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Dans le labyrinthe des versets du coran VI : L' Islam et les bêtes

Proposition I

 

« Un chien qui meurt et qui sait qu'il meurt comme un chien, et qui peut dire qu'il sait qu'il meurt comme un chien est un homme. » Erich Fried, cité par Elisabeth de Fontenay dans un entretien.

( voir le lien plus bas)

 

Proposition II

 

Un chien qui meurt et qui sait qu'il meurt comme un chien, et qui ne peut pas dire qu'il sait qu'il meurt comme un chien est un chien

 

( Avec cet article j' entame la troisième partie de mon traité théologico-philosophique sur les religions et plus particulièrement  l' Islam)

 

Axiome I

 

L' Islam comme le judaïsme dote les animaux d'une âme au contraire du christianisme où l' âme reste l' apanage de l' homme

scolie

Dans le coran, les bêtes bénéficient du statut de créature, tout comme les êtres humains.

S.VI, «  Les bêtes » V. 38

1) «  Il n'est pas un être rampant évoluant sur terre ni d' oiseaux volant de leurs ailes qui ne constituent des communautés comparables à la vôtre. Nous n' avons rien omis dans ce Livre ; puis ils seront tous rassemblés auprès de leur Seigneur. » Penot

2) « Pas de bête sur terre,

 pas de volatile volant de ses ailes

qui ne soit, à votre exemple, sans matrie.

Nous n’avons rien omis de l’Écrit.

Ensuite, à leur Rabb, ils seront réunis » Chouraqui
 

3) « Il n' y a pas de bêtes sur la terre ;

Il n' y a pas d' oiseaux volants de leurs ailes

qui ne forment, comme vous, des communautés.

- Nous n' avons rien négligé dans le Livre -

Ils seront ensuite rassemblés vers leur Seigneur. » Masson
 

4) « Pas de bête sur la terre, ni d' oiseau volant de ses deux ailes qui ne constitue des nations pareillement à vous : dans le Livre Nous n' avons absolument pas omis la moindre chose.

- Et puis vers le Seigneur ils seront rassemblés. » Berque
 

5) «  Pas une bête sur la terre, pas un oiseau volant de ses ailes qui ne forment des nations comme vous. Nous les avons tous inscrits et ils seront rassemblés vers leur Seigneur. » Grosjean

6) « Il n' est pad de bêtes qui bougent sur terre ni d' oiseaux qui volent de leurs ailes dans l' air qui ne forment des sociétés semblables aux vôtres ; car rien n' a été omis dans le Livre . Ensuite tous seront rassemblés auprès de leur Seigneur. » Bah
 

7) « Nul être marchant sur la terre, nulle volaille volant de ses ailes, qui ne soient comme vous en communautés ; - Nous n' avons dans le Livre, rien manqué ; - puis, vers leur Seigneur ils seront rassemblés. » Hamidullah

 

8) « Il n'est bête [rampant] sur la terre ni oiseau volant de ses ailes qui ne forment des communautés semblables à vous. Nous n' avons rien omis dans l' Écrit. Puis vers leur Seigneur, ils seront rassemblés
 

9) « And there is no creature on [or within] the earth or bird that flies with its wings except [that they are] communities like you. We have not neglected in the Register a thing. Then unto their Lord they will be gathered. » Saheeh
 

«  although there is no beast that walks on earth and no bird that flies on its two wings which is not [God's] creature like yourselves: no single thing have We neglected in Our decree. And once again: Unto their Sustainer shall they [all] be gathered. » Asad
 

« all the creatures that crawl on the earth and those that fly with their wings are communities like yourselves. We have missed nothing out of the Record- in the end they will be gathered to their Lord. » Haleem
 

« There is no creature crawling on the earth or flying creature, flying on its wings, who are not communities just like yourselves — We have not omitted anything from the Book — then they will be gathered to their Lord. » Bewley
 

«  Any animal on the earth, or any bird who flies with its two wings in the sky, is a creature like you and will be resurrected [like you] to meet the Creator. As you see, nothing is left out in the Book. » Moeinian
 

« No creature is there crawling on the earth, no bird flying with its wings, but they are nations like unto yourselves. We have neglected nothing in the Book; then to their Lord they shall be mustered. » Arberry
 

