Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Tout licenciement peut être assimilé à un attentat contre le salarié. Traité économique : Partie III, Les politiques de l' emploi. Le chômage de masse n'est pas une fatalité.

Voici la troisième partie de mon traité économique qui traite des politiques de l' emploi :

 

 

Partie III :

Les politiques de l' emploi


 

Axiome I :

Le licenciement d' un salarié peut-être assimilé à un attentat terroriste.


 

Théorème 1 :

L' interdiction du licenciement ou les freins administratifs au licenciement ne sont pas le moyen d' empêcher cet attentat.


 

Démonstration :


 

En France l' interdiction du licenciement ou les freins administratifs au licenciement n' ont absolument pas empêché la montée inexorable des licenciements et le chômage de masse faisant la démonstration de l' inanité de ces moyens de lutte contre lui.

C.Q.F.D.


 

Axiome II :


 

Puisqu'il est vain de prévenir les attentats que constituent les licenciements, il faut les traiter pour les transformer en un espoir de retrouver le plus vite possible un emploi par un traitement global prenant en charge la victime de cet attentat à tous les points de vue psychologique, financier, fiscal, administratif et par la formation à un nouvel emploi.


 

Axiome III :

Un bonne politique de lutte contre cet attentat que constitue un licenciement n'est pas de chercher à ne faciliter la création que d'un seul type d'emploi, l'emploi à temps complet, mais tous les types d' emploi, de l' emploi partiel autrement nommé « petit boulot », à l' emploi moyen pour finir par l'emploi complet dont les petits et moyens emplois à temps plus ou moins partiels sont une porte d' entrée vers cet emploi à temps complet.


 

Axiome IV:

Les C.D.I. contrat à durée indéterminée doivent être remplacés par un seul type de contrat à durée déterminé avec des droits pour le salarié qui augmentent avec la durée du contrat et qui sont reportables sur le contrat suivant.

La « ... protection excessive du CDI ... se traduit par une précarisation de tous les autres » types de contrat. Jean Tirole prix Nobel d' économie


 

Théorème 2 :

Les cotisations sociales doivent être remplacées par une taxe sur les licenciements


 

Démonstration


 

« "Il ne s'agit pas de rajouter une taxe, mais de rééquilibrer. Aujourd'hui, l'entreprise qui licencie va payer des indemnités de licenciement aux salariés, mais ne va pas payer le coût pour les assurances sociales du licenciement."

Jean Tirole.

D' où la difficulté de prendre en charge globalement le chômeur par manque de moyens financiers et la fausse sécurité que constituent ces indemnités de licenciements aux salariés qui auront tendance à ne pas se mobiliser immédiatement pour retrouver un emploi d' autant plus qu' il viennent de subir le traumatisme que constitue cet attentat qu' est leur licenciement et ce d' autant plus grave que leur ancienneté était grande dans leur entreprise.

C.Q.F.D.


 

Théorème 3 :

Il est urgent pour le patronat comme pour les syndicats de quitter le terrain marécageux de la lutte des classes pour celui de la coopération des classes


 

Démonstration :


 

C'est la croyance d'une nocivité intrinsèque de la ville, de l'industrie voir scolie 3 de la partie II et la démonstration du théorème 4 plus bas qui explique comment la vision marxiste de la société a pu s'imposer avec la lutte des classes au sein de l'usine, de l'entreprise, entre les capitalistes, exploiteurs et dans leur essence mauvais et les ouvriers, le prolétariat porteur de la vérité de l'histoire et de sa fin, de son apothéose avec la venue de la société sans classes ; en contradiction avec la notion de corps social et de coopération des classes pourtant plus en accord avec la pensée d'une terre qui ne ment pas dont nous voyons la traduction dans la fable d'Esope « l' estomac et les pieds » :

« L'estomac et les pieds disputaient de leur force. A tout propos les pieds alléguaient qu'ils

