Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'esprit ne peut jamais aller aussi loin que le coeur : Paroles de femmes battues

 

 

"Cela fait 3 ans qu'il me bat"

*

"J' ai envie de partir mais je n'y arrive pas"

*

"le lendemain j ai attendu qu il parte travailler j ai pris ma fille et je suis parti"

*

"Cela fait 3 ans qu'il me bat"

*

"Je sais que s'il se retrouve la c'est de sa faute"

*

"Il est venu me menacé sur mon lieu de travail"

*

"Je lai vu se taper la tête contre les murs de désespoir quand j' été au sol"

*

"Esce que je suis patétique de me dire qu'il y a une solution a notre problème"

*

"Il a essayé de ce suicidé parce qu'il ne peux pas vivre sans moi"

*

"Il me jure qu'il essaye de changer il me supplie de l'aider"

*

"J' ai envie de partir mais je n'y arrive pas"

*

"Il me crachais dessus m'insultais me menaçais"

*

"Je lai vu se taper la tête contre les murs de désespoir quand j' été au sol"

*

"Esce que je suis patétique de croire qu'il souffre autant que moi quand il me frappe"

*

"Je préfère mourir plutôt que de le quitter"

*

"J'ai enfin porter plainte et j'ai peur aujourd'hui de ce qui lui arriveras je me sens coupable de lui faire sa"

*

"Esce que je suis patétique de me dire qu'il y a une solution a notre problème "

*

"Puis il ma promis dareter et a recomencer de plus en plus"

*

"Avant il se montrait sympa cool et charmeur"

*

"Il a commencé par me blesser moralement ensuite par me tirer par les cheveux, me pousser, me giffler....jusquà ce qu'il me batte pendant des heures"

*

"Puis il ma promis dareter et a recomencer de plus en plus"

*

"Après ça il me prend dans ses bras et il me dit qu il est désolé mais que je l' énerve parfois"

*

"Cela fait 3 ans qu'il me bat"

*

"Je met n homme de 24 ans en prison pour m'avoir aimer de la mauvaise façon"

*

"Il me crachais dessus m'insultais me menaçais"

*

"Après ça il me prend dans ses bras"

*

"j accepte tout ce qu il me fait parce qu'il me procure une vie de rêve vu qu il est riche et je ne manque de rien et je me sens si bien avec lui"

*

"Mais au fond j' en peux plus j ai envie de le quitter mais je n y arriverais jamais car je l aime trop"

*

"Je préfère mourir plutôt que de le quitter"

*

"Puis il ma promis dareter et a recomencer de plus en plus"

*

"Il me crachais dessus m'insultais me menaçais"

*

"Il me jure qu'il essaye de changer il me supplie de l'aider"

*

"J' ai envie de partir mais je n'y arrive pas"

*

"J'ai enfin porter plainte et j'ai peur aujourd'hui de ce qui lui arriveras je me sens coupable de lui faire sa, je met n homme de 24 ans en prison pour m'avoir aimer de la mauvaise façon mais je sais que s'il se retrouve la c'est de sa faute"

*

"Puis il ma promis dareter et a recomencer de plus en plus"

*

"Il a essayé de ce suicidé parce qu'il ne peux pas vivre sans moi"

*

"J accepte tout ce qu il me fait parce qu'il me procure une vie de reve"

*

"Mais au fond j' en peux plus"

*

"le lendemain j ai attendu qu il parte travailler j ai pris ma fille et je suis parti"

*

"Avant il se montrait sympa cool et charmeur"

*

"Cela fait 3 ans qu'il me bat"

*

Au fond j' en peux plus"

 

*
 
 
 
 
 
 
L'esprit ne peut jamais aller aussi loin que le coeur : Paroles de femmes battues
L'esprit ne peut jamais aller aussi loin que le coeur : Paroles de femmes battues

*

Après ces paroles de femmes peut-être supporterez-vous moins mal un nouvel épisode de mon modeste récit policier, inspiré par une mienne et chère amie que je remercie pour son aide précieuse

*

Il est là dans le bureau de Hèmery et Bouchard. La jeune stagiaire qui est en charge de l'affaire a préféré squatter leur bureau, plus confortable que celui des affaires concernant les mineurs. Il a l'air inquiet. C'est un bel homme d'une quarantaine d'années. Il est directeur d'une agence de location de voitures. Tout de suite elle ressent pour lui une sorte de répulsion à cause de son trop bon genre avec dans le visage quelque chose de mou, de défait à la commissure des lèvres. Elle lui annonce les raisons de sa convocation.

Sa femme a été mise en garde à vue pour viol.

Il tombe des nues. Ce quelque chose de défait à la commissure de ses lèvres se transforme en un rictus de dégoût. Pas un instant il ne songe à défendre sa femme. Pas un instant il ne lui vient à l'esprit qu'elle pourrait être l'objet d'une erreur, d'une dénonciation calomnieuse.

