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Publié par Elbiar

Hommage à Coluche
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Hommage à Coluche

Hommage à Coluche

 

Le 21 avril 2012 à 20 h 30, la police reçoit un appel anonyme depuis une cabine de Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis. L'homme informe les policiers qu'Amine Bentounsi, un braqueur condamné à 22 ans de prison, se trouve devant un bar de Noisy. Quatre policiers se rendent immédiatement sur les lieux, dont Damien Saboundjian, qui reste au volant du véhicule.

Lorsque Amine Bentounsi – dont les forces de l’ordre ne connaissent pas alors l’identité complète et les antécédents – voit trois policiers descendre de la voiture, il part en courant. Pendant sa fuite, il lance une fausse grenade en direction des trois agents qui le pourchassent.

Damien Saboundjian fait le tour d’un pâté de maison dans la voiture et vient barrer la route du fuyard, qui contourne le véhicule.

Le gardien de la paix sorti  de sa voiture se sent menacé et tire quatre balles en direction de Bentounsi, d'autant que Ghislain B., un de ses collègues, lui crie : « Fais gaffe ! Il a un pétard ! Il a un pétard ! ». Saboundjian tire à quatre reprises. Amine Bentounsi s’effondre.

Quand les policiers tentent de le menotter, ils s’aperçoivent qu’il est blessé dans le bas du dos. A ses côtés, un revolver chargé. A 20 h 39, ils appellent la salle de commandement. Ils concluent l’échange : « Il a sorti une arme à notre vue. Le collègue a riposté. »

Amine Bentounsi meurt le 22 avril 2012, à 5 h 10.

La version policière est donc immédiatement celle de la légitime défense.

La victime est Amine Bentounsi, 29 ans, déjà condamné onze fois, notamment pour vol à main armée et séquestration. Il est en fuite depuis une permission de sortie.
En garde à vue, Damien Saboundjian assure avoir agi de manière « nécessaire, simultanée et proportionnelle ». Il reprend les termes de
l’article 113-4 du règlement général d’emploi de la police nationale qui stipule que les policiers ne peuvent faire « qu’un usage [de leur arme] strictement nécessaire et proportionné au but à atteindre ».

L'autopsie d'Amine Bentounsi révèle qu' il a été atteint dans le dos, en contradiction avec les déclarations du policier, qui affirme lui avoir tiré dessus de face et de ses collègues pour qui Amine Bentounsi a« braqué son arme, bras tendu ». La reconstitution menée le 24 avril 2012 s'avére peu concluante, les collègues de Damien Saboundjian donnant des versions différentes du drame, tout comme des témoins de la scène de crime.

Amine Bentounsi est tombé face contre terre. La trajectoire de la balle dans son corps ne laisse aucune ambiguïté : il tournait le dos au policier lorsqu’il a été touché.

Les témoins, une voisine et les passagers de deux automobiles qui passaient par là  démentent les affirmations des policiers. En effet ils parlent d' un Damien Saboundjian qui braque son arme sur l’une des voitures, dont les passagères sont terrorisées. L’un de ses tirs touche le bas de caisse d’une autre. Surtout, ils précisent que le policier court à découvert.

Damien Saboundjian a toujours affirmé que le délinquant avait braqué son arme sur lui à plusieurs reprises, une première fois alors qu'il était encore à bord de la voiture, et une seconde tandis qu'il le poursuivait à pied.

Au bout d'une instruction de plus de deux ans, le juge a considéré que Damien S. était « constamment resté à découvert », alors qu'il savait Bentounsi armé. « Il avait toute possibilité de se mettre à l'abri (...). Tout au contraire, il est allé consciemment au contact d'Amine Bentounsi », estime le juge.

De ce fait, Le juge renvoie Damien S. devant la cour d'assises pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Sommes-nous en présence d' une nouvelle bavure policière comme l' affirme la famille de la victime, notamment sa sœur ?

Ou bien d' un cas de légitime défense : « Sa seule intention, c'était de se défendre », réplique l' avocat de Saboundjian, Daniel Merchat, qui connaît bien ses questions, lui qui a été policier. «  Les déclarations de mon client sont constantes: il affirme avoir vu le visage et l'arme de Bentounsi qui le braquait. Il s'est vu mourir et il a tiré sans viser pour faire cesser le danger".

Les expertises et contre-expertises balistiques n'excluent pas qu'Amine Bentounsi qui faisait face au policier ait pu tourné le dos au moment où le policier faisait feu. Il ne lui fallait pour ça qu'une seconde.

Durant une semaine, la cour a été confrontée à une question : jusqu’où les policiers peuvent-ils aller face à un une personne qui s' enfuit à leur vue ?

