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Chapitre II : Comment sauver notre planète. Des millions ne doivent pas être sacrifiés pour en sauver un millier. Hume

Je poursuis mon article précédent comme je vous l'avais indiqué.

 

http://www.autruchement-dit.com/2014/11/l-argent-n-est-que-la-voiture-des-produits-j-b-say.html

 

Je le résume : nous sommes devant un échec massif de la politique de la demande, même s'il semble que la reprise soit là aux USA grâce à la susdite politique. En effet cette politique ne permet plus de reprise forte de la croissance et s'accompagne d'un endettement dont il paraît évident qu' il a atteint des niveaux tels qu'il est impossible d'envisager qu'il soit possible de le résorber même, cas de la Grèce, en réduisant de manière très grande le niveau de l'ensemble de la population.

Par exemple la dette publique brute de la France a augmenté de 45,5 milliards d'euros entre le dernier trimestre 2013 et le premier trimestre 2014, pour atteindre 1985,9 milliards d'euros à fin mars, a annoncé l'Insee aujourd'hui.

 

La dette publique brute, calculée selon les critères du traité de Maastricht, représente 93,6% du produit intérieur brut de la France (PIB), en hausse de 1,8 point par rapport au quatrième trimestre 2013, précise l'Institut national de la statistique et des études économiques dans un communiqué.

 

Dans ses dernières prévisions, le gouvernement avait déjà annoncé que la dette publique de la France monterait jusqu'à 95,1% du PIB cette année et ne refluerait pas avant 2016.

 

Pour le premier trimestre, c'est la contribution de l' État à la dette qui représente la plus grande augmentation (+43,3 milliards d'euros). Vient ensuite la contribution des administrations de sécurité sociale (+4,6 milliards) alors que la contribution des administrations publiques locales, au contraire, baisse de 2,1 milliards d'euros.

 

Reprenons quelques propos de Hume cités dans un article de Gaspard Koenig qui est Président du think-tank GenerationLibre.

 

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2014/04/07/31007-20140407ARTFIG00084-dette-publique-la-banqueroute-ou-la-mort.php

 

1) « IT appears to have been the common practice of antiquity, to make provision, during peace, for the necessities of war, and to hoard up treasures before-hand, as the instruments either of conquest or defence; without trusting to extraordinary impositions, much less to borrowing, in times of disorder and confusion »

 

« Cela semble avoir été une pratique commune dans l' Antiquité que de pourvoir, en temps de paix, aux nécessités de la guerre, et d'accumuler par avance des richesses pouvant être utiles à la défense ou à l'attaque, sans compter sur la levée d'impôts extraordinaires, ni moins encore sur l'emprunt, dans des périodes de troubles ou de confusion »

 

2) « On the contrary, our modern expedient, which has become very general, is to mortgage the public revenues, and to trust that posterity will pay off the incumbrances contracted by their ancestors: And they, having before their eyes, so good an example of their wise fathers, have the same prudent reliance on their posterity; who, at last, from necessity more than choice, are obliged to place the same confidence in a new posterity.

 

« Au contraire, notre moderne expédient est d'hypothéquer les revenus publics et de compter sur la postérité pour payer les dettes contractées par ses ancêtres, et cette postérité, ayant sous les yeux le si bon exemple de leurs sages pères, a la même confiance prudente en sa postérité qui, finalement, plus par nécessité que par choix, est obligée de placer la même confiance en une nouvelle postérité»

 

3) « It is very tempting to a minister to employ such an expedient, as enables him to make a great figure during his administration, without overburthening the people with taxes, or exciting any immediate clamours against himself. The practice, therefore, of contracting debt will almost infallibly be abused, in every government. »

 

« La tentation est grande pour un ministre de se servir d'un expédient qui lui permette de faire bonne figure tant qu'il est aux affaires, sans accabler le peuple d'impôts ni d'exciter aussitôt contre lui ses clameurs. L' abus de la pratique de l'endettement est donc presque inévitable dans tout gouvernement. » .

 

C'est un des mal-fonctionnement de la démocratie que d'évoluer vers une gestion démagogique des finances.