Raphaelle Grandet, la jeune stagiaire se tourne vers Hèmery pour avoir son assentiment. Il lui fait signe qu'elle est libre de mener l'entretien comme elle le désire.

Elle explique au mari dans quelles circonstances et pourquoi sa femme va être inculpée de viol. C'est une affaire ancienne qui remonte à plus de dix ans, donc bien avant leur mariage qui date de trois ans. A l'époque sa femme venait de se remarier. Elle avait déjà un enfant d'un mariage précédent malheureux. Son nouveau compagnon avait deux jeunes enfants de quatre ans et huit ans. C'est lui qui l'a incité au viol. Il lui a demandé de caresser ceux-ci quand elle leur donnait le bain. Il l'a persuadée que tous les enfants avaient besoin d'accéder au plaisir sexuel, qu'enfin la société avait suffisamment évolué pour ne plus considérer comme un tabou la sexualité des enfants et la satisfaction de ce besoin sexuel. Elle a obéi en femme amoureuse et en femme cassée par ce précédent mariage malheureux avec un homme alcoolique et violent qui la battait et la traitait comme son esclave sexuel, de qui elle n'avait pu se débarrasser que parce qu'il avait été hospitalisé à la suite d'une crise de delirium tremens et parce que la police l'avait retrouvé affalée sur le sol de sa cuisine un bras cassé et le visage ensanglanté.

Ce deuxième mari du jour au lendemain l'avait quitté pour une autre femme plus jeune, ce qui n'avait fait qu'aggravé son sentiment d' être une femme sans intérêt, avec qui l'on ne pouvait vivre du fait de sa « nullité », c'est le terme qu'elle avait employé dans sa confession à Raphaëlle Grandet.

Puis elle avait eu une « chance » dont elle ne comprenait pas encore comment elle avait pu lui advenir. Elle avait rencontré un homme, son actuel mari, qui l'avait traité comme une vraie femme, qui lui avait témoigné un amour qui l'avait finalement convaincue qu'elle avait elle aussi droit au bonheur, à une vie heureuse avec un compagnon attentionné. Toute sa vie était devenue un rêve dont de temps à autre, elle avait la sensation, aiguë qui lui perçait le cœur, qu'elle en sortirait brutalement.

Dès que Raphaelle Grandet lui avait dit pourquoi elle était convoquée à l'hôtel de police, elle s'était effondrée. Elle avait tout avoué. Tout était vrai dans ce que le jeune Philippe avait déclaré à la police, plus de dix ans après les faits. Il lui avait fallu toutes ces années et atteindre l'âge de dix huit ans pour avoir la force de dénoncer ce qu'il avait ressenti comme une agression et que son père avait qualifié de satisfaction d'un désir sexuel naturel.

Dans un réflexe qui avait bouleversé Raphaëlle elle s'était laissée glisser à genoux en la suppliant de lui laisser voir son mari pour lui expliquer. Peut-être ne le perdrait-elle pas, peut-être ne l'abandonnerait-il pas. Elle paierait sa dette à la société, elle était coupable. Mais peut-être viendrait-il la voir en prison. Peut-être serait-il là lorsqu'elle aurait purgé sa peine. Raphaëlle l'avait relevée et l' avait prise dans bras en lui disant que cela n'était pas possible pendant sa garde à vue et que s'il l' aimait vraiment, comme elle l'espérait, peut-être comprendrait-il et arriverait-il à lui pardonner. Elle avait soudain perdu courage et lui avait dit que c'était impossible, qu'il n'y arriverait pas, qu'il était trop arrimé à ses principes.

Quand elle lui demande s'il désirera voir sa femme, elle est sûre de sa réponse négative.

- Non.

- J'insiste.

- Non.

- Elle n'a pas d'autre famille...

- Non.

- Elle a besoin de votre soutien.

- Non.

- Si j'ai bien compris, vous êtes croyant, Vous pourriez...

- Non. Respectez mes opinions. Je n' ai plus rien à voir avec un tel monstre...

- Elle est encore votre femme.

- Non. Elle a trahi mon amour. Je ne veux plus rien avoir affaire avec ce... cette...

- Votre femme ?

- Ce démon.

Elle le giflerait. Elle cherche un moyen de le placer en garde à vue ne serait-ce que pour quelques heures, pour qu'il comprenne. Elle demande à Bouchard et Hèmery de sortir un instant du bureau pour leur demander ce moyen de le mettre en garde à vue.

Ils sont un peu étonnés. Pourquoi cet acharnement contre un homme somme toute un peu trop rigide mais dont il faut admettre la réaction en apprenant que sa femme est une violeuse.

