutisme et sa violence, puisqu' ils considèrent que cette violence est justifiée face à un capitalisme sauvage qui exploiterait toujours davantage le pauvre au profit du riche, le riche devenant toujours plus riche, le pauvre toujours plus pauvre selon la loi d' accumulation du capital et de paupérisation du prolétariat de Marx,

2) de la complaisance d' une partie des hommes politiques de la gauche dite modérée à son égard, parce qu' issu bien souvent de cette mouvance radicale dont dans leur jeunesse ils ont épousé l' idéologie de lutte des classes, de nécessaire dictature du prolétariat et de la révolution pour instaurer la société sans classes, dont on a pu constater les beaux résultats dans l' ex-URSS sous Staline

3) de la pusillanimité intellectuelle et plus d' une autre partie des hommes politiques de la gauche vis à vis de l' aplomb de cette gauche radicale  sure d' être dans le bon sens de l' histoire, qui n' osent affirmer que depuis Bakounine, Bernstein et Jean-jaurès ce révolutionnarisme de dictature prolétarienne a été dénoncé dans ses effets désastreux pour la classe ouvrière.

 

Ps

il n'est qu' à voir dans quel oubli est tombé Bernstein au contraire de Marx par exemple

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eduard_Bernstein

 

C'est pourquoi après mon article précédent sur ce thème du dialogue social et de son intérêt vital pour notre économie que je republie aujourd'hui :

 

http://www.autruchement-dit.com/2014/09/dans-la-mer-des-sargasses-de-la-lutte-des-classes.html

 

je désire vous présentez un dialogue de social fiction à partir de cette loi travail si jamais elle est un jour appliquée qui illustrera que loi El Khomri ou pas le dialogue social a de grandes chances de rester une fiction en France tant

1) que la CGT restera la CGT, c'est-à-dire un syndicat ancré sur une idéologie qui a démontré sa nocivité

2) que FO existera, penchant tantôt vers le dialogue et la réforme et tantôt vers le refus du dialogue et de toute réforme. Comme le PS parti de l' ambiguité, FO syndicat de l' ambiguité doit disparaître. C'est d'ailleurs cette crainte de son inutilité puisque la CGT sur sa gauche remplit le rôle de refus de toute réforme sociale qualifiée de recul et la CFDT sur sa droite qui remplit le rôle de syndicat moderne acceptant les réformes comme la loi El Khomri qui représente une réforme équilibrée ou salariés et entreprises trouvent des éléments de satisfaction, que donc le terrain syndical est bouché que FO essaie de survivre en jouant le rôle de syndicat bascule qui se révèle le plus souvent négatif comme l' illustre ma petite fable ci-dessous ou positif à la marge comme l' illustre l' accord d' entreprise qui a sauvé en son temps les chantiers navals de l' Atlantique (STX)

http://www.autruchement-dit.com/2014/09/dans-la-mer-des-sargasses-de-la-lutte-des-classes.html#ob

3) que les accords d' entreprise n' auront pas le pas sur les accords de branche négociés par les grands syndicats, ce que propose d' instaurer la loi El Khomri même si ma fable démontre que le dernier mot qui reste aux salariés peut être celui de la CGT, c'est-à-dire du refus de tout compromis plutôt que celui de la CFDT de l' acceptation du compromis.

Une raison d' être optimiste et d' inverser le scénario de ma fable est  qu' au niveau des entreprises la CGT signent plus de 90% des accords et se montre réformiste tandis qu' au niveau national ce n'est plus que l' intérêt des salariés qu' elle prend en compte mais comme tout parti politique ou toute organisation son intérêt propre.