10) « No hay animal en la tierra, ni ave que vuele con sus alas, que no constituyan comunidades como vosotros. No hemos descuidado nada en la Escritura . Luego, serán congregados hacia su Señor. » Cortés
 

« No hay criatura que camine en la tierra o vuele con sus dos alas que no forme una comunidad igual que vosotros. No hemos omitido nada en el Libro. Éstas [criaturas] también serán congregadas ante su Señor [el Día del Juicio].  » Asad, Pérez
 

Ce verset affirme bien une parenté entre les communautés animales et les communautés des hommes et le fait que les bêtes connaîtront la Résurrection au jour du jugement dernier comme les hommes. Asad et Pérez trouvent utile de le préciser : 

« Éstas [criaturas] también serán congregadas ante su Señor [el Día del Juicio]. »

comme Moeinian qui a voulu une traduction la plus accessible possible :

« Any animal on the earth, or any bird who flies with its two wings in the sky, is a creature like you and will be resurrected [like you] to meet the Creator.

Les autres traducteurs restant plus proches du texte coranique en se contentant de :

« ils seront rassemblés vers leur Seigneur. » Grosjean

« they will be gathered to their Lord. » Bewley


 

Axiome II

 

Cette âme nafs ou rouh est liée au sang

 

Scolie

 

Par l' axiome I nous savons que les bêtes ont une âme. Cette âme ( nafs ou rouh) leur permet de connaître Dieu :

XVI Sourate « Les abeilles » verset 49,50 :

« Tout animal et tout ange des cieux se prosternent sans orgueil devant Dieu. Ils craignent leur Seigneur  au-dessus d' eux et font ce qu' on leur ordonne.» Grosjean

« De même vers Dieu se prosterne tout ce qui est aux cieux et sur la terre ; de l' animal aux anges,(tous) abdiquent l' orgueil. » Berque

« Devant Allah, le tout des ciels et de la terre

se prosterne,

(Prosternation)

animaux et Messagers, ne s’enflent pas.

50. Ils craignent leur Rabb en ses hauteurs,

et font ce dont ils reçoivent l’ordre. » Chouraqui

 

Cette âme ( rouh ou nafs) est liée au corps, au sang, de ce fait il est interdit de manger toute bête qui n'aura pas été au préalable vidée de son sang, qui appartient à Dieu, puisque c'est par lui qu' il y a insufflé la vie :

Interdiction stipulée dans la Sourate V «  La table servie » verset 3 :

 

« Ne vous est permis ni bête morte, ni sang, ni chair de porc, ni ce qui est consacré à d' autres qu' à Dieu, ni bête étouffée ou assommée ou morte d'une chute ou d' un coup de corne ou dévorée par les fauves sauf si vous l' égorgez selon le rite ni ce qui est immolé sur les pierres dressées,». Grosjean

Vous trouverez les autres traductions de cerset dans la démonstration du théorème 6 plus bas.

Réitérée en termes quasiment identiques dans la sourate II, verset 173, la sourate VI, verset 145, la sourate XVI versets 115


 

Axiome III

 

En islam, s’agissant des nourritures, notamment de la chair des bêtes, entre le licite et l’illicite, c’est le licite qui est posé comme premier, la permissivité étant l’attitude de base des textes coraniques.

 

Axiome IV

 

Dieu a créé les les bêtes pour le bien des hommes

 

Scolie

 

Le coran proclame dans la sourate XVI «  Les abeilles » cette mise à disposition des bêtes au verset 5 à 8

 

1) « Il a créé les bêtes de somme dont vous tirez [ de quoi vous tenir] chaud et bien d' autres avantages et dont vous vous nourrissez.

Elles font plaisir à voir lorsque vous les ramenez[ le soir du pâturage] et lorsque vous les y menez ;

Elles portent des charges dans des pays que vous n' atteindriez qu' à grand peine, certes ton Seigneur est Compatissant et Très Miséricordieux

[ Il a créé ] les chevaux, les mulets et les ânes comme animaux de monte et d' apparat » Penot

 

2) « Pour vous, il crée les troupeaux

avec, par eux, vêture, services et nourritures.

6. Pour vous, que de beauté en eux,

quand ils reviennent au bercail

ou vont pâturer !

 

7. Ils transportent vos fardeaux dans les pays

que vous ne pourriez atteindre sans souffrance:

voici votre Rabb, suave, matriciel.