( Partie IV : La force des citoyens en démocratie, Lois n° 5 et 6 de mon traité politique)

 

http://fr.calameo.com/read/000195935c7a3c2e5eed7

 

 

4) « Thirdly, The taxes, which are levied to pay the interests of these debts, are apt either to heighten the price of labour, or be an oppression on the poorer sort. »

 

«  Troisèmement, «Les taxes qui sont levées pour payer l'intérêt de ces dettes ont tendance à élever le prix du travail ou à opprimer les plus démunis» .

 

C'est bien le cas de la Grèce, du Portugal aujourd'hui.

 

5) « Fourthly, As foreigners possess a great share of our national funds, they render the public, in a manner, tributary to them, and may in time occasion the transport of our people and our industry. »

 

 

« Quatrièmement, comme les étrangers possèdent une grande partie de nos fonds nationaux (aujourd'hui, 2/3 de la dette française est détenue par des capitaux étrangers), l' État devient en quelque sorte tributaires d'eux, et cela peut avec le temps, occasionner le transfert de notre population et de notre industrie. »

 

6) «  Fifthly, The greater part of the public stock being always in the hands of idle people, who live on their revenue, our funds, in that view, give great encouragement to an useless and unactive life. »

 

«  Cinquièmement, comme la plus grande partie de nos fonds publics se trouvent dans les mains de gens oisifs qui vivent de leurs revenus,ils constituent, de ce point de vue, la récompense de l'oisiveté et de l'inaction. »

 

Rappelons pour mémoire que l' en cours total des assurances vie est de 1 400 milliards d'€ à comparer avec la dette de la France : 1 800 milliards d'€, placées massivement en bons du Trésor qui favorisent une épargne improductive au moment où nos petites entreprises ont un besoin important de financement avec la reprise qui s'annonce, « heureusement » pas en France ce qui atténue le problème de cette épargne peu favorable à la création de richesses.

 

7) «  We have always found, where a government has mortgaged all its revenues, that it necessarily sinks into a state of languor, inactivity, and impotence. »

 

«On s'aperçoit toujours qu'un gouvernement qui a hypothéqué tous ses revenus sombre nécessairement dans un état de langueur, d'inactivité et d'impuissance». Cela ressemble bien à la situation de la France aujourd'hui.

 

 

 

8) « We all own, that the most sanguine imagination cannot hope, either that this or any future ministry will be possessed of such rigid and steady frugality, as to make a considerable progress in the payment of our debts; or that the situation of foreign affairs will, for any long time, allow them leisure and tranquillity for such an undertaking. »

 

« Convenons que même les esprits les plus imaginatifs ne sauraient se flatter qu'un gouvernement, présent ou futur, puisse manifester une frugalité assez stricte et assez constante pour progresser rapidement vers l'acquittement de nos dettes ; ni que les affaires étrangères ne lui laissent assez de loisir et de tranquillité pour mener à bien une telle entreprise. »

Encore une fois, n'est-ce pas exactement le cas de la situation de la France aujoyurd'hui

 

9) «  What then is to become of us? »

It must, indeed, be one of these two events; either the nation must destroy public credit, or public credit will destroy the nation. »

 

« Qu'adviendra-t-il de nous ?

Il n'est point trop difficile de deviner qu'elle en sera la suite.. Ce ne peut être que l'une de ces deux conséquences : soit la nation détruira le crédit public, soit le crédit public détruira la nation. »

On en est presque là avec la Grèce et pas loin avec le Portugal et l' Espagne.

 

 

10) « Let the time come (and surely it will come) when the new funds, created for the exigencies of the year, are not subscribed to, and raise not the money projected. Suppose, either that the cash of the nation is exhausted; or that our faith, which has hitherto been so ample, begins to fail us. »

 

« Admettons que vienne le temps ( et il viendra certainement) où les emprunts nouvellement créés pour les besoins de l'année ne trouvent pas de souscripteurs et ne rapportent pas les sommes prévues. Supposons que la nation voie ses coffres se vider ou que la confiance, jusque alors si grande, commence à manquer. »

...