étaient tellement supérieurs en force qu'ils portaient même l'estomac. A quoi celui-ci répondit:

«Mais, mes amis, si je ne vous fournissais pas de nourriture, vous-mêmes ne pourriez pas me

porter.» Il en va ainsi dans les armées : le nombre, le plus souvent, n'est rien, si les chefs

n'excellent pas dans le conseil. »

que nous retrouvons chez Tite-live (II,32,8) :

« Le sénat décida d'envoyer Menenius Agrippa haranguer la plèbe:

c'était un homme qui savait parler et il avait les faveurs de la plèbe

dont il était issu. Autorisé à entrer dans le camp, il se borna, dit-on, à

raconter l'histoire suivante, dans le style heurté de ces temps éloignés.

Autrefois le corps humain n'était pas encore solidaire comme

aujourd'hui, mais chaque organe était autonome et avait son propre

langage ; il y eut un jour une révolte générale : ils étaient tous furieux

de travailler et de prendre de la peine pour l'estomac, tandis que

l'estomac, bien tranquille au milieu du corps, n'avait qu'à profiter des

plaisirs qu'ils lui procuraient. Ils se mirent donc d'accord : la main ne

porterait plus la nourriture à la bouche, la bouche refuserait de

prendre ce qu'on lui donnerait, les dents de le mâcher . Le but de cette

révolte était de mater l'estomac en l'affamant, mais les membres et le

corps tout entier furent réduits dans le même temps à une faiblesse

extrême. Ils virent alors que l'estomac lui aussi jouait un rôle aussi,

qu'il les entretenait comme eux-mêmes l'entretenaient, en renvoyant

dans tout l'organisme cette substance produite par la digestion, qui

donne vie et vigueur, le sang, qui coule dans nos veines. Par cet

apologue, en montrant comment l'émeute des parties du corps

ressemblait à la révolte de la plèbe contre les patriciens, il les ramena

à la raison. »

et chez La Fontaine dans sa fable « Les membres et l'estomac » :

« Je devais par la Royauté
Avoir commencé mon Ouvrage.
A la voir d'un certain côté,
Messer Gaster en est l'image.
S'il a quelque besoin, tout le corps s'en ressent.
De travailler pour lui les membres se lassant,
Chacun d'eux résolut de vivre en Gentilhomme,
Sans rien faire, alléguant l'exemple de Gaster.
Il faudrait, disaient-ils, sans nous qu'il vécût d'air.
Nous suons, nous peinons, comme bêtes de somme.
Et pour qui ? Pour lui seul ; nous n'en profitons pas :
Notre soin n'aboutit qu'à fournir ses repas.
Chommons, c'est un métier qu'il veut nous faire apprendre.
Ainsi dit, ainsi fait. Les mains cessent de prendre,
Les bras d'agir, les jambes de marcher.
Tous dirent à Gaster qu'il en allât chercher.
Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent.
Bientôt les pauvres gens tombèrent en langueur ;
Il ne se forma plus de nouveau sang au coeur :
Chaque membre en souffrit, les forces se perdirent.
Par ce moyen, les mutins virent
Que celui qu'ils croyaient oisif et paresseux,
A l'intérêt commun contribuait plus qu'eux.
Ceci peut s'appliquer à la grandeur Royale.
Elle reçoit et donne, et la chose est égale.
Tout travaille pour elle, et réciproquement
Tout tire d'elle l'aliment.
Elle fait subsister l'artisan de ses peines,
Enrichit le Marchand, gage le Magistrat,
Maintient le Laboureur, donne paie au soldat,
Distribue en cent lieux ses grâces souveraines,
Entretient seule tout l'Etat.
Ménénius le sut bien dire.
La Commune s'allait séparer du Sénat.
Les mécontents disaient qu'il avait tout l'Empire,
Le pouvoir, les trésors, l'honneur, la dignité ;
Au lieu que tout le mal était de leur côté,
Les tributs, les impôts, les fatigues de guerre.
Le peuple hors des murs était déjà posté,
La plupart s'en allaient chercher une autre terre,
Quand Ménénius leur fit voir
Qu'ils étaient aux membres semblables,
Et par cet apologue, insigne entre les Fables,
Les ramena dans leur devoir. »

