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Publié par Elbiar

Les causes de la décadence de la civilisation musulmane

Comme je vous l' avais promis dans un précédent article :

 

http://www.autruchement-dit.com/2015/05/notre-nouveau-roman-national-tous-zegaux-tous-ziletres.html

 

je vous présente  un article en grande partie inspirée de l' étude menée par jacques Brasseul sur ce thème :

 

http://brasseul.free.fr/monde_musulman.htm

 

qui me paraît être un module qui doit impérativement faire partie des nouveaux programmes d' histoire pour les collèges, afin de compléter notre roman historique dont on sait qu' il commence par "nos ancêtres les gaulois" qui sont indiscutablement ( bien que les historiens en disputent, puisqu' ils disputent de tout, justement parce qu'il n' y a pas en science de vérité définitive)  nos ancêtres, même si par notre origine nous pouvons être africain, arabe ou asiatique : nos ancêtres puisque nous vivons en France dont nous devons nous approprier le roman pour nous sentir citoyen français.

 

Quand commence cette décadence de la civilisation musulmane ?

 

1) Pour David Landes dès le début du XIII ème siècle. Dans « Richesse et pauvreté des nations » , il retient la date de 1187 comme l' apogée de la civilisation musulmane, quand Saladin reprend Jérusalem aux croisés : "from that peak moment, the course of Islam was mostly downhill ", même si les conquêtes territoriales et la progression de la foi, notamment en Europe se feront sous l' égide de l'Empire ottoman, le déclin apparaîtra nettement au XVII e siècle : "No one who looked around could be blind to the shifting balance of power; Islam had become an economic and intellectual backwater".

 

2) Pour Henri Laurens, le déclin commence après la destruction de Bagdad en 1258, par les mongols, donc à partir de la deuxième moitié du XIII ème siècle, « L' Orient arabe, Arabisme et islamisme » . Cette invasion mongole a des conséquences négatives du point de vue économique, réduisant presque à néant le système complexe d' irrigation qui faisait de l' agriculture une grande productrice de richesses.

 

3) Pour Ralph Peters, «  Beyond Baghdad : Postmodern war and peace » , il s'agit de la fin du Moyen Âge :

"Dix ans avant l'invention de l'imprimerie par Gutenberg, un prince, astronome, mathématicien et poète, Ulugh Beg de Samarcande, construisit un grand observatoire. C'était un génie, leur Galilée, mais les mollahs l'ont assassiné, et cet instant est le point à partir duquel tout a commencé à se calcifier. Il y a des myriades de facteurs dans le déclin islamique, mais le déclin s'est lui-même avéré irréversible. Les musulmans n'en ont jamais fait le tour ; ils n'ont jamais eu leur réforme pour briser la voie unique."

 

4) D' après Jared Diamond vers 1500. Dans «  De l' inégalité des sociétés  » il écrit : 

« L' Islam médiéval était techniquement avancé et ouvert à l'innovation. Il avait atteint un niveau d' alphabétisation bien supérieur à celui de l'Europe contemporaine, assimilé l'héritage de la civilisation antique, inventé ou amélioré les moulins à vent, les moulin s à eau (y compris ceux utilisant les marées), la trigonométrie, les voiles latines, réalisé des avancées majeures dans la métallurgie, la chimie et la mécanique, développé les techniques d'irrigation, adopté le papier et la poudre venus de Chine. Au Moyen Âge, le flux de technologie allait de façon écrasante de l'Islam vers l'Europe, plutôt que le contraire comme c'est le cas aujourd'hui. Les flux nets s'inversent vers 1500. »

 

5) Fernand Braudel « Civilation matérielle, économie et capitalisme, XV- XVIII éme siècles » situe le début de ce déclin dans le dernier tiers du XVII ème siècle : "S'il fallait absolument proposer une date, je préférerais celle de 1683, au lendemain du siège dramatique de Vienne, quand le sultan fait étrangler à Belgrade le Grand Vizir Kan Mustapha, héros malheureux de l'entreprise."

 

6) Pour Hourani «  A history of the arab peoples » , le déclin ne date que du XVIIIe, à l'aube de la révolution industrielle en Occident : "Jusqu'au milieu du siècle, les relations entre l'Empire ottoman et l'Europe chrétienne pouvaient encore être considérées par les Ottomans comme basées sur une force égale... Dans le dernier quart cependant, la situation commença à changer rapidement et fortement, au fur et à mesure que l'écart entre les techniques de quelques pays du nord-ouest de l'Europe et celles du reste du monde augmentait de plus en plus."