8. Le cheval, le mulet, l’âne

sont pour que vous les montiez ou pour la parade. » Chouraqui

 

3) « Il a créé pour vous les bestiaux.

Vous en retirez des vêtements chauds,

d' autres avantages encore

et vous vous en nourrissez.

Ils vous semblent beaux

quand vous les ramenez le soir

et quand vous partez le matin.

Ils portent vos fardeaux vers une contrée

que vous atteindriez qu' avec peine.

- Votre Seigneur est bon et miséricordieux -

Il a créé pour vous

les chevaux, les mulets et les ânes,

pour que vous les montiez et pour l' apparat. » Masson

 

4) « et les troupeaux, il les a créés pour vous, afin que vous en tiriez tiédeur, avantages, et que vous en mangiez

et qu'un beauté vôtre s' en dégage, quand vous les ramenez le soir, ou les pacagez

et qu' ils portent vos fardeaux en pays où vous ne parviendriez qu' à grand la beur des personnes…

- Comme votre Seigneur est Tendre, Miséricordieux !

- … et les chevaux, les mulets, les ânes pour les monter et pour l' apparat » Berque

 

5) «  Il a créé les bêtes pour vous : Elles vous fournissent chaleur, services et nourriture.

Et vous les trouvez belles quand vous les ramenez le soir ou les emmenez le matin.

Elles portent vos fardeaux à des pays que vous n' atteindriez qu' avec pêine.

Oui, votre Seigneur est bon, il a pitié.

Chevaux, mulets et ânes comme montures et comme apparat. » Grosjean

 

6) « Pour vous, il a créé les animaux dont les produits vous réchauffent, dont vous tirez maints profits, dont vous vous nourrissez,

[ et dont ] vous admirez la beauté quand ils rentrent le soir au bercail, et quand ils le quittent au matin pour la pâturage.

Ils transportent vos lourds bagages vers des contrées lointaines que vous ne pouvez [ sans eux ] atteindre qu' avec grand peine. En vérité, votre Seigneur est envers vous, Bienveillant et Miséricordieux !

[ Il vous a donné ] les chevaux, les mulets et les ânes pour servir de monture et pour l' apparat. » Bah

 

7) «  Et les bêtes, Il les a créées. En quoi il y a pour vous chaud vêtement et des utilités. Et vous en consommez.

Et quelle gloire pour vous quand vous les ramenez, le soir, et aussi le matin quand vous sortez paître !

Et elles portent vos charges vers un pays que vous n' atteindriez qu' avec un dur effort personnel. Vraiment votre Seigneur est doux, certes, miséricordieux.

Et les chevaux, et les mulets, et les ânes, pour que vous les montiez, - pour la parade aussi. » Hamidullah

 

8) « Les chameaux ont, par Lui, été créés pour vous. Pour vous s' y trouvent vêture et utilités et nourriture dont vous mangez ; pour vous ils sont orgueil quand vous revenez le soir ou partiez le matin ;

ils portent vos fardeaux vers une contrée que vous n' atteindriez qu' avec peine. En vérité, votre Seigneur est bienveillant et miséricordieux.

Il a créé le cheval, le mulet, l' âne pour que vous le montiez et comme apparat » Blachère

 

9) « And the grazing livestock He has created for you; in them is warmth and [numerous] benefits, and from them you eat.

And for you in them is [the enjoyment of] beauty when you bring them in [for the evening] and when you send them out [to pasture].

And they carry your loads to a land you could not have reached except with difficulty to yourselves. Indeed, your Lord is Kind and Merciful.

And [He created] the horses, mules and donkeys for you to ride and [as] adornment. » Saheeh

 

« And He creates cattle: you derive warmth from them, and [various other] uses; and from them you obtain food;

and you find beauty in them when you drive them home in the evenings and when you take them out to pasture in the mornings.

And they carry your loads to [many] a place which [otherwise] you would be unable to reach without great hardship to yourselves. Verily, your Sustainer is most compassionate, a dispenser of grace!

And (it is He who creates] horses and mules and asses for you to ride, as well as for [their] beauty:" Asad

 

« And livestock––He created them too. You derive warmth and other benefits from them: you get food from them;

you find beauty in them when you bring them home to rest and when you drive them out to pasture.