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_membres_et_l_estomac.html

Cette analogie biologique de la société avec le corps humain, signifie que, comme le corps humain, la société est un ensemble intégré de membres diversifiés dans leur fonction mais contribuant au bon fonctionnement de l’ensemble, chacun restant à la place qui lui est attribuée par la nature ou par dieu. Dans ce cas, on a une représentation organique de la société qui nie l’indépendance de l’individu et la structuration de la société en classes, ce que l’histoire reconnaît pourtant comme un fait, depuis Aristote au moins. Ou si elle ne nie pas cela, cette conception refuse l’idée que les classes sociales ont des intérêts contradictoires et peuvent entrer en conflit légitime, pour cette idée qu'elles peuvent collaborer harmonieusement, c'est ce que traduit l'encyclique « Rerum Novarum » du pape Léon XIII (1891) qui se réfère à Thomas d’Aquin qui, au XIII° siècle écrivait : « La société forme un corps dont les membres sont les parties, et les parties sont subordonnées au tout. » Dans cette société organique tous les membres sont solidaires entre eux. Nous sommes en présence d'un ordre naturel voulu par dieu auquel chaque individu doit soumission.

«Dans la société, les deux classes sont destinées par la nature à s’unir harmonieusement dans un parfait équilibre ; elles ont un impérieux besoin l’une de l’autre : il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital ».

Léon XIII conçoit bien l’existence des classes sociales mais par leur nature elles ne peuvent que collaborer.

Ce long préambule pour prendre exemple sur un des derniers fleurons industriels de la France, les chantiers navals de l'Atlantique d' où sont sortis en d'autres temps le « Normandie » et le « France », devenus la STX, dédiée à la construction de navires pour passagers, de navires militaires ( les fameux porte-hélicoptères Mistral à livrer à Poutine), de navires spécialisés ( d'habitation pour les champs offshores, de recherche, d'avitaillement) et dans les énergies marines ( éoliennes). STX est détenue à 66,6 % par STX Europe qui appartient au conglomérat sud-coréen STX corporation et par l' état français à 33,3 %. STX corporation est en difficulté et est poussé à vendre STX Europe.

Ce qui nous intéresse c'est que STX France malgré son savoir-faire, ses prouesses technologiques s'est retrouvée en grande difficulté à partir de 2008. La commande des porte-hélicoptères par la Russie lui a permis de survivre mais avec une absence de marge menaçant sa pérennité d'autant que à cause des 35 heures, des charges s'alourdissant sur les entreprises Françaises elle en était venue pour trouver des commandes à consentir des prix au-dessous du seuil de rentabilité.

La nécessité pour qu'elle ne sombre pas était de lui redonner de la compétitivité, pour cela un pacte de compétitivité social devait être négocié avec ses syndicats.

Ses syndicats sont la CGT qui représente 33 % de son personnel, la CFDT 31 %, FO 19 % et la CFE-CGC 16 %

Donc CFDT + CFE-CGC = 47 %

CGT + FO = 52 % des 2000 salariés de STX.

CFDT et CGE-CGC ont acceptés de négocier et finalement de signer un accord de compétitivité qui aboutit au blocage sur 3 ans de la moitié des RTT auxquels ont droit les salariés, donc un accord qui aboutit à travailler plus pour renforcer la compétitivité de STX et lui permettre de remporter le marché de 2 navires de croisière que désirait concrétiser un client traditionnel et fidèle de STX France, l'italien MSC. Mais celui-ci obtenait de la part de deux concurrents de STX, l'italien Fincantieri et l'allemand Meyerwerft, des prix beaucoup moins élevés. Le marché risquait d' échapper à STX. C'est pourquoi la CFDT et la CGE-CGCD ont résolument pris parti pour ce contrat de compétitivité pour sauver non seulement les 2000 emplois de STX leur entreprise mais aussi les 4000 emplois des sous-traitants.