- Vous ne l'avez pas vue. Elle est effondrée...

Ils ne comprennent pas.

- Vous n'avez pas été confrontés à l'immense détresse de cette femme...

Ils ne comprennent pas son implication. Ils ne peuvent comprendre qu' elle ne voit d'abord en elle que la femme broyée par deux maris, l'un violent, l'autre pervers, ils ne peuvent comprendre parce que ce sont des hommes. Vis à vis de ce problème des femmes battues ils n'ont pas sa répulsion, sa révolte. La mort dans l'âme elle se résout à ne pas le mettre en garde à vue.

Quand ils rentrent dans le bureau, ils leur demandent s'il est libre. Raphaëlle Grandet sans espoir mais par acquit de conscience lui redemande une dernière fois s'il ne voudra pas la voir.

- Non.

- Vous pourriez lui apporter un nécessaire de toilette pour adoucir sa détention ? Elle regrette immédiatement sa suggestion parce qu'elle craint de ne pouvoir se retenir à son nouveau « non ».

- Non.

- Vous... vous êtes libre, vous... vous pouvez disposez, lâche-t-elle en se maîtrisant pour ne pas terminer sa phrase par le « salaud » qu'elle a sur le bout des lèvres.

Une fois qu'il a quitté le bureau, elle s'exclame :

- Quel salaud !

Bouchard perçoit son désarroi.

- Tu t'impliques trop ! Si tu continues comme ça, tu ne tiendra pas dans ce service...

- Je m'en fous !

- C'est pour toi que je dis ça ...

- Excusez-moi, capitaine, mais ce type m'a mise hors de moi.

- Tu en verras de pire.

- Oui je sais, capitaine.

- Je t'ai dit que tu pouvais me tutoyer puisque je te tutoie.

- Oui, mais j'ai du mal.

- Tu vas me mettre en colère ! Je suis si vieux que ça ?

- Non, capitaine, excusez-moi... excuse-moi.

Hèmery intervient en riant :

- Bouchard, tu es démasqué. C'est trop tard. Tu as franchi la ligne. Tu es un vieux...

- Mais ce n'est pas ce que j'ai voulu dire fait-elle en souriant, le capitaine ni vous d'ailleurs n'êtes des vieux !

- A la bonne heure ! Tu as retrouvé ton sourire s' exclame Bouchard.

Elle les quitte. Aux toilettes, elle se regarde dans la glace. De nouveau pèse sur elle tout le poids de cette affaire. En un instant, elle vient de faire basculer dans l'horreur le destin de cette femme. Qu'est-ce que la société y gagne, qu'est-ce qu'elle y gagne ? Elle se raccroche à l'idée que les faits sont indéniables et que ce n'est pas elle qui en fin de compte la jugera et la condamnera. Mais elle garde toute son amertume.

Elle ne s'en débarrasse pas en achetant dans un supermarché tout le nécessaire de toilettes dont elle sait qu'il ne sera qu'une goutte d'eau qui n' adoucira pas les larmes versées par cette femme inculpée de viol.

Elle ne s'en débarrasse pas lorsqu'elle les lui remet dans sa cellule et quand elle répond à sa question.

- Non, je ne pense pas qu'il viendra vous voir...

- Je vous l'avais dit...

- Peut-être changera-t-il d'avis, ment-elle.

- Je suis trop nulle... pourquoi voudrait-il de quelqu'un comme moi...

- Il vous a bien épousée.

- Il n'a pas mis longtemps pour s'apercevoir que je ne vaux rien...

- Ne dites pas ça.

Elle pleure, résignée, sans révolte parce qu'elle estime que sa vie qui vient de basculer reposait sur un malentendu et que ce n'est que justice. Ce qu'elle espère c'est en finir avec sa vie.

Raphaëlle en a l'intuition. Mais que peut-elle faire ? Seulement compter qu' une fois en maison d'arrêt la psychologue ou le médecin ne se tromperont pas et comprendront son état d' esprit suicidaire pour éviter un drame.

Quand elle la quitte, elle est sûre de sa décision. Elle demandera son affectation définitive à la brigade des mineurs.parce qu' elle est certaine de pouvoir assumer les horreurs auxquelles elle sera confrontée.

*

En suivant ce lien vous pouvez lire tous les épisodes de NICE CITY :

http://fr.calameo.com/read/000195935a0b14aa2b402

*

L'esprit ne peut jamais aller aussi loin que le coeur : Paroles de femmes battues
L'esprit ne peut jamais aller aussi loin que le coeur : Paroles de femmes battues
L'esprit ne peut jamais aller aussi loin que le coeur : Paroles de femmes battues
L'esprit ne peut jamais aller aussi loin que le coeur : Paroles de femmes battues
Tag(s) : #Femme, #Nice city, #Femme battue

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :