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Traité économique : partie II, le désastre des politiques de la demande
Traité économique : partie II, le désastre des politiques de la demande
Traité économique : partie II, le désastre des politiques de la demande
Traité économique : partie II, le désastre des politiques de la demande

Je remets en une cet article sur le désastre des politiques de la demande, parce que les dernières péripéties concernant la Grèce lui redonne, s' il en était besoin, toute sa pertinence : Pour les impatients je leur conseille d' aller directement au commentaire de l' axiome  IV, sur la pertinence d' une banqueroute en cas de dette publique trop élevée et particulièrement à la remarque N° 4 de Hume en lettres rouges dans le corps du texte ou bien de lire sa conclusion  que voici :

"grâce à Hume nous comprenons que notre fameuse politique de la demande nous a conduit à un endettement si massif que l'on ne peut s'en sortir qu'en sacrifiant le niveau de vie de la majorité de la population, ou bien par une banqueroute qui ne sacrifiera que les banques et les plus riches qui ont été les gros bénéficiaires de cette politique de la demande."

( C'est bien la position actuelle du FMI qui prône une annulation partielle voire complète de la dette Grecque, non "viable" .)

 

Je vous ai présenté dans un précédent article la première partie de mon traité économique :

 

http://www.autruchement-dit.com/2014/12/une-nouvelle-bouleversifinicative-les-inegalites-obscenes-dans-les-societes-des-pays-de-l-ocde-sont-un-frein-a-la-croissance.html

 

Voici aujourd'hui la deuxième partie qui concerne non plus les inégalités mais les politiques de croissance économique, essentiellement celle de la demande, inspirée par John Meynard Keynes et celle de l' offre inspirée par le libéralisme notamment par Jean-baptiste Say.

Comme il m' est apparu que cette seconde partie était substantielle je vous propose dans un premier temps les axiomes, théorèmes, démonstrations et scolies  qui se rapporte à l' échec massif de la politique de la demande :

 

 

 

Partie II : Politique de l' offre ou politique de la demande ?

 

D' après les axiomes I et II de la partie I, nous savons que :

1) La société parfaite est celle où l'égalité est parfaite entre les citoyens

2) La société à partir du moment où l'on ne peut changer l'homme ne peut être qu' inégalitaire.

 

D' où ce théorème n° 1 :

 

Le système économique de cette société imparfaite ne peut être que le système capitaliste.

 

Démonstration :

 

Ce système économique est celui qui prend en compte la nature de l'homme dont deux caractéristiques sont :

1) l'instinct de propriété.

2) Le désir de s' approprier le bien d' autrui.

 

Scolie I :

 

Observez ce jeune enfant au jardin d' enfants. Appelons-le Kévin. Il joue avec son porteur. Au bout d'un moment il s' en désintéresse parce qu' Il vient d' apercevoir un tricycle rouge qui a été délaissé par un autre gamin. Il se précipite et tente de monter dessus bien qu' il soit encore trop petit. Malgré ses échecs répétés, il persiste à vouloir s' emparer de cet engin nouveau pour lui. Lorsque le petit propriétaire ( Appelons-le Sylvain) du tricycle essaie de reprendre son bien, Kévin s' obstine à ne pas le lui rendre. La situation s'envenime ; le recours à la violence est imminent. Heureusement, Kévin s' aperçoit qu' un autre enfant est sur le point de s' éloigner avec son porteur ( Précisons qu 'il s' agit d'un porteur train). Aussitôt Kévin s' élance vers le malandrin qui veut s' approprier son bien. Sans ménagement il en reprend possession mettant en pleurs le garçonnet ( appelons-le Charles).

Nous pouvons conclure de cette saynète courante que l' instinct de propriété est chevillé au corps de nos chers bambins pour ne pas dire inné.

 

D' où ce théorème 2 :

 

Le capitalisme libéral qui permet dans une société démocratique à chaque individu de satisfaire ces deux instincts, celui de propriété et celui d' accaparer les biens d' autrui correspond au tréfonds de l' homme.

 

Corollaire n° 1 : L'homme est naturellement capitaliste.