La CGT comme à son habitude à refuser toute négociation puisqu'elle remettait en cause un des « avantages » des salariés, ces fameuses RTT et FO lui a emboîté le pas. Or pour que le contrat de compétitivité soit entériné, il fallait la non-opposition des syndicats représentant une majorité des salariés. Souvenez-vous CGT+FO = 52 % des salariés.

Moins dogmatique semble-t-il que la CGT, FO qui bien souvent aligne ses positions sur celle-ci a décidé de monnayer sa non dénonciation de l'accord, consciente peut-être qu'il y avait vraiment danger pour la société et faisant en même temps d'une pierre 2 coups :

1) une non collaboration avec la direction comme CFDT-CGE-CGC lui permettant de se démarquer de ces syndicats

2) mais aussi avec la position de la CGT, jusqu'au-boutiste.

Tout le monde ne sait pas que FO est prise en étau entre la CFDT résolument réformiste et la CGT résolument anti-réformiste ( elle ne signe jamais d'accord d'entreprise même si ensuite elle les accepte). La direction de STX a permis à FO de sauver la face en accordant pour 2014 une revalorisation salariale de 2,4 %. A partir du moment ou FO ne s' oppose plus au contrat de compétitivité celui peut être signé puisque seule la CGT qui ne représente que 33 % des salariés s'y oppose.

La suite est une querelle entre nos grandes centrales syndicales, parce que après cet accord MSC passe sa commande de deux navires de croisière mais aussi un autre client traditionnel de STX l'américain Royal Caribbean Cruises LTD lui passe commande d' un deuxième plus grand navire de croisière du monde représentant une prouesse technologique puisqu'il pourra malgré ses dimensions accoster dans le plus grand nombre de ports mais qu'il sera très économe en énergie, L'Oasis 4, un mastodonte de 360 mètres de long et 60 de large pour 60 000 tonnes d'acier, qui pourra emporter quelque 8 000 passagers et membres d'équipage. Il sera le jumeau de l'Oasis 3, le plus grand paquebot au monde, dont le premier bloc a été mis sur cale dans les anciens Chantiers de l'Atlantique vendredi 2014. "Nous allons construire non pas un, mais deux navires Oasis ici à Saint-Nazaire", a annoncé lors de la cérémonie le PDG de Royal Caribbean Cruises Ltd (RCCL), Richard Fain. "Ce matin, nous sommes parvenus à un accord sur l'Oasis 4", s'est-il réjoui.

En pratique, l'armateur américain va lever l'option qu'il avait prise lors de la commande de l'Oasis 3 en décembre 2012, à un moment où les Chantiers traversaient une phase critique. Le nouvel Oasis, dont le coût sera d'environ un milliard d'euros, comme son prédécesseur, doit être livré dès le printemps 2018 et représentera l'équivalent de "10 millions d'heures de travail", selon le directeur général de STXFrance, Laurent Castaing. Sans compter les commandes confirmées de la SNCM, de ferries ( mais là, le problème est que les syndicats par leur intransigeance ont mis en péril la survie de cette société, je crois inutile de préciser de quels syndicats il s'agit ! ) Voir mon article

http://jplatina.blogspot.fr/2014/07/barre-sur-les-t-cross-ts.html

et aussi sans compter la compagnie bretonne Brittany Ferries qui emploie 1700 marins, qui a signé une commande de 270 millions d'euros avec STX France, du plus grand ferry au monde de 210 mètres capable de transporter 2400 passagers qui sera livré en 2017, en plus d'une commande ferme signée entre les deux partenaires de Pegasis (pour Power Efficiency Gathering in Sensor Information Systems), d'un projet de bateau à propulsion au gaz naturel liquéfié (GNL), en gestation depuis 2009. Brittany Ferries, qui vient de fêter ses 40 ans, mise gros sur ce projet. Elle compte réduire sa facture énergétique et se conformer à la réglementation européenne qui obligera les compagnies maritimes à réduire leurs émissions d'oxyde de soufre de 10 %.