 

Ce déclin de la civilisation musulmane quelque soit la date de son début devient donc évident à partir de la révolution industrielle en Europe au XVIII ème siècle

 

*

 

Cette décadence se manifeste par :

 

1) Le retard tehnologique

 

Selon Lynn White « The expansion of Technology 500-1500 » « En 1500, le dynamisme technologique du Moyen Âge avait donné à l'Europe une offre régulière de nourriture, une compétence mécanique et industrielle, un avantage dans les armes, une technologie maritime lui permettant de s'aventurer sur toutes les mers, tout cela autorisant les Occidentaux de ce temps de réunir les histoires jusque-là séparées des peuples dans une expérience unique pour toute l'humanité. »

Tandis que les pays ottomans, musulmans mais aussi d'Asie et d'Afrique, étaient encore confrontés aux pestes, aux disettes, aux famines, à tel point que leur population avait diminué dans certaines régions, que leur production stagnait, ne pouvait dégager des investissements susceptibles de mettre fin cette asthénie démographique, qui s' accompagne au surplus d' un recul militaire, manifeste avec la défaite devant les Russes en 1774, avec pour résultat que la mer Noire cesse d'être un lac ottoman, que les Russes s'installent en Crimée.

De ce fait les pays du Moyen-Orient et du Maghreb deviennent des fournisseurs de matières premières et des acheteurs de produits manufacturés, situation qui se perpétue aujourd'hui.

 

2) le retard social :

 

Un rapport du PNUD de 2002 portant sur les 22 pays de la ligue musulmane, dégage trois caractères négatifs qui handicapent ces pays :

 

A) Le manque de liberté :

qui se caractérise par des régimes politiques non démocratiques, des élections truquées, la censure, la confusion entre exécutif et législatif, la pression sociale et surtout religieuse, dans des pays ou la communauté, l' oumma, prime sur les droits de l' individu, comme je l' ai souligné dans mon essai de traité théologico-philosophique sur l' Islam, le népotisme, les postes ne sont pas obtenus au mérite, mais en fonction des relations, un mélange "de nationalisme protectionniste et de socialisme bureaucratique" refusant toute innovation.

 

B) Les lacunes de l' enseignement et du savoir :

la dégradation de l'enseignement, son inadéquation aux besoins de l'économie, l'absence de scolarisation de trop nombreux enfants, surtout les filles, d'où le nombre élevé d'illettrés.

La recherche et le développement sont limités, les techniques nouvelles peu diffusées.

Dans les 1200 années qui suivent le calife abbasside Mamoun (786-833), les pays arabes ont traduit autant de livres que l'Espagne en traduit actuellement en un an !

 

C) Le statut des femmes

La femme reste une inférieure ( Voir essai de traité théologico-philosophique, partie IV, des femmes), qui ne peut accéder au marché du travail. Ainsi la moitié du potentiel productif de la population est sous-utilisé, ce qui est une des causes du sous-développement dans la monde arabe.Une femme sur deux ne sait ni lire ni écrire et sur 65 millions d'illettrés dans les pays retenus, 44 sont des femmes.

 

3) Le poids d' une explosion démographie provoquée par la médecine occidentale :

 

Autre différence majeure, l'entrée dans la transition démographique avec l' augmentation très rapide de la population est lié aux progrès agricoles et industriels en Occident tandis qu'elle est liée dans le monde musulman, aux techniques médicales, favorables à la baisse de la mortalité infantile, apportées de l' Europe, rendant d' autant plus difficile le développement.

 

 

4) L'échec de la démocratisation

 

au contraire de l' Asie ou de l' Amérique latine. Echec dû au danger du radicalisme islamique : la crainte de l' adoption du principe, un homme une voix, pouvant aboutir à l' arrivée au pouvoir, des intégristes, des frères musulmans, comme par exemple en Égypte ou en Tunisie dissuadant les classes moyennes de revendiquer ce principe base de la démocratie même si Gilles Kepel dans « Jihad : Expansion et déclin de l' islamisme » de 2001, analyse ce qu'il considère comme le déclin de l'islamisme, lié à trois groupes sociaux :

les intellectuels islamistes, voix du mouvement ;

les jeunes déclassés des grandes villes ;

la classe moyenne pieuse, écartée des bénéfices de la décolonisation.

Comme ces trois groupes ont des intérêts divergents, l'islamisme a échoué à s'emparer du pouvoir, sauf en Iran avec la révolution de Khomeiny. La classe moyenne exclue veut simplement remplacer les gens au pouvoir, tandis que les jeunes des banlieues veulent détruire le système corrompu en place, comme le démontrent les printemps arabes.

Là où la guerre civile s'installe, comme en Algérie, dans les années 90, ces jeunes s'engagent dans la clandestinité et effrayent par leurs violences la classe moyenne qui se retourne vers l' armée pour empêcher les islamistes victorieux aux élections de prendre le pouvoir.

Et même si les islamistes parviennent au pouvoir, à la suite des printemps arabes, ils ne tardent pas à en être dépossédé par l' armée soutenue par une part importante de la population lassée de leur incompétence, cas de l' Égypte ou en Tunisie par les élections restées libres. Le divorce est consommé, les chances des islamistes d' accéder au pouvoir s' effondrent. L'islamisme est donc sur la défensive ce qui pousse certains de ses représentants au terrorisme dans l' espoir de reconstituer le califat comme aujourd'hui en Syrie et en Irak avec Daesh.

 

5) Un impôt qui ne joue pas son rôle redistributif et incitatif comme en Europe.

 

La politique fiscale est le reflet de la classe sociale dominante bénéficiaire de l’économie rentière reposant sur les exportations de pétrole, l' immobilier, le tourisme. La taxation ne touche pas à ces rentes, notamment aux plus-values qui provienne de l’accaparement de la rente foncière. Les plus-values boursières sont le plus souvent exemptées d' impôt au contraire des activités productrices

Cette politique fiscale a été aggravée par la création de zones franches fiscales. Ainsi les nouveaux investissements sont détaxés même quand il s’agit de l’ouverture d’un hôtel qui ne produit guère de valeur ajoutée ou de sous-traitance tout à fait passive avec une multinationale qui de ce fait monopolise l' essentiel des bénéfices qui ne profitent guère au monde arabo-musulman.

 

*

 

Voici à présent les causes principales de ce déclin de la civilisation musulmane, si brillante au XI/XII ème siècle:

 

1) L' étouffement de la liberté de penser 

Dans l'analyse des premiers orientalistes, au siècle des lumières, le déclin de la civilisation musulmane s'explique par l'étouffement de la liberté de penser.

 

2) La conquête ottomane

Une autre cause invoquée est la conquête ottomane, qui comme la conquête de Rome par les Barbares, aurait été la cause de l' effondrement de l' empire musulman.

 

Ce sont ces deux causes que reprend Henry Laurens :

"L'Islam des premiers siècles, grâce en particulier au despotisme éclairé des califes omeyyades et abbassides, a été très tolérant envers la pensée libre des philosophes arabes, mais à partir du XIIIe siècle, le fanatisme religieux a pris le dessus et l'Islam a progressivement interdit toute pensée libre, toute curiosité intellectuelle. D'autre part, les Turcs, essentiellement barbares, ont imposé un despotisme militaire étouffant, appuyant le fanatisme religieux dans la suppression de la liberté de penser. Les Turcs sont jugés être des conquérants au même titre par exemple que les Germains de l'Antiquité tardive. »

 

La deuxième cause est aujourd'hui battue en brèche, du fait du raffinement de la cour et de la société ottomanes héritières de la culture byzantine.

 

3) Le détournement du commerce international du monde arabo-musulman

 

Le commerce international des épices, de la soie faisait du monde musulman l'intermédiaire obligé entre l' Europe et l' Asie.

Il est contourné par les Européens lassés d' en passer par les intermédiaires musulmans à partir du XVI ème siècle :

les Portugais font le tour de l'Afrique pour aller chercher directement les épices, tandis que

les Espagnols traversent l'Atlantique et découvrent, non seulement l' Amérique, mais aussi de nouvelles routes vers l'Asie.

Le monde musulman au centre du monde jusque là est délaissé par les grandes routes du commerce international. La méditerranée perd sa place prépondérante en faveur de l'Atlantique.