They carry your loads to lands you yourselves could not reach without great hardship––truly your Lord is kind and merciful––

horses, mules, and donkeys for you to ride and use for show, » Haleem

   

« And He created livestock. There is warmth for you in them, and various uses and some you eat.

And there is beauty in them for you in the evening when you bring them home and in the morning when you drive them out to graze.

They carry your loads to lands you would never reach except with great difficulty. Your Lord is All-Gentle, Most Merciful.

And horses, mules and donkeys both to ride and for adornment. » Bewley

 

« God is the One Who has created for you the cattle so that you eat their meat, wear their skin and take advantage of so many other benefit they offer you.

How pleasant it is for you to bring them back to the stable at night and take them to the pastures next day.

They carry your loads to the most difficult to reach places that otherwise you had to carry with the most pain. How kind and merciful of your Lord to have created them for you.

God has created horses, mules and donkeys so that you ride them and use for your entertainment. » Moeinian

 

« And the cattle -- He created them for you; in them is warmth, and uses various, and of them you eat,

and there is beauty in them for you, when you bring them home to rest and when you drive them forth abroad to pasture;

and they bear your loads unto a land that you never would reach, excepting with great distress. Surely your Lord is All-clement, All-compassionate.

And horses, and mules, and asses, for you to ride, and as an adornment; » Arberry

 

10) « 5. Y los rebaños los ha creado para vosotros. Hay en ellos abrigo y otras ventajas y os alimentáis de ellos.

6.

Disfrutáis viéndolos cuando los volvéis por la tarde o cuando los sacáis a pastar por la

mañana.

7.

Llevan vuestras cargas a países que no alcanzaríais sino con mucha pena. Vuestro Señor es, en verdad, manso, misericordioso.

8.

Y los caballos, los mulos, los asnos, para que os sirvan de montura y de ornato. » Cortés

 

« Y creó a los ganados, de los cuales obtenéis vuestros abrigos y otros beneficios y también de ellos os alimentáis.

Vosotros os regocijáis cuando los arreáis por la tarde y cuando los lleváis a pastar por la mañana.

Llevan vuestras cargas a lugares que vosotros no podríais llegar sino con mucha dificultad. Por cierto que vuestro Señor es Compasivo, Misericordioso.

Y [creó] los corceles, las mulas, los asnos como montura y para que os luzcáis con ellos. » Asad, Pérez

 

Comme on peut le constater ces versets évoquent une société où la rupture contemporaine entre l'homme et l' animal qui a conduit au désastre de l' élevage et de l' abattage industriel ne s 'est pas produite, où il n' y a pas pour le musulman un « mystère de l' animal » mais une familiarité avec lui qui lui fait comprendre son silence, ses blatèrements, ses meuglements, ses hennissements, ses braiments, ses bêlements, qui lui fait connaître chaque bête de son troupeau avec sa personnalité propre, sa capacité à mener ses congénères du fait de sa mémoire, de ce fait à ressentir une vraie amitié pour son âne, son mulet, son cheval, son chameau avec qui il partage sa vie de tous les jours et à le traiter comme tel. Bien sûr il y a de mauvais maîtres mais ainsi ils ne se conduisent pas en bons musulmans.

D' ailleurs les hadiths insistent sur la bienveillance de Mahomet vis à vis des bêtes :

 

1) D' abord des chameaux et des ânes :

Le Prophète passant près d’un chameau très émacié. Il dit : « Craignez Dieu à propos de ces animaux qui ne peuvent s’exprimer. Si vous les montez, faites-le de façon convenable [en les mettant en forme pour qu’ils puissent le faire aisément] et si vous les mangez, faites-le de façon convenable [en les nourrissant convenablement pour leur assurer une bonne santé]. » Abou Daoud

Une fois, le Prophète vit un chameau qui pleurait et poussait des gémissements. Il se dirigea vers lui et, arrivé à sa hauteur, Il lui caressa la tête et le tranquillisa jusqu’à ce qu’il cesse ses plaintes. Ensuite, Il alla trouver son propriétaire et lui dit : « Ne crains-tu pas Allah avec cette bête qu’Il t’a donnée. Ne peux-tu la traiter avec respect et décence !? Elle vient de se plaindre à moi non seulement du manque de nourriture que tu lui donnes mais aussi des trop lourds fardeaux que tu lui fais porter ou tirer ! » (Abou Dâwoud).