Donc un succès industriel incontestable d'une remarquable entreprise autrefois dans le giron d' Alsthom que notre gouvernement n'a pu empêcher de passer sous le contrôle de GE, voir mon article,

http://jplatina.blogspot.fr/2014/06/une-grande-victoire-du-gouvernement.html

comme il n'a pu empêcher que les chantiers navals de l' Atlantique passe sous le contrôle de STX.

Je reviens à ma querelle inter-syndicale. Il s'agit devant ce succès industriel qui va permettre d'embaucher de nouveaux salariés donc d'aller dans la direction d'une inversion de la courbe du chômage de savoir à qui il revient, syndicalement. En premier, à la CGT, à FO ou aux « collabos » CFDT-CGE-CGC.

Bien entendu pas aux « collabos » CFDT-CGE-CGC mais à FO qui a obtenu un amoindrissement de la "dureté" du contrat de compétitivité et surtout à la CGT qui a montré une fois de plus qu'elle ne cédait pas devant le patronat, les actionnaires, la finance mondiale. De toutes façons Royal Caribbean Cruises Ltd et MSC, clients traditionnels de STX ne pouvaient changer de partenaires. Cela aurait été trop coûteux de changer de type de navires… ?! On peut toujours rêver. A part les drogués d' I phone, il n'y a pas de client captif dans la mondialisation.

J'en reviens à mon long préambule sur lutte des classes ou collaboration des classes.

Nous avons là un parfait exemple d'une coopération de classes entre des syndicats qui ont compris où était l'intérêt de leurs mandants, tenants d'un éthique de responsabilité et de syndicats, tenants d'une éthique de conviction, arc-boutés sur le fait que nos entreprises ne sont pas en compétition avec des entreprises du monde entier et qu'en période de chômage de masse le principal est de réaffirmer les droits acquis des salariés et non pas de les remettre en cause à la marge pour réduire le chômage en redonnant de la compétitivité à nos entreprises.

Ce que nous devons espérer c' est que Le gouvernement se rallie comme il le proclame à cette éthique de responsabilité et donne la priorité à la lutte contre notre chômage de masse par une politique de l'offre.


 


 

Axiome V :

Le chômage de masse n'est pas une fatalité.


 

Commentaire :

L' exemple de ce qui s'est passé à STX France démontre que l'abandon du terrain marécageux de la lutte des classes par le patronat et les syndicats peut éviter le recours à ces attentats que constituent les licenciements : Théorème 3 et sa démonstration.


 

Théorème 4 :

Une politique de l' emploi basée sur la lutte contre ce drame que représente pour une société démocratique le chômage de masse existe.


 

Démonstration :

C' est l' exemple allemand qui sera à la base de notre démonstration.

La France n'a jamais aimé son industrie, comme souligné plus haut, scolie 3 de la partie II. Elle est entrée dans la révolution industrielle plus tard que l' Angleterre et à reculons, au contraire de l' Allemagne entrée après dans l' ère industrielle mais sans réticences. D'où la rapidité avec laquelle elle a rattrapé et dépassé l' Angleterre et bien sur la France.

Une confirmation de cette greffe industrielle mal réalisée nous est donnée par le régime de Vichy dont un des slogans était « La terre ne ment pas », et la permanence aujourd'hui d'une « ruralité » au rôle politique disproportionnée compte tenu de l'importance des campagnes par rapport aux villes, concrétisée par le sénat où les cantons ruraux sont surreprésentés.