 

 

4) Le refus de l' innovation dans le monde arabo-musulman

 

David Landes dans «  Richesse et pauvreté des nations »  démonte le mécanisme qui va des interdits religieux au blocage économique, avec l' exemple du refus de l'imprimerie, interdite par les religieux : le Coran devait être recopié à la main. la calligraphie arabe, sacrée, ne pouvait faire l'objet d'une impression.

« L'Islam était au Moyen Âge le maître d'école de l'Europe. Mais par la suite quelque chose s'enraya. La science islamique, dénoncée comme hérétique par des zélotes religieux, fut étouffée sous les pressions théologiques du conformisme spirituel, ce qui pouvait représenter une question de vie ou de mort pour les penseurs et les savants. »

 

De même, dans son livre «  Que s 'est-il passé ? L' Islam, l' Occident et la modernité », Bernard Lewis met en cause la fermeture du monde musulman sur lui-même, à cause de la certitude de sa supériorité, réelle avant son déclin, confirmée par une suprématie jadis incontestée du fait de ses conquêtes. Ce complexe de supériorité explique le refus d'adopter les idées et les techniques venues des peuples européens considérés comme barbares, d' une manière générale le refus de tout ce qui pouvait provenir de l' Occident que l' on retrouve aujourd'hui exacerbé dans la mouvance islamiste.

 

D' un côté, dans le monde musulman les valeurs locales et tribales de fermeture, de communauté, du Jihad triomphent, tandis qu' en Occident, les valeurs universalistes de démocratie, des droits de l' homme, de l' égalité homme femme, de progrès scientifiques et techniques s'imposent.

Nous avons un monde fermé face à un monde ouvert ainsi que caractérisé par Benjamin Barber dans son ouvrage «  Jihad vs McWorld ». 

 

5) L' infériorité du statut des femmes :

 

Il est vrai que c'est seulement au XXe siècle qu' en Occident la condition féminine se transforme et que les femmes accèdent progressivement à toutes les fonctions jusqu'ici réservées aux hommes, néanmoins le statut des femmes dans le monde occidental contraste fortement avec le statut des femmes dans le monde arabo-musulman

Namik Kemal, du mouvement des "Jeunes Turcs", en 1867 remarque :

"Nos femmes sont actuellement considérées comme n'ayant pas d'autre rôle utile à l'humanité que d'avoir des enfants ; elles ne sont vues qu'en tant qu'objets de plaisir, comme des instruments de musique ou des bijoux. Mais elles constituent la moitié, et peut-être plus, de notre espèce. Les empêcher de contribuer par leurs efforts au soutien et à l'amélioration des autres viole les lois de base de la coopération en société à un degré tel que notre pays est frappé comme un corps humain qui serait paralysé d'un côté . Et pourtant les femmes ne sont pas inférieures aux hommes dans leurs capacités intellectuelles et physiques. »

On ne saurait mieux dire.

 

 

6) La pratique de l' esclavage.

 

L'islam, né au VIIe siècle, est issu de l' l'Antiquité tardive dont il hérite de l'esclavage, alors que l'Europe féodale est caractérisée par le servage. Tandis que l' esclave est considéré comme une chose, un instrument, un bien meuble, le serf est considéré comme une personne ayant un statut juridique précis. Il est lié par contrat à un seigneur dont il cultive les terres, la réserve seigneuriale, en contrepartie de cette corvée il travaille une parcelle de terre, cédée par le seigneur pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.

Le mépris vis à vis du travail est donc moins prononcé que dans le cas de l' esclavage. Et puisque l' on a considéré que le retard technique dans l' Antiquité venait de cet esclavage discréditant toute tâche manuelle, rendant sans intérêt tout progrès technique, et de ce fait fauteur de stagnation économique et, qu' il y avait là une des causes du déclin de l' empire romain, on considère que cette pratique poursuivie de l'esclavage dans le monde arabo-musulman doit être considéré comme un des facteurs de son déclin.

Cette image de l'esclave attachée à la notion de travail discrédite cette activité productrice, dont le nom vient du mot latin tripalium qui était à Rome un instrument de torture, ce qui explique le peu d'intérêt des Anciens pour les techniques productives, par exemple le fait que les moulins à eau sont connus par les Romains, mais qu'ils n'essaient pas de les utiliser sur une grande échelle, alors que le Moyen Âge européen connaîtra une véritable révolution technique avec leur généralisation.