Le Prophète vit une fois un âne marqué sur le visage. Il désapprouva la chose et déclara : « Que Dieu maudisse celui qui l’a marqué ! » Il ordonna que l’âne fût marqué sur sa croupe, c’est-à-dire la partie la plus éloignée du visage. (Muslim)

2) Les chats et les chiens sont aussi l' objet de la bienveillance du prophète :

Le Prophète a décrit le châtiment d’une femme qui avait été envoyée en Enfer à cause de la façon dont elle avait traité une chatte. Elle l’avait enfermée sans la nourrir et avait refusé de la libérer pour qu’elle puisse se nourrir elle-même à l’extérieur. Sahih Al-Boukhari

 

« Alors qu’un homme cheminait, il fut pris d’une grande soif. Il trouva un puits dans lequel il descendit et but. Quand il en sortit, il vit un chien haletant qui mangeait de la boue sous l’effet de la soif. L’homme se dit : «  Ce chien est en proie à une soif semblable à celle que je viens d’éprouver il y a peu. » Il descendit alors dans le puits et remplit d’eau sa chaussure qu’il tint entre ses dents jusqu’à ce qu’il se hissât en dehors du puits. Ainsi, il donna à boire au chien. Dieu lui en fut reconnaissant de sorte qu’il lui pardonna, et le fit entrer au paradis. » Les compagnons du Prophète lui demandèrent (surpris) : « Ô Messager de Dieu, nous serions récompensés pour (avoir été compatissants envers) des animaux ? »  Le Prophète  dit : « Pour tout foie humide (c'est-à-dire tout être vivant), il y a une récompense.» (Al-Bukhârî, Muslim)

3) Les oiseaux mais aussi les fourmis :

Un jour, des enfants avaient attaché un oiseau vivant en le prenant pour cible. Ibn ‘Umar, disciple du Prophète, s’exclama : « Le Prophète  a maudit celui qui se sert comme cible de tout être vivant (attaché). » (Al-Bukhârî, Muslim)

«  Nous étions en voyage. Nous vîmes alors un oiseau avec ses deux petits. Nous prîmes les oisillons et leur mère se  mit à voler au-dessus de nos têtes. A ce moment arriva le Prophète  qui demanda : «  Qui a fait de la peine à cet oiseau en lui prenant ses petits ? Allez, rendez-lui ses enfants ! »  

 

Un autre jour, il apprit que des hommes avaient brûlé une fourmilière. Il demanda alors : «  Qui l’a brûlée ? » Ses compagnons répondirent: « Nous. » Il déclara : «  Il ne convient à personne de châtier par le feu, sinon le Maître du feu. » (Abû Dâwûd)

 

Même si je ne méconnais pas que sur presque 700.00 hadiths recueillis une très grande majorité sont sujets à caution, sont-ce les vrais paroles de Mahomet ?, ils n'en restent pas moins qu' ils constituent un bon témoignages de la religiosité des premiers musulmans, de leurs liens avec les bêtes, en accord avec ce qu' ils croyaient être la parole d' Allah.

 

 

Théorème 1

L’islam n’autorise la mise à mort des animaux que pour se nourrir et se défendre.


 

Théorème 2

Cette autorisation de tuer un animal pour se nourrir a pour condition d’en répandre le sang sur le sol afin de libérer son âme et de la rendre à son Créateur.

 

Démonstration

 

Puisque par l' axiome I nous savons que les bêtes ont une âme et par l' axiome II que cette âme réside dans le sang, le croyant à qui Dieu a mis les bêtes à sa disposition pour se nourrir, ne peut le faire qu' en vidant la bête de son sang, c'est-à-dire en rendant à Dieu l' âme de sa créature.


 

Théorème 3

 

Celui qui peut pratiquer l’abattage rituel n’est pas un religieux, ni un expert qualifié comme dans le judaïsme, mais tout homme adulte.
 

Démonstration

En effet l' Islam d' obédience sunnite majoritaire n' a pas de clergé au contraire de l' islam chiite. Donc tout homme adulte est en droit de pratiquer l' abattage rituel.