 

Commentaire :

Tout autre système économique, du capitalisme d' état au communisme qui ne satisfait pas aussi bien, voire va à l' encontre de notre instinct de possession et d' accaparement du bien d'autrui, ne peut être que moins producteur de richesses et donc moins susceptibles de satisfaire les besoins premiers de tous.

La seule consolation est dans le système communiste que tout le monde est apparemment logé à la même enseigne, ne posséder rien, à part une nomenklatura qui sait parfaitement accaparer la propriété dite collective à son avantage.

 

Axiome I :

L'homme animal social, naturellement démocratique et capitaliste exige de la société qu' elle lui fournisse pour son travail la satisfaction de ses biens premiers et au-là, peu lui importe le modèle de développement économique choisi par le gouvernement qu' il a élu pourvu qu' il remplisse cet objectif et au-là.

 

D' où nous l'avons vu dans les parties II et V de notre « traité politique » ses attentes toujours déçues qui font de la démocratie un jeu de massacres de nos gouvernements. http://latina.jeanpierre.perso.neuf.fr/page14.html

 

Axiome II :

Dans la société capitaliste libérale deux politiques de développement économique sont possibles : La politique de la demande autrement nommée politique keynésienne et la politique de l' offre, autrement nommée politique libérale.

 

Définition n° 1 :

 

La politique de la demande, d'inspiration keynésienne vise à augmenter la demande en accroissant les investissements publics et la consommation du secteur public, , sans s' inquiéter d'un déficit budgétaire dont on pense qu' il se résorbera de lui-même grâce à la croissance relancée et en favorisant la consommation privée, au moyen d’une d'une baisse des impôts et de taux d' intérêts les plus bas possibles, sans s' inquiéter d'une flambée des prix, autrement dit de l'inflation.

 

Définition n° 2 :

 

La politique de l' offre affirme au contraire de la politique de la demande que c'est l'offre, la production des entreprises qui entraîne la consommation des ménages, la demande, que c'est elle qu'il faut favoriser pour relancer la croissance de l'économie. Il s'agit de pratiquer une politique favorable aux entreprises par la baisse des cotisations sociales, des impôts et par une plus grande flexibilité du marché du travail, notamment en facilitant les licenciements selon l' axiome suivant :

 

Axiome III :

Ce sont les licenciements d' aujourd'hui qui sont les embauches de demain.

 

Commentaire :

Plus il est facile à un chef d' entreprise de licencier plus il aura recours facilement à l' embauche, autrement dit à la création d' emplois une fois la croissance revenue et son carnet de commandes rempli.

C' est enfoncer une porte ouverte mais cette porte ouverte est en fait claquemurée en France.

 

 

 

Scolie n° III :

La politique de l' offre repose sur La « loi des débouchés » du grand économiste Jean-Baptiste Say, autrement nommée « Loi de Say », qu' il présente dans le livre I, au chapitre XV: « Des débouchés », de son Traité d'économie politique (1803) :

1) « c’est la production qui ouvre des débouchés aux produits » ;

2) « l’achat d’un produit ne peut être fait qu’avec la valeur d’un autre » ;

3) « un produit terminé offre, dès cet instant, un débouché à d’autres produits pour tout le montant de sa valeur. »

Autrement dit :

« Toute offre crée sa propre demande » et donc « on ne dépense jamais que l'argent qu'on a gagné »

Théorème 3 :

Comme la force des citoyens en démocratie est plus grande que celle des gouvernements élus par eux la politique de la demande est systématiquement privilégiée par les gouvernements, voir la partie IV « La forces des citoyens en démocratie » et la partie V, « Du mécontentement généralisé en démocratie » de mon traité politique. http://latina.jeanpierre.perso.neuf.fr/page14.html

 

Démonstration :

 