Par conséquent le même phénomène se serait produit en Islam avec une identique absence d'intérêt pour le développement des techniques productives.

 

 

7) L' absence de la roue

 

Richard Bulliet, «  The camel and the wheel » un historien américain, a écrit dans son livre sur le rôle du chameau dans la disparition de la roue au Moyen-Orient après l'Antiquité :

"La sagesse populaire tient la roue pour l'une des plus astucieuses parmi les inventions de l'homme, tandis que le chameau est l'une des plus maladroites faite par Dieu"... La roue a disparu progressivement au bénéfice du chameau ou du dromadaire, entre le troisième et le septième siècle de notre ère, pour des raisons essentiellement économique : le transport à dos d'animal est moins coûteux que celui de véhicules tirés par des animaux, sans même compter la construction et l'entretien des routes nécessaires à ces derniers ».

Ce fait permet de comprendre pourquoi le monde arabo-musulman a abandonné la roue : pour des raisons économiques.

on peut penser que cela n'a pas manqué d'avoir un impact sur son développement, même si la roue n'a pas été abandonnée en dehors du transport, par exemple dans l'irrigation, la meunerie, la poterie et divers artisanats. Bulliet évoque dans son chapitre "A society without wheels", une mentalité ayant développé un préjugé inconscient contre la roue, mentalité omniprésente ("a pervasive non-wheel mentality").

La disposition des villes arabes est aussi caractéristique de sociétés sans roues : l'enchevêtrement des rues étroites et courbes, en forme de labyrinthe, dans les souks par exemple, inaccessibles aux charrettes mais accessibles à deux chameaux marchant de front avec leur charge, en est le témoignage.

 

 

8) La géographie

 

David Cosandey «  Le secret de l' Occident, du miracle passé au marasme présent » (1997) assure que c'est la géographie particulière de l' Occident européen, celle d'une "thalassographie" où la mer est partout présente, qui explique le succès, et inversement le déclin de l'Islam, de la Chine ou de l'Inde.

Cette thalassographie, facilitent les échanges par la mer, ce qui induit une division du travail plus forte entre les pays, favorable à une croissance, qui dégage un surplus pour financer les chercheurs et les savants. La prospérité économique, liée aux échanges et à la mer, est le premier facteur de progrès technique et scientifique.

Le deuxième, toujours liée à la présence de la mer, est la division de l'Europe en nations stables, protégées par des barrières naturelles évidentes (les côtes dessinent par avance les frontières de l'Espagne, de la Grande-Bretagne, de la Grèce de l'Italie, des Pays-Bas, du Danemark, etc.). La division politique stable est un facteur de rivalité créative dans le domaine scientifique et technique, chaque pays tendant à favoriser les recherches pour avoir un avantage sur l'autre. A l'inverse, dans les empires unifiés et puissants, comme ceux de l'Islam ou de la Chine, l'absence d'émulation, le rôle néfaste des groupes de pression hostiles aux changements, l'invention n'a pas bénéficié de circonstances aussi favorables.

 

De même, "En Occident, capitalisme et villes, au fond, ce fut la même chose" (Braudel). Les villes du monde musulman – comme d'ailleurs du monde chinois ou indien – ne bénéficieront jamais des mêmes libertés que les villes d' occident pour innover, dans la mesure où elles incluses dans des empires centralisés.

 

*

 

Donc le déclin de la civilisation musulmane n'a pas une cause unique comme pour l' empire Romain, mais plusieurs, où la géographie joue un rôle important : déplacement des échanges vers l'ouest avec la découverte de l'Amérique, type de transport par caravanes de dromadaires ou de chameaux, continentalité de l' empire musulman,

mais aussi les facteurs institutionnels : absence de réformes politiques, infériorité maintenue de la femme, esclavage, stagnation des techniques, le tout à relier à une interprétation fermée, littéraliste du coran renforçant la confusion entre religion et organisation de l' état et de la société, au contraire de l' Europe.