 

Théorème 4

L' abattage rituel, comme le sacrifice, sont des actes importants à exécuter de manière religieuse, qui de plus peuvent entraîner la souffrance des animaux, il n' est pas question qu' il soit pratiqué sans précaution
 

Démonstration :

Comme dans le judaïsme, la lame du couteau doit être bien aiguisée, hors de la présence de la victime. Il est aussi interdit de tuer une victime devant un autre animal vivant. L’animal doit être conduit avec douceur, on ne doit pas le tirer par une patte ni le cogner sur le sol en le couchant, ni l’immobiliser en mettant un pied sur son cou. Il faut vérifier qu' il soit bien mort avant de procéder à son dépècement.


 

Théorème 5

l’islam a conservé la pratique sacrificielle abolie depuis la destruction du temple de Jérusalem dans le judaïsme.
 

Démonstration

En effet l’islam commémore toujours le sacrifice offert à Dieu par Abraham de son fils changé au dernier moment en un agneau, lors de l’Aïd al-kebîr . A cette occasion, ceux qui en ont les moyens doivent sacrifier un mouton, dont la viande sera partagée en trois parts : une partie pour le sacrificateur et sa famille, une partie pour la famille, la dernière partie pour les pauvres. En France dorénavant des abattoirs sont désignés pour que le croyant musulman fasse rituellement égorgé son mouton dans les conditions d' hygiène les meilleures et de moindre souffrance pour les bêtes.


 

Théorème 6

 

Dans le coran, l’interdiction en ce qui concerne la nourriture et notamment la chair des bêtes ne concerne que ce qui est impur et nuisible, donc dangereux pour le musulman. Mais la nécessité permet d' abolir cette interdiction si la vie du croyant est mise en péril.

 

Démonstration

 

Nous avons vu par l' axiome III que la permission est le fondement du coran en ce qui concerne les nourritures, notamment la chair des bêtes, qui a été mise à la disposition des hommes pour vivre, donc dans le cas où la vie d' un croyant est menacée, il est plus facile dans l' Islam de surmonter en cas de péril, l' impureté et l' interdiction d' une nourriture.

 

Le verset V du Coran «  La table servie » énumère les interdictions que doit respecter le croyant dans le verset 3 :

1) « Vous sont interdites les chairs mortes[ c'est-à-sire:non sacrifiées] ainsi que le sang, la viande de porc, et tout ce qui a été immolé à un autre que Dieu ; la bête étouffée, la bête assommée, tuée dans une chute ou d' un coup de corne, ou encore [ à moitié] dévorée par un prédateur, exception faite de celles que vous avez sacrifiées [ à temps]. [ Il vous est également interdit de consommer] des bêtes sacrifiées sur les autels de pierre » Penot

2)« Vous sont interdits

la charogne, le sang, la viande de porc;

ce qui est immolé pour un autre qu’Allah;

l’étouffée, l’assommée, la culbutée, l’encornée;

celle que le fauve a dévorée,

sauf quand vous aurez pu l’immoler sur des stèles. » Chouraqui

 

3) « Voici ce qui vous est interdit :

La bête morte, le sang, la viande de porc ;

ce qui a été immolé à un autre que Dieu ;

la bête étouffée,

ou morte à la suite d' un coup,

ou morte d' une chute,

ou morte d' un coup de corne,

ou celle qu'un fauve a dévorée

-sauf si bous avez eu le temps de l' égorger -

ou celle qui a été immolée sur des pierres. » Masson

 

4) « - Illicites vous sont rendus : la chair morte, le sang, la viande de porc, celle sur laquelle fut prononcé un nom autre que celui de Dieu, la bête étouffée, ou morte sous un coup, ou d' une chute, ou d' un coup de corne, ou à demi mangée par les fauves, sauf si vous pouvez encore l' égorger ; et ce qui fut immolé devant des bétyles » Berque

 

5) « Ne vous est permis ni bête morte, ni sang, ni chair de porc, ni ce qui est consacré à d' autres qu' à Dieu, ni bête étouffée ou assommée ou morte d'une chute ou d' un coup de corne ou dévorée par les fauves sauf si vous l' égorgez selon le rite ni ce qui est immolé sur les pierres dressées,». Grosjean