 

Vous trouverez ci- joint un lien pour regarder une vidéo d'une trentaine de minutes qui présentent le travail de deux chercheurs Jean Daniel Kant informaticien et Gérard Ballot économiste qui ont testé avec un modèle d' intelligence artificielle une des mesures principales de la loi El Khomri, qui concerne la facilitation des licenciements, qui au fil des négociations a été édulcorée, mais hélas n'ont pas testé l' autre mesure qui concerne l'inversion des normes qui donne la prépondérance aux accords d' entreprise sur les accords de branche dont le but est d' instaurer le dialogue social dans l' entreprise comme une norme de fonctionnement "normal" du marché du travail. 
On constate dans leur étude que
1) les flux d'embauche en CDI augmentent fortement au détriment des CDD, mais la durée médiane d' un CDI baisse de 5 ans à 3 ans, (ce qui démontre tout l'intérêt à terme d'un contrat de travail unique comme proposé en son temps par Jean Tirole)
2) les jeunes entrent en plus grand nombre sur le marché du travail,
3) les licenciement se concentrent sur les salariés les plus âgés, 
4) les licenciements économiques passent de 0,5% à 20%,
5) le taux de chômage sur 4 ans est peu impacté puisqu' il y aurait au bout de 4 ans 132000 chômeurs de plus
Le mérite de ces deux chercheurs est  de proposer un modèle d' évaluation de l' action publique grâce à l' intelligence artificielle.

 

 

 
 
Quant à moi, je vous propose un autre modèle d' évaluation de la loi El Khomeri, celui de la fable

 

la fable du patron et des syndicats qui "défendent" les intérêts des salariés


 

Un patron qui constatait la baisse de son carnet de commandes,

Il fabriquait des clous dans son usine, il n' y a pas de sotte fabrication,

Même si la vocation d' un clou d' être enfoncé à coups de marteau sur la tête n' est pas des plus réjouissante concurrencé qu' il est de plus en plus par des colles synthétiques de tout acabit

On peut comprendre le désarroi de notre patron placé devant plusieurs solutions pour sortir de ses difficultés

La première lui était inaccessible vu la taille de son entreprise qui était loin de faire parti du CAC 40, ne pesait pas d' un poids suffisant pour obtenir de notre  gouvernement une interdiction des colles

La deuxième de délocaliser son usine en Chine ou mieux au Bangladesh avec leur main d' oeuvre meilleure marché ne lui paraissait pas possible pour la même raison

Une autre solution était de réduire ses dépenses en licenciant au moins une partie la plus réduite possible de ses salariés

Mais qui licencier ?

Notre patron passa en revue ses salariés

Charles était le plus âgé et le plus ancien

Pas question de le mettre au chômage  à son âge Il ne retrouverait pas un emploi

Malgré sa qualité de "salaud de patron exploiteur" il ne pouvait s' y résoudre, contre toute vraisemblance il semble qu' il lui restait un fond d' humanité

André avait quatre enfants, impossible lui aussi à renvoyer

Comme Bertrand et Georges, endettés pour l' achat de leur pavillon

Comme Abdelkader qui avait le mérite de subvenir aux besoins des ses parent âgés

Comme Albert inventeur du procédé qui permettait de résister à la concurrence allemande pour les clous chromés et chinoise pour les clous tout-venant

C'est d'ailleurs à cause de ces clous tout-venant que l' on ne pouvait stocker car ils rouillaient que la société devait systématiquement recourir aux heures supplémentaires pour honorer telle ou telle commande,

Comme sa secrétaire et son comptable qui partageaient avec lui les soucis de la gestion de sa société

Comme tous les autres qu' il croisait tous les matins à leur arrivée à l' usine dont il connaissait les fins de mois pas toujours faciles

Une autre solution moins douloureuse pour lui, bien que les patrons ne pensent qu' à eux, n'en déplaise à Marx, ce patron avait un coeur, était de baisser la rémunération des heures supplémentaires de 25 % à 10 % en attendant la remontée du carnet de commandes

La reprise si l' on en croyait l' astronome du gouvernement étant à portée de longue vue

D'autant que cela allait déjà mieux proclamait notre président

Pour ce faire loi El Khomri oblige, il lui fallait 50 % de voix favorables des syndicats majoritaires