 

Si les causes de la chute de l' empire Romain sont multiples l' une d' entre elles semble prépondérante : L' appétit fiscal de l' état Romain qui provoqua par contrecoup l’ augmentation systématique des pouvoirs du fisc et de ses sanctions en cas de fraude ou de fuite devant l' impôt, qui fit disparaître les richesses en voulant les accaparer et poussa les populations de l' empire à accueillir les « barbares » qui mettaient fin à cette insoutenable lourdeur de ces derniers :

 

« Mais voici ce qui devint une calamité publique et plongea le monde entier dans un deuil commun: le cens, imposé dans leur ensemble aux provinces et aux cités [sous Galère]. Les censiteurs répandus partout bouleversaient tout: c'était l'image du tumulte de la guerre et de l'affreuse captivité. On mesurait les champs motte par motte, on dénombrait les pieds de vigne et les arbres, on enregistrait les animaux de toute espèce, on notait individuellement les noms des hommes; dans chaque cité, on rassemblait la population de la ville et de la campagne, toutes les places étaient remplies de familles entassées en troupeaux; tous étaient présents avec leurs enfants et leurs esclaves; instruments de torture et verges ne cessaient de résonner, on suspendait les fils pour les faire témoigner contre leurs parents, les serviteurs les plus fidèles étaient mis à la question contre leurs maîtres, les épouses contre leur mari. Quand tout avait échoué, on suppliciait les gens pour qu'ils se dénonçassent eux-mêmes et, quand la douleur les avait vaincus, on leur assignait des biens qu'ils n'avaient pas. Ni l'âge, ni la maladie n'étaient une excuse. On faisait comparaître des malades et des infirmes, on estimait l'âge de chacun, ajoutant des années aux enfants, en retranchant aux vieillards. Ce n'était partout que deuil et tristesse. » T 4 - XXIII, 1- 4 Lactance, De la mort des persécuteurs. trad J. Moreau,
 

De même, pour la civilisation musulmane, si les causes du déclin sont multiples l' une d' entre elles est prépondérante : C'est la confusion entre la religion et l' organisation de l' état et de la société, du fait d' une interprétation fermée du coran, considéré comme la source universelle de tout savoir :

 

« Pendant la conversation, le général Bonaparte dit aux cheikhs que les arabes avaient cultivé les arts et les sciences du temps des califes, mais qu' ils étaient aujourd'hui dans une ignorance profonde et qu 'ils ne leur restait rien des connaissances de leurs ancêtres ; le cheikh Sadat répondit qu' ils leur restait le coran qui renfermait toutes les connaissances. Le général demanda si le coran enseignait à fondre les canons. Tous les cheikhs présents répondirent hardiment que oui. » Henry Laurens «  L 'expédition d' Égypte »

 

Confusion que rejette Kémal Ataturk qui par l'introduction de la séparation de l' état et de la religion en Turquie, par la laïcité, modifie la nature des rapports entre l’individu et l’institution étatique qui n’est plus religieuse, mais politique :

l’ individu ne se définit plus en fonction de son appartenance communautaire à l' oumma, en tant que croyant, que musulman , mais par rapport à une appartenance nationale et donc en tant que citoyen turc.

 

Dernière remarque : ces deux exemples illustrent la nocivité d'un état totalitaire, dans un cas comme dans l' autre de type théocratique, qui bafoue les droits légitimes de l'individu.

 

Ps :

J' ajoute à cet article un lien qui vous renverra à un entretien que Barbara Lefebvre a accordé au FigaroVox du 23/09/2016, où elle montre comment l'Education nationale a un regard apologétique sur la civilisation arabo-musulmane et en donne une image déformée visant à en faire une civilisation au-dessus des autres en occultant par exemple

1) le rôle de mineure de la femme dans la société

2) d' inférieurs des juifs et des chrétiens avec le port distinctif de signes qui les pousse à se convertir pour quitter cette situation d' infériorité

3) l' existence de l' esclavage accompagné d' une traite des noirs tout aussi inhumaine que celle de notre civilisation, la seule dénoncée. En effet les traites arabes ont conduit à la déportation d'au moins 17 millions d'individus, dont beaucoup de jeunes filles qui servaient d'esclaves sexuels, pratique que le Coran autorise et, 7 fois sur 10 les esclaves hommes étaient castrés pour en faire des eunuques.

 

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/09/23/31003-20160923ARTFIG00212-comment-l-islam-est-aborde-dans-les-manuels-scolaires.php

 


 
Les causes de la décadence de la civilisation musulmane
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Les causes de la décadence de la civilisation musulmane
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