Par le fait aussi, que l'Allemagne est restée un pays industriel puissant, avec des gains de parts de marché avec la mondialisation, alors que la France après la présidence de Pompidou qui avait pour priorité économique le renforcement de notre industrie ( remarquablement illustré par Renzo Piano, l' architecte du centre Pompidou, « cette usine à gaz ») a accepté sans réagir de se désindustrialiser face à la concurrence des pays à faible coût de main d' œuvre au lieu de spécialiser son industrie comme l' Allemagne par l'innovation dans le haut de gamme. Résultat : l'industrie ne représente plus seulement que 12 % de l'économie française contre 21 % de l'économie allemande.

Cette tendance lourde de notre inclination, le rejet de l'industrie polluante et porteuse de haine sociale, (les rapports au sein des entreprises Françaises sont des rapports de force sous tendus par la lutte inexorable entre le capital et le travail, au contraire de l' Allemagne où la recherche du consensus est érigé en dogme) explique pourquoi la priorité n' a pas été de protéger notre industrie mais ses salariés ( par un code du travail surtout soucieux de cette priorité avec notamment pendant trop longtemps une autorisation administrative de licenciement avec pour effet de bloquer toute embauche), au besoin en faisant le choix d'un chômage de masse quand la croissance économique s'est ralentie dans les grands pays industriels et le notre après les années  80.

C'est ce choix du chômage de masse qui explique aujourd'hui ce que l'on ne peut appeler un échec puisqu'il est le résultat de la politique dite improprement de l' emploi de nos gouvernants depuis Pompidou.

Tandis qu ' en Allemagne Le nombre de personnes sans emploi s'établit à un peu moins de 3 millions de personnes pour plus de 3,5 millions en France où il augmente inexorablement tandis qu' il baisse en Allemagne. Selon l'office européen des statistiques (Eurostat), le taux de chômage du pays s'élève à 5,4%, contre le double en France et 12% en en moyenne en Zone Euro.

 

Cette réussite allemande confrontée à cet échec Français s' explique :

1) parce que l' Allemagne par les réformes Hartz a choisi de lutter contre son chômage en recourant au chômage partiel. Elle a préféré réduire le nombre d'heures travaillées plutôt que de recourir au chômage sec. Cela a été rendu possible par des accords qui prévoient une réduction des salaires des employés proportionnelle à la baisse du temps de travail en cas de diminution d'activité. La baisse des salaires étant en partie compensée par des aides publiques afin de ne pas réduire les droits à l'assurance-maladie et à la retraite des chômeurs partiels. L'avantage de cette mesure est que les salariés sont maintenus dans l'emploi et que les entreprises dès que leur cahier de commandes augmente peuvent allonger la durée du travail et les salaires, donc répondre immédiatement à la demande et gagner des parts de marché.

C'est ce qui explique que la durée moyenne de travail soit seulement de 30,3 h ( voir au-dessous de 30h si l'on y inclut les chômeurs) en Allemagne, moindre qu' en France parce que L'Allemagne a plus recours au temps partiel que la France :  26 % de sa population active y est employé à temps partiel contre 18 % en France, bien que les salariés français à temps complet travaillent cinq semaines de moins que les Allemands par an. En effet, la durée moyenne effective du travail (incluant la fonction publique) s'est établie, en 2013, à 1661 heures par an en France contre 1 847 heures outre-Rhin. 

2) par le développement des minijobs et midijobs, des petits et moyens boulots : L'Allemagne a créé 7,3 millions de mini-jobs au salaire mensuel de 400 euros, exonérés de cotisations sociales et d'impôt pour les salariés, et avec un taux fixe d'imposition de 30% pour les employeurs (13% d‘assurance maladie, 15% de cotisation retraite et 2% de taxe). En terme de temps de travail, il n'y a pas de limite légale, mais la plupart des mini-jobs se restreignent à moins de 15 heures par semaine.