Il se tourna vers la CGT, FO, ET la CFDT

La CFDT qui représentait 35 % des voix accepta moyennant l' assurance que dès que le carnet de commandes remonterait le taux des heures supplémentaires remonterait à 33 %

La CGT et FO refusèrent

La réduction du taux des heures supplémentaires ne pouvait être appliquée loi El Khomri oblige, l' accord dit de branche continuait de prévaloir

Mais loi El Khomri oblige la CFDT pouvait demander un référendum d' entreprise permettant à l' ensemble des salariés de se prononcer sur la mesure ce qu' elle fit

La CGT bien entendu mis un place un piquet de grève et un barrage pour empêcher l' approvisionnement de l' usine et la livraison des commandes et s' opposa à la tenue du referendum qui finalement put avoir lieu à la mairie

Les salariés rejetèrent l' accord

« C'est une victoire pour les salariés » proclama le représentant de la CGT

et « une défaite du patronat » renchérit le représentant de FO

Mais toute cette agitation, ces jours de grève avaient provoqué la perte du plus gros client de l' usine qui se tourna vers une usine allemande et très vite d' autres clients qui n' avaient plus confiance dans la fiabilité de l' entreprise

Le problème du taux des heures supplémentaires était résolu puisqu' elles s' avéraient inutiles du fait de la réduction drastique des commandes

Le bilan de l' entreprise s' aggrava

Les banques refusèrent de continuer leurs prêts qui permettaient de payer les salaires

Le tribunal de commerce déclara la société en faillite

Un repreneur se présenta

Son plan consistait à diviser par deux le nombre des salariés

Selon que vous soyez réaliste ou idéaliste vous jugerez ce plan scandaleux ou comme un moindre mal

La majorité des salariés entraînés par le représentant de la CGT le rejetta et refusa de cesser l' occupation de l' usine

Les plus radicaux sont toujours les plus persuasifs puisqu'ils ne font pas appel à notre raison mais à notre foi en un paradis sur terre

Le repreneur se retira

Par chance après plusieurs moi passa par là le chargé d'investissement d' un fonds d' investissements dont le siège était domicilié dans un paradis fiscal,

Malgré toutes les proclamations de nos dirigeants les paradis fiscaux continuent leur existence bienfaisante

Notre chargé de pouvoir  proposa la reprise de l' usine à la condition que les deux tiers des salariés fussent licenciés

Les salariés épuisés par cette grève avec occupation d' usine de plusieurs mois finirent par accepter les conditions draconiennes de ce plan dit "de relance des activités et de sauvegarde des emplois"

La CGT cria victoire

FO cria victoire,

C'est grâce à elles que ce plan allait être appliqué

Elles avaient obtenu que le taux des heures supplémentaires ne soit pas pas modifié

Mais d' heures supplémentaires il n' y en avait plus

A quelque temps de là par une nuit sans lune des camions entrèrent dans l' usine et déménagèrent tout l' outillage vers la Roumanie

Nos salariés se retrouvèrent gros Jean comme devant

Mais au moins avec la satisfaction de ne pas avoir cédé un pouce de terrain à leur patron

Qui lui s' était jeté dans un étang par un jour de pluie sans fin

Peut-être pour ne pas être trempé de la tête aux pieds.

***

Ci-joint, vous savez que je ne peux me passer de La Fontaine sa fable " La laitière et le pot au lait"

 

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/la_laitiere_et_le_pot_au_lait.html

 

Défense de la loi El Khomri : Un peu de dialogue social fiction en ces temps de tout ça pour ça. Le test de la fable du patron, des syndicats, des salariés et du fonds d' investissement.
Défense de la loi El Khomri : Un peu de dialogue social fiction en ces temps de tout ça pour ça. Le test de la fable du patron, des syndicats, des salariés et du fonds d' investissement.
Tag(s) : #Chomage, #Haine sociale, #syndicats, #syndicalisme

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