6) « Il vous est formellement interdit de consommer la chair de la bête morte[non égorgée], le sang, la viande de porc, ou d'une bête immolée au nom d' une divinité autre qu' Allah, étouffée ou frappée à mort, et celle qui meurt à la suite d' une chute ou d'un coup de corne ; ou celle qu' un fauve a dévorée, à moins d' être égorgée, et enfin les animaux sacrifiés à des idoles. » Bah

 

7) «  Vous sont interdits la bête morte et le sang et la chair de porc, et ce sur quoi on a invoqué quoique ce soit d' autre que Dieu, et la bête étouffée et la bête morte assommée, ou morte d'une chute ou morte d' un coup de corne, et celle qu' une bête féroce a dévorée, - sauf celle que vous égorgez avant qu' elle soit morte, et qu' on a immolée sur les pierres dressées, » Hamidullah

 

8) « Illicites ont été déclarées pour vous[ la chair de] la bête morte, le sang, la chair du porc et de ce qui a été consacré à un autre qu' Allah, [ la chair de] la bête étouffée, [de] la bête tombée sous des coups, [de] la bête morte d'une chute [ou] d' un coup de corne, [ la chair de] ce que les fauves ont dévoré – sauf si vous l' avez purifiée -,[la chair de ] ce qui est égorgé devant les pierres dressées. Blachère

 

9) « Prohibited to you are dead animals, blood, the flesh of swine, and that which has been dedicated to other than Allah , and [those animals] killed by strangling or by a violent blow or by a head-long fall or by the goring of horns, and those from which a wild animal has eaten, except what you [are able to] slaughter [before its death], and those which are sacrificed on stone altars, » Saheeh

 

« FORBIDDEN to you is carrion, and blood, and the flesh of swine, and that over which any name other than God's has been invoked, and the animal that has been strangled, or beaten to death, or killed by a fall, or gored to death, or savaged by a beast of prey, save that which you [yourselves] may have slaughtered while it was still alive; and [forbidden to you is] all that has been slaughtered on idolatrous altars. » Asad

 

«  You are forbidden to eat carrion; blood; pig’s meat; any animal over which any name other than God’s has been invoked; any animal strangled, or victim of a violent blow or a fall, or gored or savaged by a beast of prey, unless you still slaughter it [in the correct manner]; or anything sacrificed on idolatrous altars. » Haleem

 

« Haram for you are carrion, blood and pork, and what has been consecrated to other than Allah, and animals which have been strangled, and animals which have been killed by a blow, and animals which have fallen to their death, and animals which have been gored, and animals which wild beasts have eaten — except those you are able to slaughter properly — and animals which have been sacrificed on alta, » Bewley

 

« Do not eat pork [as it is already strictly ordered in the Bible], blood, the meat of an animal died of itself (including strangled, struck by an object, fallen from a height, pierced by a sharp object, attacked by a wild animal—unless slaughtered by you before its death-- ) and animals sacrificed for other than God. It is also prohibited to you to eat of the meat which is distributed according to the pagan rituals. » Moeinian

 

« Forbidden to you are carrion, blood, the flesh of swine, what has been hallowed to other than God, the beast strangled; the beast beaten down, the beast fallen to death, the beast gored, and that devoured by beasts of prey - excepting that you have sacrificed duly -- as also things sacrificed to idols, » Arberry

 

10) « Os está vedada la carne mortecina, la sangre, la carne de cerdo, la de animal sobre el que se haya invocado un nombre diferente del de Dios, la de animal asfixiado o muerto a palos, de una caída, de una cornada, la del devorado parcialmente por las fieras -excepto si aún lo sacrificáis vosotros-, la del inmolado

en piedras erectas. » Cortés

 

« Se os ha prohibido [beneficiaros de] la carne del animal muerto por causa natural, la sangre, la carne de cerdo, la de todo animal que haya sido sacrificado invocando otro nombre que no sea el de Allah, la del animal muerto por asfixia, golpes, caída, cornada o matado por las fieras, a menos que haya sido herido por ellas y alcancéis a degollarlo [antes de que muera], y la del que ha sido inmolado en altares [para los ídolos]. » Asad,Pérez

 

 

Appendice

 

Si les musulmans refusent actuellement l’assommage des bestiaux, avant leur égorgement, (ce qui pose le problème de la souffrance des bêtes égorgées dans les abattoirs halal) c'est à cause de cette interdiction à eux faite de ne pas consommer de bête assommée, déjà morte : voir ci-dessus les traductions de Penot, Chouraqui, Grosjean, hamidullah, Blachère, Saheeh, Haleem, Bewley, Moeinian, Arberry, Cortés, Asad et Pérez.

