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Fukushima I : Choisir entre le pire et le pire

Entre le réchauffement climatique, la réalité, et une catastrophe nucléaire qui fait d'une apocalypse nucléaire une éventualité plus qu'évidente quoiqu' irréelle puisque conçue avec cette faculté humaine d'imaginer le pire et de s'y complaire, il semble bien qu'une "majorité" d'entre nous (10%?,40%?, 51%? 99%?) ait choisi de sortir du nucléaire, donc d'être confronté à plus de CO2 autrement dit à plus de réchauffement climatique, à une réalité encore plus sombre, lâchant la proie pour l'ombre !

J'en profite pour vous vous rappeler les fabes d'Esope et de La Fontaine:

"Un chien tenant un morceau de viande traversait une rivière. Ayant aperçu son ombre dans l’eau, il crut que c’était un autre chien qui tenait un morceau de viande plus gros. Aussi, lâchant le sien, il s’élança pour enlever celui de son compère. Mais le résultat fut qu’il n’eut ni l’un ni l’autre, l’un se trouvant hors de ses prises, puisqu’il n’existait même pas, et l’autre ayant été entraîné par le courant."

Cette fable s’applique au convoiteux." Esope.

*

" Chacun se trompe ici-bas.

On voit courir après l'ombre

Tant de fous, qu'on n'en sait pas

La plupart du temps le nombre.

Au Chien dont parle Esope il faut les renvoyer.

Ce Chien, voyant sa proie en l'eau représentée,

La quitta pour l'image, et pensa se noyer ;

La rivière devint tout d'un coup agitée.

A toute peine il regagna les bords,

Et n'eut ni l'ombre ni le corps." La Fontaine

*

A présent, un haïkufable qui utilise notre propension à nous bercer du pire ( Comme il est assez long et que je ne désire pas vous importuner trop longtemps, je vous le livrerai en 3 fois) :

Chroniques de l' Empire des Sombres : La digue

*

Entre la mort de l'acien myste-ingénieur chargé de la digue dans la contrée

Et l'arrivée du nouveau il se passa quelques mois,

Qui furent pour les habitants une bénédiction

Puiqu' ils ne furent plus dans l'obligation de s'occuper de l'entretien de celle-ci,

Comme les lois de l'empire l'exigeaient.

*

Il faut dire que depuis de nombreuses années,

l'ancien myste-ingénieur n'exigeait plus d'eux cette corvée,

Confiant dans la solidité de la digue

Et dans le fait que les chiromanciens calculateurs avaient fait construire cette digue

plusieurs siècles auparavant à une époque où les tempêtes de la mer des cendres

Étaient bien plus violentes qu'à l'heure actuelle.

*

On disait que la hauteur de la digue avait été établie

De telle sorte qu'elle surpassait d'une fois et demie

La plus haute vague connue de la mer des cendres.

Cette vague disait-on avait été provoquée par un tremblement de terre de force 14

Sur une échelle de 17 et par plusieurs explosions dans le coeur des centrales

Qui autrefois avant le déluge de feu dû à la guerre fournissaient l'électricité au monde d'alors,

Centrales dont le coeur en fusion avait aggravé le désastre, accru les effets de l'hiver nucléaire séculaire

Et réduit en une mer de cendres l'essentiel de cette civilisation des temps anciens

Avec ses machines arborescentes qui organisaient la vie de l'humanité.

*

Petit à petit, les survivants s'étaient regroupés dans les quelques zones épargnées

Et une fois l' hiver nucléaire séculaire terminé,

Une nouvelle civilisation s'était reconstruite sous la direction des Sombres

Qui avaient organisé toutes ces communautés indépendantes et isolées

En un vaste empire où les machines avaient été bannies

Et les savants et autres chercheurs dans la société de castes instaurée,

Relégués aux basses castes celles qui n'étaient pas autorisées à quitter leur village;

Quant aux physiciens qui s'occupaient de physique nucléaire,

Ils étaient devenus des hors castes susceptibles de toutes les brimades.

L'étonnant était que, néanmoins, ils en existaient toujours ,

Telle est profonde et la malignité des hommes, et leur mauvaise volonté

Leur curiosité prométhéenne.

*

Ce n'est donc pas avec plaisir que les habitants de la contrée

Virent arriver par la route du carrefour des mains coupées,

Le nouveau myste-ingénieur.

*

Un homme qui leur parut très jeune,

Et de ce fait, pensaient-ils, sans expérience, qu'il serait facile de manipuler.

Le bourg était obligé de lui fournir un refuge

Et tout ce qui est nécessaire à la vie de tous les jours.

*

Bien que le nombre des habitants dépassât 5000,

La charge en plus de la corvée d'entretien de la digue leur paraissait hors de proportion avec leurs moyens.

Par conséquent l'arrivée de ce nouveau myste-ingénieur était fort mal venue,

Si l'on peut se permettre de parler ainsi.

