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Le budget de 2015, une nouvelle synthèse hollandienne de l' "ex" secrétaire du parti socialiste.

Le budget de 2015 peut être considéré comme un exemple parfait de synthèse de l' « ex » secrétaire de l'inénarrable parti socialiste français devenu, maintenant nous en avons la confirmation par défaut, président de la république française avec l'aide de nos non moins inénarrables médias qui n'ont eu de cesse de présenter l'action de Nicolas Sarkozy par le plus petit bout de la lorgnette comme si notre pays n'était pas confronté à une crise majeure de l'économie mondiale et par des juges inquisitoriaux n'ayant eu de cesse de prouver la culpabilité du coupable idéal trônant en meilleur place sur leur « mur des cons », ce même Nicolas Sarkozy.

L'utilisation qui y est faite de notre impôt progressif sur le revenu en est un bon exemple. Celui-ci est devenu de progressif presque confiscatoire sous l'action gouvernementale socialiste au nom du sacro-saint paradigme du « moins d'inégalité ».

1) En effet il est de plus en plus mal réparti : il y a 2% des gens qui fournissent environ 50% des recettes fiscales, alors que la moitié des ménages ne le paient pas avec notre accord puisque nous avons une vision redistributive et punitive de l'impôt, comme les socialistes qui d'une part proclame que payer des impôts est le grand acte civique que tout citoyen doit à son pays et qui d'autre part n'ont de cesse de ne pas faire payer l' impôt à une part toujours plus grande des citoyens au nom de cette sacro-sainte égalité qui n'est que notre haine sociale vis à vis de ceux qui gagnent un euro de plus que nous.

Or la réduction des inégalités n'est la tâche essentiel de l'impôt qui est de financer les dépenses publiques et l'action de l'État. La redistribution des revenus et la prise en charge de la réduction des inégalités devrait davantage passer par de vrais services rendus aux moins favorisés, comme par exemple un pôle emploi plus efficace pour sortir nos chômeurs de leur chômage dramatique, plus que par la punition des riches en chargeant toujours un peu plus leur barque fiscale.

Ce qui entraîne un impôt si concentré qu'il en devient contre-productif du point de vue économique et fiscal puisqu'il finit par décourager les contribuables les plus entreprenants et travailleurs, qui préfèrent réduire leur quantité de travail, au détriment de la croissance pour payer moins d'impôts puisqu'ils peuvent calculer qu'à partir du jeudi si ce n'est du mercredi pour les professions libérales tout ce qu'ils gagnent va dans les caisses de l' État. Pourquoi donc travailler le vendredi ou le samedi ce qui a pour conséquence fiscale de moindre rentrées d'impôts?

Nous sommes plongés dans ce climat de lutte des classes hérité du XIX ième siècle qui consiste à stigmatiser les riches, ( ha, ça ira, ça ira ,les riches à la lanterne), à montrer du doigt la partie de la population « koulak » et « accapareuse » que, pourquoi pas, il serait bon d'envoyer dans des camps de travail comme aux beaux temps du stalinisme.

Pourquoi s'étonner que les créateurs de richesses se découragent et n'investissent plus, de la baisse du dynamisme entrepreneurial. D'un autre côté et de manière simultanée, nous assistons à un discours de la haine sociale, encouragé par la gauche et une grande partie des médias qui au prétexte de l'égalité suscite non l'envie de s'enrichir mais l'envie d'appauvrir les riches.

Discours dont on voit l'efficacité aujourd'hui où 77 % des français sont favorables à une modulation des allocations familiales en fonction des revenus des familles, qui a permis à notre gouvernement de bondir sur l'opportunité de mettre en place cette modulation, faisant d'une pierre au moins trois coups, en montrant :

1) qu'il est capable de réforme « courageuse », en attendant celle sur la libéralisation des transports par autocars ( à laquelle il n'y a pas d'opposants et seulement l'appui du lobby des entreprises d'autocars)

2) de satisfaire ses « frondeurs » et sans doute la grande Martine Aubry qui vient de faire une réapparition remarquée par un discours de gauche que François Mitterrand ne renierait pas, comme si la mondialisation n'imposait pas une nouvelle réalité économique que la France avec la complicité de toute une élite de gauche refuse d'accepter,

3) de réaliser des économies. 700 millions d'euros en pleine année, comme s'il n'y avait pas des économies plus urgentes que sur la politique familiale dont d'autres pays nous envie l'efficacité, comme par exemple sur les au moins 70 milliards d'euros dépensés pour les inefficaces politiques du logement et de la formation professionnelle.

Fait significatif, bien entendu cette réforme a pris l'aspect punitif qu' affectionne tout particulièrement la gauche. Au lieu d'une forte progressivité avec un lissage afin d'éviter les fameux effets de seuil qui à partir d'un euro de plus vous fait basculer dans la tranche de ceux qui n' ont plus droit à rien mais à payer toujours plus, les couples avec deux salaires et deux enfants, et gagnant plus de 6 000 euros net par mois verront leurs aides divisées par deux, soit environ 65 euros, contre 129,35 actuellement et au-delà de 8 000 euros net, les allocations seront divisées par quatre, soit 32,50 euros environ. On ne comprend pas pourquoi seulement divisé d'un coup par deux ou par quatre, pourquoi pas par trois et par neuf ! Je suis donc un peu de mauvaise foi quand je parle d'aspect punitif de cette réforme, qui s'ajoute déjà à la réforme du quotient familial pesant déjà sur ces « riches « épouvantables ( mon voisin est un richard qui gagne un euro de plus que moi) et qui vont finir par être épouvantés s'ils ne le sont pas déjà!