Dans la démocratie, Le discrédit du personnel politique est généralisé, Le discrédit de l'action politique est généralisé, Le discrédit des partis politiques est généralisé. Toute politique ne se donnant par pour but la satisfaction des exigences des citoyens, d' avoir toujours plus d'avantages, notamment de travailler moins pour gagner plus, ne peut que provoquer un mécontentement généralisé et mettre les citoyens dans la rue. Une fois que le dentifrice est sorti de son tube il est avéré qu' il est extrêmement difficile de le rentrer dans son tube. Une fois le peuple dans la rue il est difficile de le faire rentrer chez lui. Par conséquent il faut à tout prix satisfaire les exigences de ces dizaines de millions de mécontents. Le moyen est de faire payer à quelques centaines de milliers d'entreprises le coût de ces exigences. C'est ce que l' on appelle la politique de la demande justement ainsi nommée puisqu' elle correspond à la demande de ces dizaines de millions de mécontents et aussi à la demande de la secte des économistes keynésiens qui préfère les vérités d' un temps, d'un aristocratique économiste anglais à celles d' un savant économiste banalement français J-B Say, vérifiant une fois de plus l' adage, que nul n'est prophète en son pays, les anglais ayant abandonné la politique keynésienne de la demande avec Mrs. Thatcher tandis que les français ne se décident toujours pas à abandonner la sus-dite.

C.QF.D.

 

Théorème 4 :

 

Pour pratiquer la politique de la demande, il est indispensable de recourir à la planche à billet, autrement dit la politique de Quantitative easing, d' assouplissement quantitatif.

 

Démonstration:

La politique de quantitative easing est l' apanage des banques centrales avec la bénédiction des gouvernements. Elles pratiquent à grande échelle la création de monnaie et pensent comme leur gouvernement que celle-ci est une réussite du fait de la hausse du prix des actions. Elles pensent que cette hausse est le signe de la reprise de la croissance sans voir qu' elles ne provoquent qu' une bulle dont la vocation est d'éclater et que l' écart des inégalités entre les 0,01 % les plus riches toujours plus riches et tout le reste la population, se creuse.

En effet, ce fameux « effet richesse » de cette augmentation du prix des actions qui ne correspond pas à une réelle croissance de la productivité et donc de la richesse, qui permet aux riches de moins épargner, de plus s'endetter n'a pour conséquence par exemple dans l'immobilier que la création de bulles qui ont vocation à exploser.

Erreur qui vient qu' intoxiquées par la pensée Keynésienne largement dépassée ces banques centrales pensent que c'est en stimulant la consommation que l'on stimule la croissance de la production, alors qu'elles devraient en revenir à la pensée ante-keynésienne de J-B Say et ses continuateurs contemporains qui certes, o horreur pour la France sont des libéraux qui pensent que c'est la production qui détermine la demande.

C'est l'accroissement des investissements dans le processus de production qui aboutit à l'accroissement de la productivité du travail qui stimule la croissance, parce que au lieu d’acheter des produits toujours plus chers nous pouvons acheter des produits de moins en moins chers, grâce à l' innovation rendue possible par ces investissements. Si nous devions payer le prix de nos automobiles aux prix d'avant-guerre, certes, les problèmes de thrombose des villes seraient résolus comme celui des rejets de gaz carbonique parce qu' elles resteraient inaccessibles à la majeure partie de la population.

Une amélioration de notre vie dépend non pas d'une politique de la demande mais d' une offre de plus en plus riche, diversifiée et bon marché qui ne peut exister sans des investissements importants dans la production. Donc la tâche de tout gouvernement est de faciliter le développement de l'offre.

Par exemple dans l'immobilier non pas pratiquer comme en France une politique de la demande qui contribue à l'augmentation de l'immobilier et à le rendre inaccessible mais une politique de l'offre, de facilitation des investissements dans le processus de production de logements les rendant de plus en plus bon marché par une rationalisation, une standardisation et de strict contrôle du prix des terrains pour ne pas permettre aux propriétaires de ceux-ci d’empocher tout les bénéfices de l'augmentation de la productivité dans la construction comme aujourd'hui ils empochent tous les bénéfices de cette politique de stimulation de la demande par toutes sortes d'avantages qui apparemment bénéficient aux accédants à la propriété mais en réalité aux propriétaires, aux rentiers.


Théorème 5 :

La politique de la demande ne permet pas de rembourser la dette de nos états.