Mais les habitants n'ignoraient pas les sanctions

Qui s'étaient abattues sur les contrées qui avaient refusé d'accueillir un myste-ingénieur

Ou bien qui après l'avoir accueilli s'en était débarrassé en l'assassinant,

Tablant sur la lenteur des communications dans l'empire

Et la lenteur des enquêtes diligentées si l'on peut parler ainsi lorsqu'un myste-ingénieur ne donnait plus signes de vie :

La mort pour tous les hommes, l'esclavage pour les femmes

Le placement des enfants dans des familles d'accueil qui n'avaient pas réussi à avoir d'enfants,

Parce que les cas de stérilité étaient toujours fort importants malgré leur diminution progressive.

*

Donc un myste-ingénieur jeune, de petite taille ce qui enlevait à son autorité,

D'autant qu'il était atteint d'un bégaiement, qu'il était sourd

Et extrêmement myope, ce qui l'obligeait à porter des lunettes aux verres d'une épaisseur

Qui lui donnait un air de crapaud effaré,

Accentué par son casque pour amplifier son audition.

Il semblait fourbu parce qu'il avait du faire le voyage depuis la capitale régionale à pied,

Son statut ne lui permettant même pas de disposer d'un glisseur à voile articulée, comme d'autres fonctionnaires de l'empire.

*

Il s'était adressé à une femme en lui souhaitant comme il se devait de multiples grossesses,

Jugeant qu'elle était suffisamment jeune pour encore pouvoir procréer,

Car dans l'empire bien que la situation s'améliorât, pour une grossesse menée à terme 3 ou 4 avortaient.

Elle lui avait tourné le dos sans répondre et s'était enfuie en larmes.

Il n'était certes pas sensé savoir qu'elle ne pouvait avoir d'enfant,

Mais il aurait dû s'en douter,

Au moins une femme sur trois étant stérile encore à l'époque dans l'empire.

Il était même resté interloqué, c'est dire son inexpérience.

En effet il était frais émoulu de l'école des myste-ingénieurs,

C'était son premier poste

Et comme il n'était pas sorti de l'examen final dans la botte, c'est-à-dire parmi les 1100 premiers,

Il n'avait eu droit qu'à une affection dans la contrée la moins intéressante pour la promotion de sa carrière.

*

Un passant soupçonneux lui avait indiqué le chemin vers la mairie

Qu'il avait atteinte après de multiples détours et force nouvelles demandes de son chemin,

le centre de la ville étant une sorte de casbah où les habitations semblaient avoir été jetées pêle-mêle

Par un architecte enfant en ayant assez de jouer à son jeu de cubes.

Le maire n'avait pas eu le temps de le recevoir étant en conférence,

En fait il se prélassait dans son bureau en savourant un onctueux chocolat

Préparé par sa secrétaire dévouée et même au-delà.

On, un employé municipal subalterne, lui avait fait savoir qu'on ne l'attendait pas si tôt,

Que c'en était toujours ainsi pour la contrée,

D'être traitée comme quantité négligeable,

Qu'en conséquence rien n'était prévu pour son logement ni pour sa nourriture

Et que dans un premier temps, il devrait se débrouiller seul.

Néophyte comme il était, il n'avait pas osé protester et encore moins menacer.

Il s'en était retourné après avoir demandé où il pouvait trouver une auberge.

On lui avait ri au nez.

D'auberge, le bourg n'en disposait point,

Qui, étranger à ce bourg venait, personne !

Il n'y avait donc pas d'usage pour une auberge et donc il n'y en avait point !

S'il voulait se loger, il devait aller voir cette veuve Sandrakhan

Qui autrefois louait une chambre.

Où habitait-elle ? Avait-il demandé.

L'employé lui avait répondu que c'était trop difficile de le lui expliquer.

Il n'aurait qu' à demander aux passants au fur et à mesure de sa pérégrination !

*

Il avait donc quitté la mairie et avait au bout de plusieurs heures pu atteindre sa destination;

La veuve Sandrakhan habitant à l'autre bout du bourg.

Il avait cherché à manger, mais il n'y avait pas la moindre gargote pour ce faire,

En tous cas, il n'en n'avait pas aperçu sur sa route.

Il avait du se contenter de ses maigres provisions.

Il faisait presque nuit lorsqu'il frappa à la port de la maison délabrée de la veuve Sandrakhan.

Une voix d'outre-tombe cria :

- Qui est là ?

- Lllle mmmmmyste-in-in-ingénieur de cin-cin-cinquième ca-ca-catégorie en chchcharge de la sssssssurveillance de la di-di-digue de vo-vo-votre con-con-contrée,

avait-il répondu.

- Que voulez-vous ?

Toujours avec cette voix d'outre-tombe qui aurait dû lui mettre la puce à l'oreille.

- Je je dé-dé-désire vvvvous llllou-louer une chchchambre pour la nuit

- Je ne loue plus de chambre

- Mmmais on on mmm'a dit que...