En fait, les mini-jobbers sont moins de 3 millions. Car 13,4% des mini-jobbers

 

ont un emploi principal. D'autres cumulent plusieurs mini-jobs.

 

L'agence pour l'emploi allemande distingue 2,4 millions personnes qui

bénéficient de ce statut pour leur petit boulot dont beaucoup d'étudiants, de

retraités ou de mères au foyer.

 

Il est vrai que ces emplois précaires forcent les allemands à les cumuler pour s'en sortir ce qui rend leur vie contraignante :

 

Exemple de Katrin, mère célibataire de 34 ans, pédicure pour quelques clientes, femme de ménage et agent de sécurité le week-end :

 

 

 

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/video-les-mini-jobs-et-la-precarisation-de-l-emploi-en-allemagne_136706.html

 

 

Ces petits boulots (les Minijobs) constituent le cœur de la stratégie de

développement de l’emploi peu qualifié en Allemagne. La politique allemande de l'emploi est caractérisée par des allégements de cotisations sociales sur ces petits boulots. Elle est tout à fait différente de la politique dite de l' emploi en France, d’allégements généraux de cotisations sociales employeurs sur les salaires au SMIC et jusqu' à un SMIC et demi.

 

De plus, pour limiter les effets de seuil les emplois rémunérés entre 400 et 800 € par mois, dits Midijobs, sont restés au taux normal de cotisations sociales

employeurs (20,5 % au 1er janvier 2006). Les salariés, eux, sont soumis à

l’obligation d’assurance sociale, selon un barème progressif.

 

En contrepartie l’exercice d’un Midijob ouvre le droit aux assurances chômage et maladie en augmentant progressivement les droits acquis au titre de l’assurance invalidité vieillesse, dans le but d'assurer une continuité depuis le Minijob vers " l’emploi régulier ".

 

S’il est établi que ces " emplois " sont appréciés comme jobs d’appoint par les

personnes qui les occupent, on doute désormais qu’ils puissent constituer une

réelle transition vers l’emploi régulier, ce qui était un des buts de la création de

ces miniojobs.

 

Le résultat de cette politique de l' emploi en Allemagne fondée sur ces deux axes, temps partiel et développement des petits boulots dans les secteurs demandeurs de ce type d'emploi peu qualifié, donc peu rémunéré a donc réussi à faire baisser le chômage à 5 %, ce qui est quasiment le plein emploi compte tenu d' un marché du travail qui est constitué de flux quotidiens d'entrée et de sortie du travail.

 

Bien entendu en France on n'insiste pas sur cet aspect mais sur les réels sacrifices que cette politique constitue pour des millions d' allemands comme notre jeune maman Katrin :

 

1) le salaire moyen en Allemagne a stagné voir baissé, ( Le salaire moyen a

baissé de 4,2 % en dix ans) sans l'on ajoute pas que les taux bas des loyers en Allemagne compense cette perte de pouvoir d'achat ( crise démographique

oblige)

2) L'espérance de vie est légèrement inférieur à celle de la France 80,44 années pour 81,6 à la France mais dont le pourcentage de personnes âgées est moins élevé.

3) En dépit des incitations à transformer les Minijobs en Midijobs, le nombre de

Midijobs, premier pas vers l’emploi à temps complet, est resté moins important

qu' espéré, peu de Minijobs ont été transformés en Midijobs.

S’il apparaît que ces " emplois " sont appréciés comme jobs d’appoint par les

personnes qui les occupent, surtout les jeunes et les femmes mariées, on ne pense plus aujourd'hui qu’ils puissent constituer la solution pour acquérir un emploi à temps complet ce qui était un des buts de leur création.

 

 

Vu de France cette politique serait un total échec social. Elle ne serait pas

applicable à notre pays qui doit rester engluer dans la mer de sargasses de la 

lutte des classes et du chômage de masse. 