 

Démonstration :

 

En effet cette politique de la demande ne permet pas de résorber les déficits budgétaires puisqu' elle correspond à une constante hausse des dépenses de l' état dont les déficits en hausse ou mal contenus sont financés par l'emprunt qui alourdit la charge de la dette.

On a beau distribuer du pouvoir d'achat soit sous forme d'augmentations de salaires soit indirectement en réaménageant les tranches d'imposition pour faire sortir de l' impôt les bas revenus, la croissance reste atone en tous cas nettement insuffisante notamment en France pour réduire le chômage par une relance de la croissance,

Ce qui souligne l'échec de cette politique keynésienne de la demande, à quoi la France mais pas seulement est droguée et qui est encore le paradigme des économistes altérés qui ont soif d'inflation, pensant que c'est par elle que tous les maux seront vaincus.

Au fond si nous les comprenons bien, ce qu'il nous faut c'est un euro faible et une inflation notable au moins de 4 à 5 % annuelle !

C' était proprement la situation de la France sous la quatrième république avec sa course prix/salaires toujours perdus par les salaires et une compétitivité toujours plus faible sur les marchés extérieurs, conduisant au creusement du déficit commercial et in fine à une dévaluation pour retrouver un peu de compétitivité en attendant qu'en quelques mois l'inflation repartit de plus belle ne force du fait des déficits commerciaux réapparus à une nouvelle dévaluation pour retrouver cette compétitivité perdue.

Funeste situation que regrette toutes ces personnes si bien intentionnées, qui grâce à cette inflation et par le jeu de leurs prêts étaient les gagnants de cette conjoncture qui ne profitait qu' aux « forts », les entreprises qui s'évitaient toute politique d'investissement, en attendant la prochaine dévaluation leur rendant artificiellement leur compétitivité; les banques qui pouvaient prêter sans compter, leur endettement se réduisant avec l'inflation mécaniquement et leurs prêts étant fort rémunérateurs en arguant de cette réduction mécanique des prêts auprès de leurs emprunteurs; et bien entendu ceux capables de s'endetter.

D'où ces trois aphorismes passant pour paroles d'évangile ou sourates du saint coran : 

1) C'est en distribuant du pouvoir d'achat que l'on ouvre des débouchés à un produit

2) L' achat d'un produit ne peut être fait que par ce pouvoir d'achat augmenté

3) Un produit ainsi acheté offre immédiatement la possibilité de l'achat d'un autre produit 

(D'où l' ingénieuse idée des nos grandes entreprises de programmer l' obsolescence de ce produit pour en produire un autre à l'obsolescence programmée) 

Or ce système ne marche pas.

Pourquoi faut-il que les banques centrales injectent des milliards de milliards d'euros ou de $ pour que la production ne stagne pas ou pour que la croissance reparte mais ténue, du point de vue de la baisse du chômage, fragile par la multiplication des salariés pauvres et la richesse toujours plus grande et insolente des non pas 1 % les plus riches mais des 0,1 % les plus riches. 

Pour corriger cette anomalie qui devient insupportable Thomas Piketty a répondu en proposant une correction à cet état de fait si scandaleux qu' il en devient obscène, un impôt mondial sur la fortune. Voir mon article :


 

http://www.autruchement-dit.com/2014/05/sauvons-les-riches-du-monde-entier-adoptons-un-impot-progressif-mondial-sur-le-capital.html


 

Mais ne faut-il pas plutôt revenir à J-B Say, à une politique de l'offre caractérisée par cette loi déjà citée plus haut que l'on peut énoncer en trois éléments :


 

1) « C'est la production qui ouvre des débouchés »

2) « L'achat d'un produit ne peut être fait qu'avec la valeur d'un autre »

3) « Un produit terminé offre, dès cet instant, un débouché à d'autres produits pour tout le montant de sa valeur. »


 

http://www.autruchement-dit.com/2014/07/vers-une-banqueroute-necessaire-puisqu-elle-est-deja-la-en-ce-qui-concerne-l-action-du-gouvernement-hollande.html

 

Parce que « toute offre crée sa propre demande » autrement dit « on ne dépense jamais que l'argent qu'on a gagné » en produisant un produit qui crée une richesse qui permet d'acheter un autre produit et ainsi de suite. La production n'étant pas un soufflet au fromage que l'on partage mais une boule de neige qui ne cesse de grossir au fur et à mesure de la croissance de la production autrement dit de la création de richesse.