- On vous a roulé dans la farine comme sardine en caque tout myste-ingénieur que vous soyez

- Mmmmmais...

La veuve Sandrakhan apparut sur le pas de sa porte,

Au moment où il s'apprêtait à retourner sur ses pas.

*

Il eut un mouvement de recul, tandis qu'elle s'écriait de sa voix d'outre-tombe :

- Le bel acabit d'humain normal que voilà !

Le mouvement de recul était dû à l'aspect de la veuve Sandrakhan qui appartenait à la caste des hors-normes,

Au départ caste des difformes, qu'après une longue lutte, les hors-normes

Avaient obtenue qu'on ne l'appelât plus ainsi.

Elle était très grande à cause de jambes démesurées

Qui supportaient un tronc paraissant très court avec une taille anormalement étroite.

Elle avait des bras tout aussi longs et des mains avec sept doigts palmés.

Sa chevelure d'un blanc éclatant l'enveloppait presque complètement.

- Alors beau jeune homme bafouillant, comme cela on cherche une chambre !

elle s'appuyait sur le chambranle de sa porte en se déhanchant d'une manière

qui se voulait, lui parut-il, suggestive.

- Ooouuui mmmmaada-dame

- Je peux peut-être faire une exception pour vous et vous dépanner, les abrutis d'habitants de ce bourg ayant voulu vous faire une farce

- Uuuunnne ffffa-fa-fa-farce ?

- Oui, ils savent pertinemment que je n'ai pas de chambre à louer !

- Cccccest-cccest-à-di-di-dirre ?

- C'est-à-dire que j'ai une chambre à partager !

- VVVVooouuus zzz'êêêttes pé-pé-péri cour-cour-cour-ti-tisane ?

- On ne peut rien te cacher bel acabit d'humain normal !

- Jjjjjeeee ne-ne-ne peu-peu-peux pas vvvvu mmmma fffonc-fffonction...

- Mais si tu peux, je ne suis pas d'un tarif prohibitif !

- Ce-ce-ce nnn'est ppppas uuune ques-question d'ar-ar-ar...

- Je ne te plais pas beau gosse ?

- Nnon oouuuiii .

- non ou oui ?

- Ooouui nnnon vous ne-ne me- me dé-déplaisez pas...

- Alors ? Allez rentre ! Tu dois avoir faim !

*

Elle l'avait saisi avec une de ses mains palmées et l'avait contraint à rentrer.

Il fut surpris de voir un intérieur très accueillant meublé avec bon goût

Où quelques oeuvres d'art peintures et sculptures indiquaient un sens artistique aigu.

Elle saisit son étonnement et lui dit :

- Je suis artiste peintre et sculptrice à la fois, mais cela ne me permet pas d'assurer mon quotidien,

d'où mon autre occupation.

- Jejeje com-com-comprend !

- Bon je vais te préparer un petit en-cas.

Elle lui prépara un repas qu'il trouva appétissant,

Il faut dire qu'il se mourrait de faim.

Il trouva sa conversation pleine de verve et ses propos quelque peu hérétiques,

Mais comme il pensait qu'il n'en avait que pour une nuit, il ne s'en inquiétât pas.

Avant qu'en haut lieu on apprenne qu'il avait passé la nuit chez la veuve Sandrakhan

Beaucoup d'eau aurait coulé sous les ponts.

Malgré sa volonté de respecter la déontologie de son emploi

Qui lui interdisait tout rapport de type sexuel avec l'habitant,

La veuve fut assez persuasive pour qu'il passât outre à celle-ci.

Vraiment, elle était une experte dans ce domaine,

Il faut préciser que ses connaissances y étaient limitées,

Néanmoins à surprendre les réactions de son corps il ne se trompait guère en tirant cette conclusion.

*

Le lendemain, La veuve Sandrakhan, le connaissant mieux décida de lui venir en aide,

D'autant qu'il s'agissait de prendre en défaut ces abrutis d'habitants comme elle avait coutume de les appeler.

Elle l'accompagna de nouveau à la mairie

En lui ayant fait remarquer que ces abrutis d'habitants étaient obligés

De lui fournir un logement et de lui assurer les conditions de vie et de travail

Les meilleures sous peine des sanctions les plus graves.

*

Le plus souvent, elle parla pour lui

Elle obtint le logement confortable qu'on lui devait

Et tous les autres avantages auxquels il avait droit.

Elle prit un malin plaisir à ce faire

Et lorsqu'il lui demanda comment il pouvait la remercier,

Elle lui affirma que c'était déjà fait doublement :

Il avait été un amant attentionné la nuit précédente

Il lui avait permis de savourer une certaine revanche sur ces abrutis d'habitants

Qui tout en la traitant comme une moins que rien n'en recouraient pas moins à ses services tarifés.

*

Fukushima I : Choisir entre le pire et le pire
Tag(s) : #Principe de précaution, #Nucléaire, #Réchauffement climatique

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