Or les anciens ( ceux de Kelkal en 1995) et récents ( ceux de Merah de 2012, de Nemmouche de mai 2014, des frères Kouachi et de Coulibaly en 2015) attentats terroristes ne sont-ils pas la conséquence de ce choix du chômage de masse ?

 

En effet nous avons deux fois plus de chômeurs jeunes que l' Allemagne, 12 %

en Allemagne pour les 20-24 ans contre 25 % en France, sans compter dans nos « quartiers » où ce pourcentage monte à 50%. Ces assassinats de citoyens

Français et notamment juifs par d'autres citoyens Français prétendument de

confession musulmane, (comme si « Allah le très miséricordieux, le tout

miséricordieux » pouvait commander de tels crimes) démontrent que nous aussi subissons des conséquences sociales autrement plus graves qu' en Allemagne et notamment un abaissement de l' espérance de notre jeunesse de se faire une place dans notre société et notre culture enrichie de la leur.

Nos jeunes n' ont plus comme choix que :

 

1) pôle emploi pour s'installer dans un chômage de longue durée tandis qu'en

Allemagne, à cause de ce maudit M. Hartz ils auraient été, contraints d' accepter n' importe quel petit minijob ou midijob dans le but de les intégrer dans le marché du travail en commençant par ces minijobs, plus particulièrement adaptés aux jeunes sous qualifiés, ( encore un échec que l' on impute à notre école républicaine, mais qui est dû aussi à une politique de regroupement familial qui a scandaleusement délaissé les mères en pensant qu'il suffisait de mettre leurs enfants à l' école pour que leur intégration se fasse naturellement), même si nous l'avons vu plus haut cette intégration se fait très peu par les minijob et plus par les midijobs.

 

2) le trafic de drogue rémunérateur ou

 

3) le terrorisme islamiste avec l' espérance en cas d'attentat suicide une vie

paradisiaque auprès de soixante dix vierges à la disposition de leur plaisir sexuel.

 

D'un côté une société qui fait un choix clair, sortir du chômage de masse et qui y parvient aux prix de sacrifices sociaux qui ne remettent aucunement en cause son modèles de protection sociale mais qui le renforce.

 

De l' autre, une société qui fait le choix d' une soi-disant politique de lutte contre le chômage de masse mais qui ne défend que ceux qui ont un travail en se contentant d'une dispendieuse politique d' allocations d' aumône-chômage à ceux qui ont perdu leur emploi en les abandonnant à leur sort la conscience tranquille, comme avant, se donnaient une bonne conscience les bourgeois qui sortant de la messe le dimanche distribuaient cinq sous aux pauvres, et qui met en danger tout notre système de protection sociale et plus grave, notre vivre ensemble.

 

Si nous voulons préserver nos libertés et plus particulièrement d' expression il

nous faut plus d' égalité et de fraternité qui passe par l' adoption d'une politique de l' emploi comparable à celle de l' Allemagne axée sur le partage du travail par le temps partiel, les petits et moyens boulots et le choix de soutenir notre industrie en la spécialisant dans la haute technologie.

 

 

Pour plus de précisions suivez les liens ci-dessous :

 

http://www.journaldunet.com/economie/magazine/en-chiffres/chomeurs-en-france.shtml

 

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/patrick-artus/ce-qui-differencie-vraiment-l-allemagne-de-la-france-25-03-2013-1645478_1448.php

 

http://www.leconomiste.eu/decryptage-economie/48-explication-du-faible-taux-de-chomage-en-allemagne.html

 

***

 

***

Tout licenciement peut être assimilé à un attentat contre le salarié. Traité économique : Partie III, Les politiques de l' emploi. Le chômage de masse n'est pas une fatalité.

***

Tout licenciement peut être assimilé à un attentat contre le salarié. Traité économique : Partie III, Les politiques de l' emploi. Le chômage de masse n'est pas une fatalité.
Tag(s) : #Chomage, #Hollande, #Merkel, #Traité économique

Partager cet article

Repost 0