Théorème 7 :  

Le débat n'est plus entre politique de l'offre ou politique de la demande, celle-ci n'aboutissant qu' au chômage de masse, à l' accroissement des inégalités et à l'endettement massif des états mais de savoir quelle type de politique de l'offre adopter.

 

Démonstration :

Étant entendu que l' augmentation de la population mondiale au-delà des 9 milliards d'habitants d'ici quelques décennies ne permettra pas une croissance forte comme celle issue de la révolution industrielle fondée sur l'utilisation massive des énergies fossiles et le recours sans cesse accru aux minerais, aujourd'hui aux minerais précieux comme le platine non plus pour la bijouterie mais pour l'industrie électronique par exemple, et aux terres rares, qui comme leur nom l'indique sont rares, du fait

1) que ces ressources si elles étaient utilisées en totalité, par exemple celles du charbon ou du pétrole, feraient de notre planète un cloaque invivable avec la réduction de la biodiversité, l'empoissonnement de nos océans et de notre atmosphère par le gaz carbonique et les gaz à effet de serre,

2) ou bien, parce qu'elles sont en voie de rapide épuisement comme les terres rares.


 

Scolie n° IV :


 

Nous sommes devant un échec massif de la politique de la demande, même s'il semble que la reprise soit là aux USA grâce à la susdite politique. En effet cette politique ne permet plus de reprise forte de la croissance et s'accompagne d'un endettement dont il paraît évident qu' il a atteint des niveaux tels qu'il est impossible d'envisager qu'il soit possible de le résorber même, cas de la Grèce, en réduisant de manière très grande le niveau de vie de l'ensemble de la population.

Par exemple la dette publique brute de la France a augmenté de 45,5 milliards d'euros entre le dernier trimestre 2013 et le premier trimestre 2014, pour atteindre 1985,9 milliards d'euros à fin mars, a annoncé l'Insee aujourd'hui.

 

La dette publique brute, calculée selon les critères du traité de Maastricht, représente 93,6% du produit intérieur brut de la France (PIB), en hausse de 1,8 point par rapport au quatrième trimestre 2013, précise l'Institut national de la statistique et des études économiques dans un communiqué.

 

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement avait déjà annoncé que la dette publique de la France monterait jusqu'à 95,1% du PIB cette année et ne refluerait pas avant 2016.

 

Pour le premier trimestre, c'est la contribution de l' État à la dette qui représente la plus grande augmentation (+43,3 milliards d'euros). Vient ensuite la contribution des administrations de sécurité sociale (+4,6 milliards) alors que la contribution des administrations publiques locales, au contraire, baisse de 2,1 milliards d'euros.

 

Ce qui amènera plus bas, à reprendre les propos de Hume cités dans un article de Gaspard Koenig qui est Président du think-tank GenerationLibre.
 

https://moodle.polymtl.ca/pluginfile.php/84591/mod_page/content/44/Epuisement_Ressources_Minerales_2012.pdf

 

http://www.autruchement-dit.com/2014/11/l-argent-n-est-que-la-voiture-des-produits-j-b-say.html

 

 

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2014/04/07/31007-20140407ARTFIG00084-dette-publique-la-banqueroute-ou-la-mort.php

 

Axiome n° IV :

La banqueroute souventes fois pratiquée par les états depuis le XVII° siècle pour se débarrasser d'une dette devenue insoutenable est une solution qui aujourd'hui ne semble plus adéquate.

 

Commentaire :

En effet, les états préfèrent aujourd'hui la politique de quantitative easing dont ils croient qu' elle peut les sortir de l'ornière de la dette par l'inflation dont ils pensent qu' elle réduira mécaniquement le poids de cette dette en permettant de la rembourser en monnaie de singe alors qu' elle a été contractée en monnaie sonnante et trébuchante.