L’ordonnance de mise en accusation est impitoyable face à ces contradictions. Le policier a ainsi émis l’hypothèse qu’Amine Bentounsi, après l’avoir visé de face, lui « aurait tourné le dos au moment où il a ouvert le feu ». Pourquoi pas, ont répondu experts.
« Il est toutefois surprenant que ni Damien Saboundjian ni [son collègue] n’aient jamais évoqué ce mouvement de rotation de la victime avant que leur soit annoncé qu’Amine Bentounsi présentait une balle dans le dos », s’étonne le juge.

« Damien Saboundjian n’était pas en légitime défense au sens de la loi. Il cherchait manifestement à arrêter Amine Bentounsi, sans veiller à assurer sa protection. Enfin, rien n’établit que le fuyard l’ait à un quelconque moment réellement menacé », avait conclu le juge d’instruction.

En revanche, l’angle probable du tir mortel – horizontal – et celui du tir ayant touché une voiture – de haut en bas – permettent d' envisager que le gardien de la paix a avant tout tenté de stopper Amine Bentounsi d’un tir dans les jambes et pas de le tuer. Le juge d’instruction Nicolas Auburtin a donc requalifié les faits en « violences volontaires ».

la légitime défense n'a pas été prouvée pendant le procès. Aucun témoin n'a vu clairement les

 

instants précédents les coups de feu. Ce doute a profité au policier.

 

Pour l'avocat général, Damien Saboundjian "n'a pas agi en légitime défense, il s'est laissé envahir

 

par son stress, ce qui l'a conduit à réagir de façon inappropriée". "N'oubliez pas que la victime", un

 

braqueur en cavale de 29 ans qui était armé d'un revolver chargé, "a été tué d'une balle dans le dos",

 

a lancé le représentant du ministère public.


 

"Le travail de la police est d'interpeller les délinquants mais pas dans n'importe quelles conditions, dans le respect de la loi", a-t-il encore dit.

"Je vous demande une décision qui ne puisse pas être interprétée comme un permis de tuer." C'est ainsi que l'avocat général a commencé ses réquisitions lors du procès aux assises de Seine-Saint-Denis. Il a donc requis cinq ans de prison avec sursis une interdiction définitive d'exercer, l'interdiction de toucher une arme pendant 5 ans, et une "obligation de soins".

La cour d'assises de Seine-Saint-Denis a reconnu Damien Saboundjian coupable de "violences

 

volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner", lorsque le 21 avril 2012, à Noisy-

 

le-Sec, il a tué le braqueur en cavale Amine Bentounsi. Mais en retenant que ces faits ont été

 

commis dans le cadre de la légitime défense, ils l'ont déclaré irresponsable pénalement. Le policier

 

a donc été acquitté.

 

 

Dans l'élaboration de ce verdict, les jurés avaient répondre à quatre questions.

La première : l'accusé a-t-il commis volontairement des violences sur Amine Bentounsi? Réponse : oui.

La deuxième : ces violences ont-elles entraîner la mort d'Amine Bentounsi sans volonté de la donner? Réponse : oui.

La troisième :l'accusé a-t-il commis ces violences dans l'exercice de ses fonctions ou non. les jurés y ont répondu par l'affirmative.

la quatrième portait sur le fait que l'accusé puisse bénéficier d'une irresponsabilité pénale en raison de la légitime défense. La réponse a été oui.

 

 

Il ne s' agit pas pour moins de critiquer ou non ces réponses du jury populaire.

Mais simplement de faire remarquer que ce verdict est une nouvelle manifestation de cette « misère » de ce « malheur » des Français ( voir mon article :

http://www.autruchement-dit.com/2015/09/la-misere-de-la-france.html )

caractérisé par le sentiment de ne pas être écoutés par leurs élus, les médias et les « maîtres-penseurs » qui ne leur demandent que de fermer les yeux, de se boucher les oreilles et de rester bouche cousue devant ces faits têtus qu' ils vivent et les persuadent que leur vie, leur culture, leur mode vie à visage découvert et laïc est en danger.

C' est pourquoi ils ont considéré que Damien Saboundjian était en légitime défense même si Amine Bentounsi lui tournait le dos au moment de ses tirs.

 

 

Dernière nouvelle : 

Une semaine après l'acquittement du policier , le parquet de Bobigny vient d'annoncer qu'il faisait appel du verdict ce vendredi 22/01

 

***

 

 

 

 

 

La France, le pays où un policier est jugé en état de légitime défense après avoir tiré dans le dos d' un homme qui s' enfuyait.
La France, le pays où un policier est jugé en état de légitime défense après avoir tiré dans le dos d' un homme qui s' enfuyait.

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