Sans compter tout naturellement que les électeurs qui ne paient pas l'impôt sur le revenu ont tendance à soutenir son augmentation pour les contribuables les plus aisés, à leur profit… ad nauseam, c'est-à-dire sans fin, avec un résultat électoral nul comme je l'ai déjà dit dans mon modeste traité politique :

« Loi n°4) En démocratie, la gauche au pouvoir privilégie la plus grande égalité possible.

Corollaire 1) Les inégalités économiques et sociales diminuent.

Corollaire 2) Du fait de l'universelle jalousie de tous contre tous, malgré le recul des inégalités, comme une parfaite égalité ne peut être atteinte, le mécontentement s’accroît.

Corollaire 3) La production n'étant plus l'objectif essentiel, le chômage fait son apparition qui ajoute au mécontentement, l'inquiétude.

...

Axiome 2) En période de crise économique il est plus adéquat que la droite exerce le pouvoir et en période de croissance, la gauche.

Commentaire: Dans le cas contraire la paralysie gagne les gouvernements.

En période de croissance la droite au pouvoir ne fait que suivre l'enrichissement des plus riches et ne met pas un frein à l'accroissement des inégalités qui deviennent d'autant plus insupportables que les citoyens n'ignorent rien de cette augmentation de la richesse dont ils pensent à juste titre qu'elle est accaparée par les plus riches.

En période de crise la gauche au pouvoir ne fait qu'accompagner l'appauvrissement général par une répartition plus égalitaire de cet appauvrissement qui ne s'avère d'aucune manière une consolation pour les plus pauvres qui n'ignorent pas que les inégalités persistent et qui ont le sentiment qu'elles augmentent du fait de la détérioration de leur niveau de vie et de la montée du chômage, idem pour les classes moyennes qui constatent un phénomène comparable pour elles. »

http://fr.calameo.com/read/000195935c7a3c2e5eed7

Ainsi l' impôt progressif sur le revenu est devenu un dissolvant de notre communauté nationale, puisqu'il crée fiscalement des citoyens actifs et passifs. J'utilise à dessein ce terme par référence à notre « grande Révolution » qui a introduit la distinction entre citoyens « actifs » qui peuvent voter et se présenter aux élections en fonction de leur âge, 25 ans minimum, et du montant de leurs impôts, équivalant à trois journées de travail et « passifs » qui disposent des droits civiques, mais pas de celui de voter ou d’être élu. Le suffrage instauré par elle etait donc censitaire.

Ce fait d'une majorité aujourd'hui de citoyens qui ne payent plus d'impôts sur le revenu, ( nous sommes un peu plus de 48% seulement à payer cet impôt) pose aussi un problème politique et juridique puisque le fondement de la démocratie est que le parlement représente les contribuables. C'est le grand principe de la révolution anglaise repris par les révolution américaine et française : pas d'impôt sans vote des représentants du peuple.

Mais le fait qu'une partie de la population échappe à l'impôt sur le revenu remet en cause le suffrage universel sur le plan des principes. Logiquement, représentation universelle et impôt universel doivent être associés. On pourrait envisager une transformation de cet impôt progressif en "flat tax", impôt à taux unique acquitté par tout le monde, donc non progressif puisque les taux d'imposition n' augmentent pas avec les revenus, ou bien aussi fusionner l'impôt sur le revenu avec la CSG, ce qui aurait le mérite de pallier au principal inconvénient de cet impôt progressif par tranche, en élargir l'assiette puisque c'est la caractéristique de la CSG que cette assiette large.

Si vous avez lu un de mes précédents articles sur le système fiscal français et notamment "une réforme est-elle possible au pays enchanté du tout fiscal"

http://fablehaikus.over-blog.com/2013/12/une-r%C3%A9forme-fiscale-est-elle-possible-au-pays-enchant%C3%A9-du-tout-fiscal.html

vous savez que je suis opposé à tout bouleversement que représenterait une « flat tax » ou bien une fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, parce que vu la difficulté de faire des réforme en France mieux vaut se servir de l'extrême diversité et ingéniosité de notre système fiscal pour procéder à des changements homéopathiques, donc acceptables par les citoyens n'ayant pas l'impression de subir une « austérité » remettant en cause leurs avantages et par nos gouvernants que le courage politique n' étouffe pas, n' ayant pas l'impression de compromettre leur future réélection.

Voyez notre actuel gouvernement qui malgré son impopularité record ne s'est pas résolu à jouer le tout pour le tout et à présenter un budget pour 2015 en équilibre ou avec un déficit réduit à 3 % par la baisse des dépenses publiques autres que symboliques, avec des réformes de structures visant à rénover notre système de l'emploi.

Néanmoins soulignons cette remarquable synthèse hollandienne entre politique de relance par la consommation en faisant sortir de l'impôt sur le revenu plus de trois millions de citoyens en aggravant le défaut de cet impôt reposant sur une assiette de plus en plus étroite et, politique de l'offre par son cadeau fiscal confirmé de plus de 40 milliards aux entreprises.

Un chef d'œuvre d'équilibre qui ne poussera pas les français dans les rues et qui permettra à notre président de mener sa barque jusqu'en 2017 sans autre mésaventure qu'une déconfiture maintenue dans les sondages. Vous voyez que je ne partage pas les « espoirs » de certains et du grand gourou DSK qui prévoit une dissolution de l'assemblée en 2015...

Le budget de 2015, une nouvelle synthèse hollandienne de l' "ex" secrétaire du parti socialiste.
Le budget de 2015, une nouvelle synthèse hollandienne de l' "ex" secrétaire du parti socialiste.
Tag(s) : #Etat-providence, #Fiscalité, #Hollande, #Réduction des dépenses

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