Hume met en évidence cette attitude dans son essai de 1752 «  Of Public Credit », « Du Crédit Publique » :

 

« 1) « IT appears to have been the common practice of antiquity, to make provision, during peace, for the necessities of war, and to hoard up treasures before-hand, as the instruments either of conquest or defence; without trusting to extraordinary impositions, much less to borrowing, in times of disorder and confusion » 

« Cela semble avoir été une pratique commune dans l' Antiquité que de pourvoir, en temps de paix, aux nécessités de la guerre, et d'accumuler par avance des richesses pouvant être utiles à la défense ou à l'attaque, sans compter sur la levée d'impôts extraordinaires, ni moins encore sur l'emprunt, dans des périodes de troubles ou de confusion »

 

2) « On the contrary, our modern expedient, which has become very general, is to mortgage the public revenues, and to trust that posterity will pay off the incumbrances contracted by their ancestors: And they, having before their eyes, so good an example of their wise fathers, have the same prudent reliance on their posterity; who, at last, from necessity more than choice, are obliged to place the same confidence in a new posterity.

 

« Au contraire, notre moderne expédient est d'hypothéquer les revenus publics et de compter sur la postérité pour payer les dettes contractées par ses ancêtres, et cette postérité, ayant sous les yeux le si bon exemple de leurs sages pères, a la même confiance prudente en sa postérité qui, finalement, plus par nécessité que par choix, est obligée de placer la même confiance en une nouvelle postérité»

 

3) « It is very tempting to a minister to employ such an expedient, as enables him to make a great figure during his administration, without overburthening the people with taxes, or exciting any immediate clamours against himself. The practice, therefore, of contracting debt will almost infallibly be abused, in every government. » 

« La tentation est grande pour un ministre de se servir d'un expédient qui lui permette de faire bonne figure tant qu'il est aux affaires, sans accabler le peuple d'impôts ni d'exciter aussitôt contre lui ses clameurs. L' abus de la pratique de l'endettement est donc presque inévitable dans tout gouvernement. » .

Nous l' avons vu c'est un des mal-fonctionnement de la démocratie que d'évoluer vers une gestion démagogique des finances.

( Partie IV : La force des citoyens en démocratie, Lois n° 5 et 6 de mon traité politique)

 

http://fr.calameo.com/read/000195935c7a3c2e5eed7

 

 

4) « Thirdly, The taxes, which are levied to pay the interests of these debts, are apt either to heighten the price of labour, or be an oppression on the poorer sort. »

 

«  Troisièmement, «Les taxes qui sont levées pour payer l'intérêt de ces dettes ont tendance à élever le prix du travail ou à opprimer les plus démunis» .

 

C'est bien le cas de la Grèce, du Portugal aujourd'hui.

 

5) « Fourthly, As foreigners possess a great share of our national funds, they render the public, in a manner, tributary to them, and may in time occasion the transport of our people and our industry. »

 

 

« Quatrièmement, comme les étrangers possèdent une grande partie de nos fonds nationaux (aujourd'hui, 2/3 de la dette française est détenue par des capitaux étrangers), l' État devient en quelque sorte tributaires d'eux, et cela peut avec le temps, occasionner le transfert de notre population et de notre industrie. »

 

6) «  Fifthly, The greater part of the public stock being always in the hands of idle people, who live on their revenue, our funds, in that view, give great encouragement to an useless and unactive life. »

 

«  Cinquièmement, comme la plus grande partie de nos fonds publics se trouvent dans les mains de gens oisifs qui vivent de leurs revenus, ils constituent, de ce point de vue, la récompense de l'oisiveté et de l'inaction. »

 

Rappelons pour mémoire que l' en cours total des assurances vie est de 1 400 milliards d' € à comparer avec la dette de la France : 1 800 milliards d' €, placées massivement en bons du Trésor qui favorisent une épargne improductive au moment où nos petites entreprises ont un besoin important de financement avec la reprise qui s'annonce, « heureusement » pas en France ce qui atténue le problème de cette épargne peu favorable à la création de richesses.