Selon le judaïsme, les hommes ont d'abord été végétariens. C'est après le Déluge, avec Noé que Yahvé autorise ses fidèles à manger la chair des bêtes, mais en les vidant de leur sang auquel l' âme est liée et pour rappeler qu' elles sont ses créatures dont la vie doit toujours être respectée comme avant le déluge, même s' il a autorisé depuis leur consommation donc leur meurtre. Au contraire du christianisme qui n' a pas repris les interdits alimentaires et de consommation de viande édictés par le judaïsme, l' Islam s 'est réapproprié ces interdits comme celui de la non consommation de viande de porc, par exemple, ce qui montre la continuité entre le judaïsme et l' Islam et confirmerait la thèse d' une alliance entre la tribu de Quraych et la secte des judéo-nazaréens.

 

En islam, il n’y a pas de critères permettant de classer les bêtes en halâl, licite ou harâm, illicite. Selon les interprétations, en dehors du porc, des espèces peuvent être consommables ou interdites de consommation : cas du cheval, consommé dans certains pays islamiques et non dans d’autres, très souvent pour des critères culturels, civilisationnels plus que religieux.

Si la chair des carnivores ou des charognards est interdite à la consommation, tout ce qui vit dans l’eau, milieu considéré comme pur, est comestible et les poissons au sang froid, ne relèvent pas de l’abattage rituel.

Pour les musulmans, les animaux ont donc des droits mais ces droits ne peuvent être confondus avec les droits des hommes.

En effet, comme le dit Elisabeth de Fontenay dans un entretien :

 

« J'aime cette phrase du poète juif autrichien Erich Fried : « Un chien qui meurt et qui sait qu'il meurt comme un chien, et qui peut dire qu'il sait qu'il meurt comme un chien est un homme. » Nous appartenons à la nature, mais nous nous en émancipons et savons la regarder du dehors. Certains animaux s'en détachent aussi… mais dans des proportions infiniment moindres, de façon qualitativement différente. Il faut être continuiste, mais il faut aussi réserver son moment et sa place à l'émergence. »

Le tragique, dit le philosophe Lyotard, « c'est que « nous sommes nés à notre insu » : quand s'éveille notre conscience d'être vivant, tout est joué, il est trop tard. Or, ce tragique, il faut à tout prix et paradoxalement le protéger : sans lui, nous cesserions d'être humain »

« Les animaux connaissent autant, voire plus, que nous stress et angoisse. Mais il est vrai que seuls les hommes se demandent « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? » Ce questionnement a été rendu possible par le langage et l’histoire, qui constituent la singularité humaine. »

 

http://www.cles.com/debats-entretiens/article/notre-rapport-aux-animaux-reste-decouvrir

 

Il y a donc dans l' Islam la possibilité de passer un contrat nouveau avec les animaux domestiques, à condition de bien comprendre le verset 3 de la sourate V « La table servie » qui édicte quelles interdictions alimentaires le musulman doit respecter, par exemple dans la traduction de D. Masson qui rend les termes arabes du coran par :

«  (La bête) morte à la suite d' un coup »

ou de R. Blachère :

«  la bête tombée sous des coups, »

ou de A. Bewley :

«  animals which have been killed by a blow »

ou de Cortés :

« la de animal asfixiado o muerto a palos, »

et non par les seuls termes de « bête assommée », qui serait proscrite, d'autant que le coran nous révèle une société islamique où le lien entre l' animal domestique et l' homme n'était pas rompu. Et cela afin de leur éviter les épouvantables souffrances que leur inflige l' élevage industriel et l' abattage industriel, rituel ou non, qu' Elisabeth de Fontenay assimile à la shoah, puisque, si les bêtes sont différentes de nous elles ont en commun avec nous le même souffle de vie ( nafs ou rouh) insufflé par Allah qui en font des créatures capables de reconnaître sa miséricorde.


 

 

Dans le labyrinthe des versets du coran VI : L' Islam et les bêtes
Dans le labyrinthe des versets du coran VI : L' Islam et les bêtes
Tag(s) : #Islam, #Islamisme, #Religions

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