«  What must a prince or minister do in such an emergence? The right of self-preservation is unalienable in every individual, much more in every community. And the folly of our statesmen must then be greater than the folly of those who first contracted debt, or, what is more, than that of those who trusted, or continue to trust this security, if these statesmen have the means of safety in their hands, and do not employ them. The funds, created and mortgaged, will, by that time, bring in a large yearly revenue, sufficient for the defence and security of the nation: Money is perhaps lying in the exchequer, ready for the discharge of the quarterly interest: Necessity calls, fear urges, reason exhorts, compassion alone exclaims: The money will immediately be seized for the current service, under the most solemn protestations, perhaps, of being immediately replaced. But no more is requisite. The whole fabric, already tottering, falls to the ground, and buries thousands in its ruins. And this, I think, may be called the natural death of public credit: For to this period it tends as naturally as an animal body to its dissolution and destruction. »

 

« Que doit faire un prince ou un ministre face à une telle extrémité ? Le droit à la préservation de soi est inaliénable pour tout individu, à plus forte raison pour toute communauté. Et nos ministres seraient plus fous que ceux qui contractèrent les premières dettes, et plus fous encore que ceux qui crurent ou ont continué de croire à de telles garanties, si ayant entre les mains les moyens de secourir l'État, ils ne les employaient pas. Les fonds créés et hypothéqués produisent alors un gros revenu annuel qui suffirait, pensent-ils, à la défense et à la sécurité de la nation. Il y a peut-être de l'argent dans les coffres de l' Échiquier, prêt à être versé pour payer l'intérêt trimestriel. : la nécessité le demande, la crainte l'exige, ma raison l'ordonne ; la compassion seule se récrie. L'argent est immédiatement saisi pour le service courant de l' État, avec l' assurance qu'on le remplacera aussitôt. Mais il n'en faut pas davantage. L'édifice complet, déjà chancelant, s'effondre, ensevelissant des milliers d'hommes sous ses ruines. Voilà, je crois, ce qu'il est permis d'appeler la mort naturelle du crédit public : car il tend à ce dénouement aussi naturellement qu'un corps animal tend à la dissolution et à sa destruction. »

 

11) «  So great dupes are the generality of mankind, that, notwithstanding such a violent shock to public credit, as a voluntary bankruptcy in ENGLAND would occasion, it would not probably be long ere credit would again revive in as flourishing a condition as before. »

 

« Le gros des hommes est si dupe que malgré le violent ébranlement qu'une banqueroute volontaire ferait subir au crédit public en Angleterre, il ne faudrait sans doute pas longtemps avant que le crédit y renaisse et y fleurisse comme auparavant. »

 

12) «  The public is a debtor, whom no man can oblige to pay. The only check which the creditors have upon her, is the interest of preserving credit;

 

« L'État est un débiteur que nul ne peut forcer à payer. La seule garantie que possèdent ses créanciers est l'intérêt qu'il a de préserver son crédit. »

 

13) «  These two events, supposed above, are calamitous, but not the most calamitous. Thousands are thereby sacrificed to the safety of millions. But we are not without danger, that the contrary event may take place, and that millions may be sacrificed for ever to the temporary safety of thousands. »

 

«  Quelques calamiteuses que soient les deux hypothèses envisagées plus haut, ce ne sont pas les plus calamiteuses de toutes : mille hommes sont sacrifiés pour en sauver des millions. Mais ne risquons-nous pas que l'événement contraire se produise, et que des millions d'hommes soient sacrifiés pour le salut temporaire de quelques milliers ? »

 

N'est-ce point ce qui s'est produit en Grèce, où le choix a été fait de sauver les banques et de faire payer la population. N'est-ce point ce qui est fait en Europe avec les politiques de réduction des dépenses de l' État pour essayer de réduire la dette publique, ce qui plonge les pays dans la récession et accroît le chômage ?