 

7) «  We have always found, where a government has mortgaged all its revenues, that it necessarily sinks into a state of languor, inactivity, and impotence. »

 

«On s'aperçoit toujours qu'un gouvernement qui a hypothéqué tous ses revenus sombre nécessairement dans un état de langueur, d'inactivité et d'impuissance».

Cela ressemble bien à la situation de la France aujourd'hui.

 

 

8) « We all own, that the most sanguine imagination cannot hope, either that this or any future ministry will be possessed of such rigid and steady frugality, as to make a considerable progress in the payment of our debts; or that the situation of foreign affairs will, for any long time, allow them leisure and tranquillity for such an undertaking. »

 

« Convenons que même les esprits les plus imaginatifs ne sauraient se flatter qu'un gouvernement, présent ou futur, puisse manifester une frugalité assez stricte et assez constante pour progresser rapidement vers l'acquittement de nos dettes ; ni que les affaires étrangères ne lui laissent assez de loisir et de tranquillité pour mener à bien une telle entreprise. »

Encore une fois, n'est-ce pas exactement le cas de la situation de la France aujourd'hui où le gouvernement se révèle incapable de réduiore le trai,n de vie de l' État.

 

9) «  What then is to become of us? »

It must, indeed, be one of these two events; either the nation must destroy public credit, or public credit will destroy the nation. »

 

« Qu'adviendra-t-il de nous ?

Il n'est point trop difficile de deviner qu'elle en sera la suite.. Ce ne peut être que l'une de ces deux conséquences : soit la nation détruira le crédit public, soit le crédit public détruira la nation. »

On en est presque là avec la Grèce et pas loin avec le Portugal et l' Espagne.

 

 

10) « Let the time come (and surely it will come) when the new funds, created for the exigencies of the year, are not subscribed to, and raise not the money projected. Suppose, either that the cash of the nation is exhausted; or that our faith, which has hitherto been so ample, begins to fail us. »

 

« Admettons que vienne le temps ( et il viendra certainement) où les emprunts nouvellement créés pour les besoins de l'année ne trouvent pas de souscripteurs et ne rapportent pas les sommes prévues. Supposons que la nation voie ses coffres se vider ou que la confiance, jusque alors si grande, commence à manquer. »

...

«  What must a prince or minister do in such an emergence? The right of self-preservation is unalienable in every individual, much more in every community. And the folly of our statesmen must then be greater than the folly of those who first contracted debt, or, what is more, than that of those who trusted, or continue to trust this security, if these statesmen have the means of safety in their hands, and do not employ them. The funds, created and mortgaged, will, by that time, bring in a large yearly revenue, sufficient for the defence and security of the nation: Money is perhaps lying in the exchequer, ready for the discharge of the quarterly interest: Necessity calls, fear urges, reason exhorts, compassion alone exclaims: The money will immediately be seized for the current service, under the most solemn protestations, perhaps, of being immediately replaced. But no more is requisite. The whole fabric, already tottering, falls to the ground, and buries thousands in its ruins. And this, I think, may be called the natural death of public credit: For to this period it tends as naturally as an animal body to its dissolution and destruction. »

 

« Que doit faire un prince ou un ministre face à une telle extrémité ? Le droit à la préservation de soi est inaliénable pour tout individu, à plus forte raison pour toute communauté. Et nos ministres seraient plus fous que ceux qui contractèrent les premières dettes, et plus fous encore que ceux qui crurent ou ont continué de croire à de telles garanties, si ayant entre les mains les moyens de secourir l'État, ils ne les employaient pas. Les fonds créés et hypothéqués produisent alors un gros revenu annuel qui suffirait, pensent-ils, à la défense et à la sécurité de la nation. Il y a peut-être de l'argent dans les coffres de l' Échiquier, prêt à être versé pour payer l'intérêt trimestriel: la nécessité le demande, la crainte l'exige, ma raison l'ordonne ; la compassion seule se récrie. L'argent est immédiatement saisi pour le service courant de l' État, avec l' assurance qu'on le remplacera aussitôt. Mais il n'en faut pas davantage. L'édifice complet, déjà chancelant, s'effondre, ensevelissant des milliers d'hommes sous ses ruines. Voilà, je crois, ce qu'il est permis d'appeler la mort naturelle du crédit public : car il tend à ce dénouement aussi naturellement qu'un corps animal tend à la dissolution et à sa destruction. »