 

Hume avance donc une solution radicale, fondée sur l'idée que, en matière d'endettement, aucun remède ne peut être pire que le mal, que c'est aux rentiers, aux prêteurs, aux banquiers, aux financiers qui ont prêté à des taux de plus en plus élevés en fermant les yeux sur les risques encourus, sachant que leur pression leur permettrait d'échapper aux conséquences de ce que Hume appelle leur folie qu'il appartient de payer la dette par une banqueroute, ; c'est-à-dire en ne les remboursant pas ou à demi ou au quart ou pas du tout ou en rééchelonnant les remboursements si possible ad vitam aeternam! Outil dévastateur, mais seul à même de remettre les comptes à zéro, et de redonner une impulsion au pays. Il faut ruiner les rentiers pour sauver la jeunesse: «des milliers d'hommes sont ainsi sacrifiés pour en sauver des millions». »Thousands are thereby sacrificed to the safety of millions. »

 

On a plutôt le sentiment aujourd'hui que c'est l'inverse qui a été choisi comme modèle de remboursement de la dette, que des millions payent pour sauver mille hommes, millions are sacrified to the safety of thousands.

 

Pourtant il apparaît évident que l'endettement public est tellement énorme que l'on ne voit pas comment sans banqueroute il est possible de s'en débarrasser.

Reportez-vous au compteur de la dette publique dans le monde en suivant ce lien

 

http://science-economique.com/concepts-economiques/finance/deficit-dette/compteur-de-la-dette-publique-mondiale-et-par-pays-692

 

http://www.econlib.org/library/LFBooks/Hume/hmMPL32.html

 

Résumons : grâce à Hume nous comprenons que notre fameuse politique de la demande nous a conduit à un endettement si massif que l'on ne peut s'en sortir qu'en sacrifiant le niveau de la majorité de la population, oui bien par une banqueroute qui ne sacrifiera que les sacripants qui ont été les gros bénéficiaires de cette politique de la demande.

Mais non seulement cette politique de la demande nous a conduit à cette difficulté mais encore à une impasse autrement plus dramatique. la destruction de notre planète qui n'est pas encore irréversible mais dont nous commençons à sentir les effets, en voyant combien d'argent par exemple nos communes littorales dépensent pour engraisser nos plages qui s'en vont et indemniser les populations victimes d' événements climatiques de plus en plus violents.

Or en continuant cette politique de la demande, rien ne changera de ce point de vue. Au contraire si nous revenons à une politique de l'offre, il sera plus facile d'orienter cette offre vers l'économie de nos ressources de notre planète, en usant auprès des entreprises des deux leviers auxquels elles sont sensibles, les incitations fiscales, ou bien les pénalités fiscales. Prenons le cas du diesel. C' est la volonté de l' État au sortir de la seconde guerre mondiale qui a poussé l'offre du diesel par une défiscalisation favorable aux transports et à l'agriculture, ce dont la France avait besoin pour nourrir sa population et transporter les marchandises de la reconstruction. Mais une fois cette phase achevée, les gouvernements ont laissé le commun des citoyens bénéficier de cette incitation fiscale qui est devenue dramatique du point de vue écologique et du point de la santé. Heureusement, aujourd'hui cette incitation fiscale pour l'utilisation du diesel s'amenuise comme s'amenuise la demande pour le diesel, en même temps que l'offre de diesel.

On le voit si nous voulons changer de modèle de développement cela ne se fera pas par une politique de la demande mais par une politique rationalisée de l'offre en fonctions de nos besoins et de celle de notre planète.

La demande ne peut qu'aboutir au désastre par ce qu'elle est infinie et qu'elle trouvera toujours l'offre à sa disposition.

Au contraire l'offre ne peut être illimitée et de ce fait elle peut être orientée, rationalisée en fonction des critères que ne peuvent plus être ceux de la révolution industrielle mais ceux de la révolution du maintien de la biodiversité et de l'habitabilité de notre planète.

Chapitre II : Comment sauver notre planète. Des millions ne doivent pas être sacrifiés pour en sauver un millier. Hume
Chapitre II : Comment sauver notre planète. Des millions ne doivent pas être sacrifiés pour en sauver un millier. Hume
Tag(s) : #Croissance, #Dette, #Libéralisme, #Mondialisation, #Réchauffement climatique

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