 

11) «  So great dupes are the generality of mankind, that, notwithstanding such a violent shock to public credit, as a voluntary bankruptcy in ENGLAND would occasion, it would not probably be long ere credit would again revive in as flourishing a condition as before. »

 

« Le gros des hommes est si dupe que malgré le violent ébranlement qu'une banqueroute volontaire ferait subir au crédit public en Angleterre, il ne faudrait sans doute pas longtemps avant que le crédit y renaisse et y fleurisse comme auparavant. »

 

12) «  The public is a debtor, whom no man can oblige to pay. The only check which the creditors have upon her, is the interest of preserving credit;

 

« L'État est un débiteur que nul ne peut forcer à payer. La seule garantie que possèdent ses créanciers est l'intérêt qu'il a de préserver son crédit. »

 

13) «  These two events, supposed above, are calamitous, but not the most calamitous. Thousands are thereby sacrificed to the safety of millions. But we are not without danger, that the contrary event may take place, and that millions may be sacrificed for ever to the temporary safety of thousands. »

 

«  Quelques calamiteuses que soient les deux hypothèses envisagées plus haut, ce ne sont pas les plus calamiteuses de toutes : mille hommes sont sacrifiés pour en sauver des millions. Mais ne risquons-nous pas que l'événement contraire se produise, et que des millions d'hommes soient sacrifiés pour le salut temporaire de quelques milliers ? »

 

N'est-ce point ce qui s'est produit en Grèce, où le choix a été fait de sauver les banques et de faire payer la population. N'est-ce point ce qui est fait en Europe avec les politiques de réduction des dépenses de l' État pour essayer de réduire la dette publique, ce qui plonge les pays dans la récession et accroît le chômage ?

 

Hume avance donc une solution radicale, fondée sur l'idée que, en matière d'endettement, aucun remède ne peut être pire que le mal, que c'est aux rentiers, aux prêteurs, aux banquiers, aux financiers qui ont prêté à des taux de plus en plus élevés en fermant les yeux sur les risques encourus »,(par eux en toute connaissance de cause ) « sachant que leur pression leur permettrait d'échapper aux conséquences de ce que Hume appelle leur folie qu'il appartient de payer la dette par une banqueroute, ; c'est-à-dire en ne les remboursant pas ou à demi ou au quart ou pas du tout ou en rééchelonnant les remboursements si possible ad vitam aeternam! Outil dévastateur, mais seul à même de remettre les comptes à zéro, et de redonner une impulsion au pays. Il faut ruiner les rentiers pour sauver la jeunesse: «des milliers d'hommes sont ainsi sacrifiés pour en sauver des millions». »Thousands are thereby sacrificed to the safety of millions. »

 

On a plutôt le sentiment aujourd'hui que c'est l'inverse qui a été choisi comme modèle de remboursement de la dette, que des millions payent pour sauver mille hommes, millions are sacrified to the safety of thousands.

 

Pourtant il apparaît évident que l'endettement public est tellement énorme que l'on ne voit pas comment sans banqueroute il est possible de s'en débarrasser.

Reportez-vous au compteur de la dette publique dans le monde en suivant ce lien

 

http://science-economique.com/concepts-economiques/finance/deficit-dette/compteur-de-la-dette-publique-mondiale-et-par-pays-692

 

http://www.econlib.org/library/LFBooks/Hume/hmMPL32.html

 

Résumons : grâce à Hume nous comprenons que notre fameuse politique de la demande nous a conduit à un endettement si massif que l'on ne peut s'en sortir qu'en sacrifiant le niveau de vie de la majorité de la population, ou bien par une banqueroute qui ne sacrifiera que les banques et les plus riches qui ont été les gros bénéficiaires de cette politique de la demande.

 

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Traité économique : partie II, le désastre des politiques de la demande
Traité économique : partie II, le désastre des politiques de la demande
Tag(s) : #Chomage, #Dette, #Hollande, #Libéralisme, #Traité économique, #Grèce

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